‹ Les splendeurs de la foiChapitre 83 sur 110 · TÉMOINS DE LATSTIQUITÉ DE L'HOMME. TERRAINS · texte numérisé non relu

TÉMOINS DE LATSTIQUITÉ DE L'HOMME. TERRAINS

mais h laquelle nous empruntons ces paroles trop significatives :

« Je pense avec M. Croll que, si la date du froid glaciaire « a pu arriver àl'aide d'une grande excentricité, l'hypothèse la « plus probable est de fixer en c. (de 750 à 850 000 ans) « la période en question. Quant à la période b. (200 à « 210 000 ans), il ne serait pas difficile de croire qu'elle a

« DU COÏNCIDER AVEC LES TEMPS PALÉOLITHIQUES, OÙ l'homme CO-

« existait avec un grand nombre d'espèces de mammifères « actuellement éteintes, et où les cavernes renfermaient les « ossements de ces animaux aussi bien que des débris humains. « C'est alors peut-être que les carcasses du Rhinocéros et de « l'Éléphant ont été enveloppées par les glaces de la Sibérie. (( Indépendamment de toutes considérations astronomiques, « on doit admettre, selon moi, que la période nécessaire pour « l'arrivée du plus grand froid, pour la durée de son intensité « la plus forte et pour les oscillations auxquelles il put être « sujet, ainsi que pour la retraite des glaciers et pour le « grand dégel, ou disparition de la neige sur la plupart des « montagnes où cette neige était jadis perpétuelle, a exigé « non pas des dizaines , mais des centaines de milliers « d'années. »

Je m'arrête, effrayé, mais heureux d'avoir montré à quels excès les maîtres mêmes de la science peuvent se laisser entraîner pour soutenir un système bâti à l'avance, et se défendre des splendeurs de la Révélation. Je sais qu'il y a confusion dans l'esprit, comme dans le langage de sir Charles Lyell, et que, quoiqu'il semble ne parler que d'une période glaciaire, il en a plusieurs en vue, se rapportant aux âges antérieurs du globe tertiaire, pliocène, miocène, éocène, etc. Mais c'est précisément cette confusion à travers laquelle on rappelle de temps en temps les âges paléolithiques, néolithiques, etc., âges

800 LES SPLENDEUnS DE LA FOI.

nécessairement humains, que je trouve inexplicable et inexcusaljle sous la plume d'un savant, ami de la vérité.

Terminons par une appréciation un peu i)lus équitable delà date de la période glaciaire. Suivant Edouard Forbes, elle serait antérieure à la séparation de l'Irlande et de TAngleterre, par le creusement du canal de Saint-Georges. Cette séparation, à son tour, serait antérieure h l'ouvertiire du Pas-de-Calais qui a séparé fAnglelerre de la France. La raison de celte double antériorité se trouve dans ce fait, qu'il y a deux fois moins d'espèces de reptiles en Irlande qu'en Angleterre et en Belgique, en même temps que les espèces d'Angleterre sont toutes communes à la Belgique. Le temps aurait manqué pour compléter l'identité des trois faunes de Belgique, d'Angleterre et d'Irlande. Beaucoup défaits, d'ailleurs, tendent cà prouver que l'ouverture du canal de Saint-Georges et du canal de la Manche ont eu lieu dans les temps préhistoriques, ou môme historiques, et très-près de l'ère moderne. Des chartes trouvées dans les archives du Mont-Saint-Michel apprennent qu'encore au vii'^siècle l'île de Jersey n'était séparée delà France que par un ruisseau que l'on traversait sur une simple planche, et de vieilles chroniques semblent supposer que les chasseurs de l'Angleterre et de la France passaient sans être arrêtés par rien d« continent k l'île et de l'île an continent. Voilà sans doute la vérité et la date approchée de la période glaciaire, qui a précédé de très-peu l'époque des grandes inondations qui ont déterminé le dépôt des graviers de la Somme, de la Seine, du Tibre, etc. Dans la séance de l'Institut anthropologique de la Grande-Bretagne, 19 juin 1871, M. Flower a fait cette observation très-importante : « La couche k silex est surmontée en France, dans la vallée de la Somme, comme en Angleterre dans la vallée de TOaxe, par une masse de tourbe d'épaisseur variable, mais qui, chose curieuse, renferme dans les deux

