BERCEAU DU GEÎSRE HUMAIN
écrivains catholiques, les débris des existences et des industries humaines trouvés dans les terrains quaternaires appartiendraient à rhomme antédiluvien. Dans ma conviction profonde, ces débris appartiennent à l'homme de la dispersion, et j'espère le prouver invinciblement dans le chapitre suivant.
Cette discussion a été peut-être trop longue; mais je ne le regrette pas, parce qu'il me semble qu'elle était absolument nécessaire. Je crois avoir démontré jusqu'à l'évidence, non-seulement que les annales d'aucun peuple ne remontent au delà de 8 000 ans, date que la Révélation permettrait d'assigner à la création de l'homme ; mais que tous les peuples sont issus de Noé, ou que leur origine est postérieure aux grands faits du déluge et de la dispersion. Le doute ne pouvait exister que pour l'Egypte, et nous avons vu que les faits l'ont entièrement dissipé. « La population de l'Egypte appartient à la race de Cham, et elle était venue de l'Asie s'établir dans la vallée du Nil, par la route de la Syrie ; c'est un fait désormais acquis d'une manière certaine à la science, et qui confirme pleinement les données de Moïse. » Ce sont les propres paroles de M. Charles Lenormant dans son rapport sur l'Exposition universelle de 1855 et en même temps le résumé de toutes les recherches modernes.
Cette vérité ressort très-nettement d'une curieuse dissertation que j'ai connue fort tard, et que je tiens à résumer en finissant ; elle a pour titre : Du Berceau de l'espèce humaine SELON LES Indiens, les Perses et les Hébreux, mémoire lu en 1858 dans l'Académie des sciences, belles-lettres, arts, agriculture et commerce du département de la Somme, par M. J.-B.-P. Obry. Amiens, veuve Hersent, 1858, 208 p. in-l'â. Voici ses conclusions : « Les traditions sémitiques, ou mieux sémito-chamiques, s'accordent avec les traditions aryennes (persanes, indiennes, médiques) pour placer le berceau de
l'espèce humaine au nord de l'Inde, L'Ararat, montagne sur laquelle s'arrêta, après le déluge, l'arche de Noé, semble faire partie de cette région, qui n'est peut-être que la petite - Boukharie, bornée à l'est par le désert de Gobi ou Chamo, à l'ouest par le Belous-Tag, au nord par le Thian-Chan, au sud ! par le Kouen-Lun. Le lieu qui, dans cette région, remplit le mieux les conditions de berceau du genre humain est le plateau de Pamir, situé entre les sources du Tarim à l'est, de l'Oxus à l'ouest, de l'Iaxarte au nord, du Kameh-Indus au sud.
« Après avoir longtemps habité ce plateau de Pamir ou du Mérou, les deux branches aryennes se séparèrent : la première ou l'orientale ayant émigré vers l'Inde ; la seconde ou l'occidentale s'étant répandue dans la Perse par des routes différentes et presque opposées.
« Les plus anciennes traditions convergent en réalité vers le plateau de Pamir comme vers un centre commun. Peut-être un jour les ethnographes parviendront-ils à marquer sur la carte la route suivie par les races humaines, dans leurs migrations de l'Asie centrale vers les quatre parties du monde. L'auteur de la Genèse ne s'est guère occupé que des déplacements ver^ l'ouest, depuis l'Oxus jusqu'au Nil, et il paraît résulter de son tableau géograjdiique, que les Chamites ouvrirent la marche; les Sémites les suivirent d'assez près; les Japhétites, en vertu de la force d'expansion qui leur était propre, ont fini par remplir presque toute l'Asie, l'Europe et les îles des nations. Les Aryâs de l'Inde et ceux de la Perse seraient restés plus longtemps en possession du séjour primitif, et ne l'auraient quitté que fort tard, chassés par les intempéries survenues dans le climat. (Ne serait-ce pas la période glaciaire?)
« En quittant leur berceau commun, lesNoachidesen emportaient avec eux le souvenir dans leurs nouvelles résidences. »