‹ Les splendeurs de la foiChapitre 79 sur 110 · CHINOIS · texte numérisé non relu

CHINOIS

noms tranciens personnages qui auraient régné, mais sans préciser ni Tépoque ni la durée de leur règne. L'histoire de ces personnages anciens est remplie d'événements si merveilleux, qu'une saine critique ne saurait les admettre. D'où vient la colonie qui s'est fixée dans la Chine actuelle ? Comment était-elle composée ? A quelle époque a eu lieu cette migration? L'histoire chinoise se tait entièrement sur chacun de ces points importants. »

Le R. P. Perny, à qui nous empruntons ce début, est enclin à penser que la Chine actuelle a été conquise et habitée par une tribu partie du berceau du genre humain avant le déluge, et qui s'établit d'abord dans la petite Boukarie. Un fait incontestable, admis de tous, c'est que l'histoire chinoise ne commence à acquérir quelque certitude que depuis l'époque de Hoang-Ti, 2 697 ans avant Jésus-Christ, mais surtout depuis celle du règne de Yu le Grand, 2 205 avant Jésus-Christ. [Appendice au Dictionnaire fiançais. — Livres chinois de la langue mandarine parlée, par Paul Pernij , missionnaire de la Congrégation des Missions êtramjères. Paris, 1872.)

L'aspiration des Chinois vers une antiquité démesurée est née dans les temps modernes. De prétentions en prétentions, ils ont fini par faire remonter leur existence à 3 2o6 000 ans avant Jésus-Christ. Ils avouent eux-mêmes qu'un de leurs rois, Chi-Houum-Ti, 213 avant Jésus-Christ, avait fait brûler tous les livres, renversé les monuments, détruit tout ce qui pouvai rappeler la connaissance des temps antérieurs ; et que leur histoire ne fut reconstruite que 150 ans après, 57 ans avant Jésus-Christ. Contucius, l'auteur du Chouking, le seul titre sérieux des Chinois à l'antiquité, vivait 4 ou 500 ans avant Jésus-Christ, 2 000 ans après les événements. En outre, 200 ans après Confucius,le Chouking fut brûlé et récrit, dit-on, sous la dictée d'un vieillard qui le savait par cœur.

Klaproth nie l'existence de toute certitude historique dans les annales du Céleste-Empire, antérieure à l'an Ib'i avant Jésus-Christ. Abel Rémusat fait remonter Ihistoire des Cliinois à Tan 2637 avant Jésus-Christ. Lasscn dit que les Cliinois n'ont d'histoire véritable qu'à partir du viii" siècle, et place, par conjecture, la première dynastie, celle de Hue, à l'an 2205 avant Jésus-Christ; la période la plus éloignée s'arrête à 2 000 ans avant Jésus-Christ. Schlégel croit que les caractères de l'écriture chinoise ont 4 000 ans d'antiquité, ce qui les ferait remonter à trois ou quatre générations après le déluge. Plusieurs écrivains ont insinué que Fo-Hi, le fondateur da Céleste-Empire, pouvait être Noé. En suivant la chronologie des Septante, on pourrait, s'il était besoin, admettre les dix princes chinois, prédécesseurs de Hoang-Ti, et fixer l'époque de la fondation de l'empire chinois par Fo-Hi en l'an 254 après le déluge, 3462 avant Jésus-Christ. Mais, ajoutait le P. Âmyot, nous n'avons pas besoin pour la Chine d'un si grand espace de temps [Mémoires concernant les Chinois, t. Xni,p.78,79), pour faire voir que, quand même la partie de l'histoire chinoise, depuis la 60^ année du règne de Hoang-Ti jusqu'à la première année du règne de Fo-Hi, serait revêtue de toute la certitude et de toute l'authenticité que l'on accorde aux autres parties de la même histoire, on n'en pourrait tirer aucune conséquence qui ne pût être admise par tout bon chrétien ou tout bon critique. « Tout bon chrétien, en etTet, peut admettre sans inconvénients une chronologie qui ne contredit en rien les monuments sacrés ou les dogmes incontestables de la science religieuse qu'il professe. Tout bon critique peut , sans manquer aux règles de son art, adopter une chronologie qui n'a rien que de conforme à la saine raison, et qui est étayée de toutes les preuves qui suffisent i)our produire une certitude morale dans l'esprit de quiconque sera sans préjugés. »