TÉMOINS DE l'antiquité DE l'hOMME. TERRAINS. 801

pays exactement la mêine faune. Il en résulte qu'à l'époque où cette tourbe s'est formée, et à plus forte raison lors du dépôt des graviers, cette partie de l'Angleterre était encore en communication avec le nord de la France. »

Dunes. Ces dislocations nous amènent à dire un mot des dunes dont la formation et les déplacements contribuent puissamment à modifier incessamment les contours des continents. On appelle dunes des monceaux de sable qui, d'abord accumulés sur le rivage par l'action des vents, sont ensuite chassés sur les terres cultivées qu'ils désolent, en même temps qu'ils ensevelissent des villages entiers sous les étangs d'eau qu'ils poussent devant eux. Sur les côtes d'Irlande, d'Ecosse, de Cornouailles, de Normandie, de Gascogne, ce fléau continue incessamment ses dévastations. Le célèbre ingénieur BrémontiCf. estimait la marche des dunes à 20 ou 24 mètres par an. Elles devaient mettre 2 000 ans à atteindre Bordeaux, et il devait y avoir un peu plus de 4 000 ans qu'elles ont commencé à se former et à agir. Faisant allusion à ces chiffres, Guvier disait {Révolutions du globe., édit. in-18, p. 107) :

« Partout la nature nous tient le même langage, partout « elle nous dit que l'ordre actuel des choses ne remonte pas « très-haut ; et, ce qui est bien plus remarquable, partout « l'homme nous parle comme la nature, soit que nous consul- « lions les vraies traditions des peuples, soit que nous exami- « nions leur état moral et pratique, et le développement intel- « lectuel qu'ils avaient atteint au moment où commencent « leurs monuments historiques. »

Brèches osseuses. On appelle ainsi des dépôts sédiments mêlés de débris fragmentaires enveloppés dans un limon habituellement rougeâtre, et cimentés par des concrétions

802 LES spi.E>DErns ne la foi.

calcaires qui forment une masse solide, au sein do laquelle on rencontre souvent des ossements de mammilères analogues ou identiques à ceux des cavernes à ossements. Ces dépôts sont renfermés dans des fentes ou fissures verticales traversant des terrains de différents âges, mais le plus souvent calcaires. Leur formation et leur mode de remplissage sont ceux des cavernes et des grottes. >r, Boblaye les a vus presque se former sous ses yeux en xAforéC' par l'engouffrement dans dles crevasses de courants d^'eau chargée de sable, de cailloux, de sédiment fin et de débris animaux ou végétaux. On a donné le nom û'anthropolithes aux fragments de ces brèches très-riches en ossements humains. Les plus célèbres de ces anthropolithes ont été découverts en 1805 dans Tîle de la Guadeloupe, au port du: Moule. Ils faisaient partie d'un tuf calcaire. L'étude de la gangue des anthropolithes les montra enfouis au sein d'un dépôt qui se continue encore aujourd'hui; l'examen des coquilles incluses dans le tuf prouva qu'elles sont d'espècesvivantessurrileou dans là mer voisine; et cependant certains anthropologues s'obstinèrent à donner à ces squelettes humains une très-haute antiquité. Or voici que M., le docteur Hamy lui-même, que nous citions au commencement de ce paragraphe comme voulant reporter l'existence de l'homme h un lointain indéfini, a trouvé dans un des blocs d'anthropolithes que possède le Muséum d'histoire naturelle, une amulette en jade vert, de' 20 millimètres de longueur sur 17 de largeur et 9 d'épaisseur; reproduisant grossièrement la forme d'un batracien. Ce bijou est très-probablement d'origine caraïbe. En effet, le P. Dutertre et d'autres auteurs qui ont écrit sur les Antilles parlent du goût .dès habitants primitifs de cet archipel pour certaines pierres vertes et rouges auxquelles ils donnaient la forme d'animaux, dé grenouilles, par exemple.