Le Choitking donne clairement à entendre qiril existait une méthode pour supputer les éclipses longtemps avant Chouang-Iy, 2 159 ans avant Jésus-Christ. A la rigueur, comme nousFavons déjà dit, ces connaissances astronomiques ne seraient pas inadmissibles; elles seraient comme un reflet de la science antédiluvienne, conservée et transmise par Noé et ses enfants, ainsi qu'on Ta vu, dans la construction de la grande Pyramide. Le P. Gaubil dit en effet {Lettres édifiantes, t. XXVI, p. 27 et 102) : « Je pense que les fondateurs de l'Empire avaient reçu des Patriarches, on même de Noé, bien des connaissances sur l'astronomie. » Mais, de fait, il faut descendre à l'an 1104 avant Jésus-Christ pour trouver, non pas la prédiction, mais l'observation d'une première, jusqu'à l'an 775 pour l'observation d'une seconde éclipse, Confucius ne cite d'éclipsés remarquées avec certitude que vers l'année 722 avant Jésus-Christ. Il est d'ailleurs absolument reconnu que les anciens astronomes chinois n'avaient aucun moyen sûr de calculer les éclipses; ils se trompaient grossièrement; plus tard ils ont adopté purement et simplement les méthodes européennes, sans leur apporter le plus petit perfectionnement. Sous les Tsins, de 200 à 253 avant Jésus-Christ, ils ne connaissaient pas les mouvements propres des étoiles fixes; et la précession des équinoxes n'a été bien appréciée d'eux que vers l'an 1250 après Jésus-Christ. Laplace admet, il est vrai, que, àl'époquede Yao, plus de 2 000 ans avant notre ère, l'astronomie était cultivée à la Chine comme base des cérémonies; que l'on observait, dès lors, les ombres méridiennes du gnomon aux solstices et le passage des astres au méridien, qu'on mesurait le temps par des clepsydres, que l'on déterminait la position de la terre par rapport aux étoiles dans les éclipses, ce qui donnait les positions sidérales du soleil et des solstices. Les Chinois auraient reconnu que la durée de l'année solaire surpasse d'un quart de

jour environ (rois cent soixante et cinc] jours... Leur année civile était lunaire, et pour passer à l'année solaire ils laisaient usage de la période de dix-neuf années solaires corresjtondantes à deux cent trente-cinq lunaisons... Cependant, ajoute Laplace, les premières observations utiles à l'astronomie sont de Tcheou-Hong, de 1104 à 1098 avant Jésus-Christ. Il fit par lui-même, ou par ses astronomes, des observations dont trois nous sont parvenues. Deux d'entre elles, des longueurs méridiennes du gnomon observées avec un grand soin aux solstices d'hiver et d'été dans la ville de Loyan, donnent une valeur de l'obliquité de l'écliptique à cette ancienne époque, conforme à la pesanteur universelle. {Systèjne du monde. Epit. in-4°, 1833, p. 370.)

« En résumé, dit M. Sédillot {Lettre à M. de Humboldt sur « les travaux de Œcole arabe, 1833, p. 11), on ne signale « dans les livres classiques de la Chine que cinq faits dignes « d'attention en apparence : les solstices d'Yao et de Tcheou- « Hong calculés après coup; une éclipse de soleil à laquelle « on a assigné plusieurs dates, qui toutes ont été reconnues « fausses; Tidentification du souverain avec la polaire ou plu- « tôt avec le pôle lui-même, et enfin de prétendues étoiles à « leur passage au méridien. Ajoutez à cela des combinaisons « de chiffres reposant sur des récits ridicules ou sur les « nombres mystiques de Confucius, et vous aurez le tableau « complet des connaissances scientifiques de la Chine dans la « période qui précède l'ère chrétienne. »

Perses. Suivant Klaproth, les annales persanes peuvent à peine remonter au delà de 227 ans avant Jésus-Christ D'autres disent de 538 à 33S avant Jésus-Christ.