TÉMOINS DE L ANTIQUITÉ DE l'hOMME. TERRAINS, 803

« La rencontre, dit M'. Hamy, d'une semblable amulette, taillée suivant' la' forme spéciale indiquée par le vieil historien^ des Antilles^ et'suspendue au cou de Fun des sujets enfouis dans les tufs pélagiques du port du Moule, me semble bien prouver d'une manière irrécusable que ces squelettes appartiennent à l'époque caraïbe, ainsi que le général Ernouf l'avait' supposé. En 1805, on désignait du nom de gcdibis les squelettes du tuf pélagique; or, Gaiibis est précisément le nom des Garaïbes continentaux dont on fait descendre les peuplades qui les premières habitèrent les petites Antilles. Quel dénouement et quelle leçon ! »

Travertins. Tufs. Les travertins ou tufs calcaires sont des dépôts d'eau douce formés au pied des sources, ou au fond des lacs abondamment chargés d'acide carbonique et de carbonate de chaux. Les plus célèbres de ces dépôts sont ceux de Clermont et de Chabuzefen Auvergne, des bains de San- Viguone, de San-Philippo et de Tivoli en Italie. Ce sont en général des formations récentes dont l'accroissement est quelquefois très-rapide. La source de Tivoli a déposé en vingt ans une masse solide de vingt mètres d'épaisseur ; on l'a vue en quatre mois de temps produire une couche de pierre dure de trente centimètres d'épaisseur. Comme d'ailleurs la proportion de matière calcaire eu suspension dans les eaux a pu varier et varie de fait considérablement d'une époque' à l'autre, de l'accroissement du dépôt à une époque donnée, on ne peut rien conclure l'elativement à l'accroissement aux époques antérieures; il est donc impossible d'assigner l'âge des restes humains ou d'indusirie humaine enfouis dans le tuf ou travcrlin.

En 18^28, sir Charles Lyell vit dans la partie supérieure du tiMvcninde Tivoli remprciniclaissée par une roue de cliarrette

et il lui semblait que cette roue avait dû être déposée avant que le lac eût été mis à sec. Mais sir Roderick Murchison lui fit remarquer que cette roue pouvait très-bien avoir été poussée dans une gorge par une inondation de date récente, et puis encastrée dans le tuf calcaire, exactement comme la charpente en bois de l'église de Sainte-Lucie qui fut entraînée en 1826, et vint s'arrêter dans la grotte de la Sirène, où elle est encore, en attendant qu'elle soit ensevelie à son tour dans le travertin. (Lyell, Principes, t. P"", p. 336.)

D'autres sources fortement chargées de sulfate de chaux» de silice ou d'alumine, ont fait naître autrefois et font naître encore des dépôts de gypse, comme ceux d'Âix en Savoie, ou de silice concrétée, comme les sinles des Açores et les dépôts des geysers d'Islande, etc.

Tufs volcaniques. Peperino. Ce sont des amas de cendres qui forment des couches plus ou moins épaisses, et qui, pénétrées par les eaux, prennent une consistance quelquefois très, grande. La lave, en recouvrant ces lits de cendres, de ponce et de matière éjectée, dans lesquels peuvent se trouver enfouis des animaux, de:s plantes, des débris d'industrie ou des objets d'art, les défend même du feu des éruptions subséquentes, et les conserve indéfiniment.

En d844, dans une de ces brèches osseuses volcaniques, à une petite profondeur, un paysan de Denise (Velay) découvrit dans sa vigne, à une petite profondeur (Mortillet, t. III, p. 44. Lyell, Antiquité de Vhomme, p. 201 et suiv.), à peu de distance du sommet du volcan, les restes osseux d'un squelette humain : un frontal, quelques autres parties du crâne, notamment la mâchoire supérieure, avec les dents de deux individus, l'un jeune, l'autre adulte, puis un radius, des vertèbres lombaires et quelques métatarsiens. Piclet et d'au-

TÉMOINS DE l'antiquité DE l'hOMME. TERRAINS. 805

très collectionneurs habiles regardent ce bloc comme authentique ; ils admettent que ces os humains ont; été enveloppés par des causes naturelles dans la gangue du tuf très-léger et poreux, analogue de couleur et de composition chimique aux éjections des dernières éruptions du Dinac. D'autres, au contraire, croient que c'est un bloc artificiel analogue à plusieurs autres qui ont été réellement fabriqués industriellement. On sait en effet qu'un marchand d'histoire naturelle du Pny était très-habile à réunir ainsi entre eux les fragments d'os brisés et à les souder au tuf volcanique poreux avec les os entiers qu'il y trouvait isolés et non adhérents ; on a même vu dans le commerce de ces blocs dans lesquels les os étaient complètement réunis par du plâtre. Quoi qu'il en soit, M. Pictet, qui a été sur les lieux, n'hésita pas à affirmer que ces ossements ne remontent qu'à la dernière éruption volcanique du Velay. Or cette dernière éruption, très-probablement, comme celle des volcans du Latium, a eu lieu quelques siècles avant ou après l'ère chrétienne. Une tradition presque certaine affirme que les prières des rogations ont été ordonnées dans les Gaules par saintMamert, archevêque de Vienne, dans le but de conjurerles désastres causés par les volcans du centre de la France, alors en pleine activité. Comme on trouve dans les tufs volcaniques de Denise des ossements à'Elephas meridionalis, on en a conclu la contemporanéité de l'homme et de l'éléphant; mais M. Félix Robert a constaté que la faune fossile se trouve dans un autre lit de tufs couvrant la pente de Denise, du côté opposé à celui où fut déterré le bloc aux ossements humains, lit qui serait le produit d'une éruption plus ancienne, intermédiaire, suivantM. Bertrand de Dou, entre celle des premiers et des derniers cônes volcaniques du Velay. (Lyell, Antiquité, p. 2U5.) Disons enfin que les couches de tuf léger de Denise ont été remaniées depuis la période, historique {Comptes rendus, t. XL VI,

p. 1282), et que le crâne accuse un individu de race caucasiquc ordinaire. Voilà donc que l'homme fossile dfi Dcnis^ s'évanouit comme les hommes fossiles des Nulchez, delà Guadeloupe et de Moulin-Quignon. Ajoutons enfin que, sous une couche de Peperino ou tuf volcanique, on a trouvé un vase funéraire déposé antérieurement et môme un ices y rave dont Tapparition remonte à l'an 250 ou 300 de la londation de Rome , ce qui prouve invinoiblement que les volcans du Latium, comme ceux du Velay, commencés à la fin ide l'époque quaternaire, se sont prolongés jusqu'à l'époque liislori(jue. Et en effet, Tite-Live et d'autres historien^s de la première Rome disent en ilermes formels qu'à partir de Tannée 249 de la fondation de Rome les Pontifes étaient chargés légaiement d'enregistrer dans les Archives, sous le nom de prodiges, les chutes à Rome de pierres lancées par les volcans, cliutes qui devaient être suivies d'une .neuvaine de prières publiques. Les Archives ifurent brûlées par les Gaulois en 365; ou les rétablit plus lard, de mémoire; et c'est ainsi que plusieurs historiens, Tite-Live par exemple, ifont mention de pierres so'uvent 'lancées par les ivoleans, (de l'an 23,9 à l'an 631 de la fondation de iRome. La géologie et l'archéologie saat d'accord , et voilà les terrains volcaniques très-rajeunis., comme l'ont été tour à tour les terrains d'alluvioa, les dépôts glaciaires, les tourbières, et comme le seroat les ;Stalagmiit.es et les dépôts des cavernes, etc., toiis les gisements, en un mot, des restes de l'homme <ou de l'industrie humaine q'ue certains géologues ont voulu vieillir outre mesure pour vieillir indéfiniment l'homme.