Géorgiens et Arméniens. Ils datent au plus de deux à trois siècles avant Jésus-Christ.

GRECS. ARABES. CIMBRES. OMBRIENS. GOl

Phéniciens, Chananéens. Les Phéniciens, comme nous le lisons dans la Genèse, comme ils le proclamèrent eux-mêmes, et comme leurs descendants le disaient encore du temps de saint Augustin, appartenaient à la race de Chanaan, que la tradition biblique rattache à la race de Cham. Sidon était leur capitale. On leur fait l'honneur de l'invention des poids et mesures, de l'arithmétique, de l'écriture, de la navigation. Sanchoniathon, leur historien, est un personnage réel, qui vivait vers le temps de Moïse et écrivait avant la guerre de Troie.

Grecs. Les Grecs, comme tous les peuples, ont cherché à s^'attribuer une antiquité immémoriale. Non-seulement ils se prétendaient '^''">'aQ-res du pays qu'ils habitaient; ils voulaient encore faire entendre qu'ils avaient existé, pour ainsi dire, de tout temps. Les Athéniens se flattaient d'être aussi anciens que le Soleil; les Arcadiens prétendaient exister avant la Lune. Les Lacédémoniens se disaient enfants de la Terre. Moïse seul nous apprend que Javan, fils de Japhet et petit-fils de Noé, est certainement la tige de tous les peuples connus sous le nom de Grecs. Sa postérité alla s'établir dans les Etats voisins de la côte occidentale de l'Asie Mineure, d'où elle ne tarda pas à passer sur le continent d'Europe. Une colonie venue de l'Orient vers le temps d'Abraham, c'est-à-dire â 000 ans avant l'ère chrétienne, s'empara de la Grèce. D'où venait-elle? Peut-être de l'Egypte. Dans l'espace de deux siècles, on voit arriver dans la Grèce plusieurs colonies égyptiennes ou phéniciennes : Ogygès, Inachus, Cécrops, Cadmus, Libax et Damacus. Ogygès fonda Athènes, 1831 avant Jésus-Christ. Inachus fonda Argos, 1822 avant Jésus-Christ.

Arabes. On distingue trois souches principales de populations arabes : les Amalica, issues d'Aram ; les Moutéarriha.,

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issues de latan; les Moustarriba, issues d'Ismaël. (Lenor- MANT, Histoire ancienne de l'Orient, t. III.)

Cimhres, Pêlasges, Ombriens. Les Cimbres primitifs furent un peuple certainement contemporain de la dernière période quaternaire néolithique et historique en même temps. Ils avaient les formes elles systèmes de taille des silex des Celtes, d'Abbeville, de Moustiers, d'Imola. Les Pêlasges sont le peuple industriel de l'époque néolithique, venus de la mer. Les Ombriens sont le peuple quaternaire, habitant de la vallée du Tibre, chassés par les Pêlasges.

En raison de sa grande proximité de la petite Boukharie, une colonne noachiqué aurait pu pénétre 'i^. très-bonne heure dans la Chine, qui serait ainsi la plus auCienne nation du globe. Il ne serait nullement nécessaire, comme semblait l'admettre le R. P. Perny, que cette colonne eût émigré antérieurement au déluge ; un grand nombre d'auteurs oui émis Topinion que Fo-Hi ou Fo-Hé pourrait bien être Noé.

Ce résumé, on le voit, place la dispersion des peupk^ «près le déluge, et ne suppose pas que toute la terre ou la plus grande partie de la terre ait été habitée avant ce terrible cataclysme. Ne peut-on pas admettre une dispersion antérieure au déluge? Mgr de Chàlons n'hésite pas à dire (Le Mo?iDE et l'Homme primitif, p. 241) que l'homme antédiluvien existait « en France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Italie, en Grèce, en Russie, en Turquie, en Asie, en Amérique, enfin dans toutes les contrées du monde. » Le fait est certain, ajoute Sa Grandeur, il est désormais incontestable. Pour le savant évéque, comme aussi pour M. Tabbé Lambert (Le Déluge mosaïque), pour M. François Lenormant (L'Homme FOSSILE, Revue britannique, mars 1873), et plusieurs autres

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