S'talactites et stalagmites. L'eau, par son iiifilitratloin à tra-

Tefs les co-ucibes cakaiiies, é©nne tiaaissaûce à des concrétiftDs connues sous le fto-m de sitaïkctii^s ^tiie^i&talagiiBiites^ L'eau

TÉMOINS DE l'antiquité DE l'uOM.ME. TEP.nAINS. 807

qui a traversé, par exemple, la voûte d'une caverne, surtout si elle est riche en acide carbonique libre, dissout et entraîne avec elle du carbonate de chaux. Lorsqu'elle vient à suinter de la voûte ou à tomber en gouttes sur le sol, elle perd à la fois, et par son évaporatioji et par le départ de son excès d'acide carbonique, la propriété qu'elle .avait de dissoudre le carbonate de chaux ; celui-ci adhère alors à la voûte sous forme de dépôt solide. Les gouttes d'eau qui se succèdent augmentent nécessairement le dépôt, et ces répétitions continuelles finissent par former une sorte de cône ou de pendentif fixé à la voûte par sa base, et à la pointe duquel de nouvelles molécules viennent constamment s'ajouter. Ces cônes pleins ou creux à l'intérieur sont ce qu'on nomme des stalactites; leur surface est tantôt lisse, tantôt hérissée de pointes cristallines. Les gouttes d'eau qui tombent sur le sol des cavités souterraines forment d'autres dépôts, ordinairement mamelonnés, à structure stratiforme et ondulée : ce sont les stalagmites. Quelquefois ces derniers dépôts en prenant de l'accroissement vont joindre les stalactites qui pendent aux voûtes, et forment d'énormes colonnes qui décorent majes^tueusement les cavernes ou grottes souterraines. Les stalactites sont donc des iconcrétions calcaires len forme de fuseaux pendantes aux voûtes des grottes; les stalagmites, des concrétions calcaires adhérentes sous forme de mamelons au sol des cavernes. Les unes et les autres exigent pour se former ,un certain temps proportionnel h. leur (épaisseur, et parce que les stalagmites recouvrent souvent dans les cav;erues .des débris humains ou des restes d'industrie iliumaine, l'âge de ces dépôts est en relation nécessaire avec Tàge des objets qu'elles recouvrent ou avec la date de l'existence des .êtres intelligents auxquels appartenaient ces objets. iPour reculer indéfiniment cette date il suffisait d'exagéj'er à l'excès la lenteur du dépôt des

Stalagmites, de réduire à une fraction de millimètre l'accroissement annuel de ce dépôt. Les partisans de l'antiquité indéfinie de l'homme n'y ont pas manqué, et ils sont arrivés ainsi à des conclusions étranges. Par exemple, c'est le raisonnement de M. Charles Martin ^Mgrtillet, Matériaux, t. 111, p. 49), dans la fameuse caverne de Kent, sous une couche de limon contenant des poteries romaines, ayant par conséffuent environ 2 000 ans d'existence, on a découvert une couche de stalagmite dont l'épaisseur variait de 75 millimètres à deux mètres; et l'un des explorateurs de la caverne, M. Vivian, partant de prétendues observations sur l'accroissement de quelques autres stalagmites transparentes, se crut autorisé à supposer que le dépôt de stalactites de la caverne de Kent avait exigé l'immense intervalle de 2G4 000 ans. Or, au-dessous de cette assise de stalagmites, on a découvert des os travaillés et des silex taillés mêlés à des restes de grands pachydermes de races éteintes; donc l'hommecontemporain des éléphants et des rhinocéros existait en Angleterre il y a26i 000 ans, et cette date insensée a eu l'honneur insigne de l'insertion dans la Revue des Deux-Mondes d'où M. Mortillet l'a extraite. Voilà comment on sacrifie odieusement le connu à l'inconnu. C'est insensé, mais le but impie qu'il s'agit d'atteindre à tout prix légitime le recours aux moyens les plus déloyaux.

La vraie science heureusement a fait enfin justice de ces aberrations d'esprit.

Dans le but d'obtenir quelques données certaines relativement à l'âge des stalagmites, M. le professeur William Rogers plaça des vases dans les parties les moins fréquentées des cavernes de la Virginie, au-dessous des points d'où coulaient des filetsd'eaux calcairesde diverses dimensions, et laissa ces vases en place pendant 6 ou 7 ans. 11 a trouvé ainsi que la vitesse d'accroissement est de 25 millimètres en 5 ans ou de 225 mill.

TKMOINS DE L'aNTIQUITÉ DE l'hOMME. TERRAINS. 809

en 50 ans, de 5 mill. en un an. Comme sur certains points de ces cavernes l'épaisseur du dépôt est de plusieurs fois 30 cent., l'origine du dépôt remonterait à 5 000 ans. {Cosmos, t. XII, p. 674.) Mais évidemment, à l'origine, ou même à diverses époques de sa formation, le dépôt a pu être beaucoup moins lent, parce que le dôme de la voiite a pu être plus imprégné, et les eaux plus chargées de calcaire, de sorte que l'âge du dépôt forcément incertain peut être encore plus petit. La stalagmite de la caverne de Kent, qui a 18 pouces (450 millimètres d'épaisseur), d'après l'accroissement de 5 millimètres par an évalué par M. W. Rogers, n'aurait exigé pour sa formation que 90 ans, l'existence de l'homme habitant de la caverne ne remonterait donc qu'à 900 ans avant l'époque romaine. Et M. Martin a osé dresser devant nous le spectre de 264 000 ans. Tout récemment (avril 1873), M. Boyd Dawkins a communiqué à la Société philosophique de Manchester quelques mesures prises par lui et par d'autres observateurs, desquelles il résulte que la quantité dont s'accroît, dans la caverne d'Ingleboroug, dans leYorkshire, l'épaisseur du dépôt stalagmitique connu, en raison de sa forme, sous le nom de Jockeijs Cap (bonnet du Jockey), est de 0 pouces 046, le même à peu presque celui de M. W. Rogers. En admettant que cet accroissement soit resté le même, quoiqu'il ait pu être beaucoup plus rapide au commencement, le dépôt entier des stalactites et des stalagmites de la caverne ne remonterait pas au delà d'Edouard III (1313). On le voit, quand on les examine de près, et dès que l'observation des faits intervient, ces chiffres fantastiques déduits de vaines hypothèses rentrent complètement dans les limites de l'archéologie et de l'histoire.

Humus. L'humus est la terre végétale, venue la dernière et répandue en couche plus ou moins mince sur toute la surface

810 LES SPLENDEUaS IXE LA FOI.

du globe. Il se compose le i)lus ordiuairement de saMes ou de débris de roch.es, d'argile, de détritus provenaat de la •déconii)osition des plantes et .des animaux. Son étude attentive, la mesure de son accroissement, surtout dans les lieux vierges^ iels que les forêts du Nouveau Moode, les sava-nes^ les plaines arides de la Champagne Pouilleuse, fertilisées par rintci'médiaire des forêts, prouvent qu'ihest de formation trèsrcceute.

LES A&ES SUCCESSIFS DE l'''HD.MAMTÉ.

Nous avons réfuté d'avance la preuve chimérique d'antiquité indélinieide Fhomrne que l'on prétend tirer de la sucoes- ,sion d'âges divers, .d'une durée jdus ou moins longue ; et nous pourfioDs nous CG-nitenier d'oipposer à ces suppositions tout à fait gratuites une simple fin de non^'ocevoir.. Mais soyons généreux, faisons ce que nous avoins déjà fait ailleurs, accordon-s une place suffisante, même ;aux iiêves des amis ■exagér.és de l'àunaanité, .qui sont en néalité ses plus lemeils .eniïeimis, puisqu'ils lui disputent ses plusgloirieuBes préi'pgatrves, «a création par Dieu qui l'a faite à son image et à sa ressemblance. Faisons d'abord rénumération rapide de tous les âges, inventés et m.ulLipliés indéfiniment par les archéologues.

La première classification ffla ipeu complète esit celle de sir John Lubbock. « L'étude attentive, dit-il, des restes Tenus jusqu'à nous, laioias apprend que l'archéologie préhistorique peut être divisée en quatre époques ou âges. »

1° L'âge ardiéolithique de la pierre taillée non polie, premier âge 4e pierre , époque à laquelte l'homme viTait en Europe avec le mammiouih, l'ours des cavernes, le rhinocéros velu et d'autres animaux disparus. 2" L'âge nèo- UtJviqw. (m l'âge de la lù'&vre ipolie, second âge de pieiTC, perwjde caractérisée par ide beiliies armes, de beaux instru-

Page 1