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LES AGES SUCCESSIFS DE L HUMANITÉ

ments on silex et d'aulres espèces de pierre, pendant lequel on ne trouve aucune trace de la connaissance d'un métal quelconque , il'or excepté , que l'on employait quelquefois' en ornement. 3° iL'àge de bronze, dans lequel le bronze servait à la confection d'armes et d' instruments tranchaTits de toute sorte. 4° L'âge de fer, dans lequel ce métal a remplacé le bronze pour la confection des armes, des haches, des couteaux, etc. Le bronze n'avait pas cessé d'être d'un usage commun pour ornement , souvent pour poignées d'épées et d'autres armes, mais jamais pour lances. La pierre cependant, ajoute sir John Lubbock, la pierre de toute sorte fut toujours en usage durant l'âge de bronze, et même durant l'âge de fer ; de sorte que la présence de quelques ustensiles de pierre n'est pas par elle-^même une preuve suffisante que celles qu'on découvre remontent à l'âge de pierre. Sir John Lubbock s'empresse aussi de faire remarquer que, pour éviter tout mécompte, cette olassificafion s'applique surtout, ou même uniquement à J'Earope, ouidlune manière générale aux colonies humaines qui, après s'être séparées par la dispersion du centre de civilisatioa, ont eu recours instinctivement au silex^ et l'ont transformé en ustensiles et en armes auxquels^ plu8 tard, le commerce et les rapports avec des peuples déjà civilisés ont apporté la pierre polie, ou du moins la matière du silex poli, le bronze et le fer. Ces restrictiotts et .ces coacessioDs (de sir John Lubbock iprouvent surabondanïment que ces âges divers m'ont irien d'absolu, et doivent toujours être considérés à un point de vue local et relatif : ils n'ont., d'ailleurs, 'nullement coiDcidé, dans le monde ou dans l'Europe, pasmêHie dams ;de6 contrées peu idistantes. Il importe qu'on le îPenaajrque bien, ila -distiftction des quatre âges n'a pas id'auitre signification ou d'autre portée. Puisque \q& peuples .auxqueis elle s'applique sont iissus d'un berceau

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commun, qu'ils n'ont traversé ces quatre âges qu'en raison même de cette séparation ou dispersion ; qu'ils seraient restés très-probablement à l'âge de pierre, comme les Fucians et les Andamaniles, et tant d'autres, s'ils n'avaient pas été atteints parla civilisation venue de l'étranger, etc., il est évident par là même que l'existence successive des quatre âges n'est nullement un argument en faveur d'une antiquité indéfinie.

En outre, ces divisions en apparence si tranchées de deux âges de pierre, d'un âge de bronze, d'un âge de fer, sont plutôt arbitraires et théoriques que naturelles et pratiques. M. de Quatrefages dit, en effet, dans la Revue des Deux-Mondes, t. LXXXVlI,p. d23 : «MM. Bertrand etDesor, avec toute l'autorité que donnent à leur parole une grande conscience et un grand savoir, voudraient que Ton comprît dans une seconde période tous les temps écoules, jusqu'à se demander si l'âge de bronze ne devait pas disparaître tout entier. »

M. le docteur Eugène Robert, un des collecteurs et des connaisseurs les plus exercés, a toujours protesté avec une très-grande énergie contre la distinction des silex taillés, polis ou non polis ; il les a toujours et partout trouvés ensemble, à côté l'un de l'autre ; il a rencontré même des silex polis transformés en silex non polis. Nous avons déjà entendu M. Chabas prendre acte de ce fait, qu'en Egypte, les silex taillés les plus parfaits sont les plus anciens. Entrant dans la pensée de M. Desor, il dit, page 322 de son beau livre : « Dès le xvii^ siècle avant notre ère, des monuments contemporains nous montrent les Sardiniens et les Etrusques en possession de la connaissance des métaux, des étoffes et d'une céramique déjà perfectionnée. Ils étaient bien loin de l'état de barbarie qu'on attribue aux âges dits de pierre; les métaux leur étaient connus ; ils les utilisaient pour les armes

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et pour les parures. S'ils se servaient alors, et s'ils se sont servis plus tard d'instruments de pierre et d'os, il y aurait simplement lieu de conclure que l" extrême facilité de se procurer sans dépense et presque sans travail ces outils im,parfaits, en avait fait conserver Vusage, au moisis chez les classes pauvres. » Il va plus loin encore, p. 488 : «A nous en « tenir aux sources historiques, nous serons pleinement autoce risés à nier qu'il ait existé un âge de la pierre. Cet âge, ses « subdivisions, et les autres âges réputés préhistoriques, sont « des conceptions reposant sur des découvertes nombreuses,. « mais trop souvent contradictoires, pour qu'on puisse jus- « qu'à présent y trouver les éléments d'un classement chro- « nologique indiscutable. »

Dans tous les cas, il est certain que ces quatre âges sont enchevêtrés l'un dans l'autre, qu'il n'est pas entre eux de frontières visibles, qu'ils se succèdent d'une manière insensible ,. et que l'on rencontre partout, dans les tombeaux ou ailleurs^ des mélanges d'instruments de pierre, de fer et de bronze. Tout le monde en outre est d'accord à admettre les faits suivants : 1° dans l'Europe, l'âge de fer est historique, il remonte à peine à quelques siècles avant notre ère ; on pourrait, on devrait l'appeler l'âge gaulois, car à l'époque où l'on voit apparaître le fer, les Gaulois dominaient dans toute l'Europe occidentale, dans la haute Italie où ils coexistaient avec les Liguriens, dans la vallée du Danube où ils ont laissé des traces de leur passage. M. Henri Martin affirme lui-même que cette période sort complètement du cadre préhistorique, et qu'elle est acquise à l'histoire proprement dite. En Danemark, l'âge de fer commence au m® siècle. M. Paul Gervais dit à son tour : « L'âge de fer dans les Gaules remonte à 400 ou 600 ans avant Jésus-Christ. La religion druidiqae correspond à l'âge du bronze et du fer. »

2" L'âge du bronze est lui-même liislonijue ou quasi histo-»i rique. «L'âge du bronza, dit M', de Rougemont, qui a Uni en Grèce, en Italie, et peut-être dans les Gaules Tan GOO avant Jésus-Christ, s'est perpétué chez les Scandinaves jusque vers le viii'^ siècle de notre ère ; et dos deux périodes de l'elain de Cournouailles, la première commence avec Moïse et David, vers le XIV® ou lé' XIII® siècle avant l'ère chrétienne. L'étuin de Gornouailles, la pourpre de la Méditerranée, l'ambre de la Baltique ont été les trois aimants qui, déjà avanlMoïse, ont attiré chez les barbares d'Occident les peuples civilisés delà race sémitique, pure ou mélangée, qui habitaient les contrées maritimes de l'Orient. Les peuples phéniciens, philistins et phérésiens ont par leur commerce et leur industrie éveillé le génie des Léporiniens, des- Liguriens, des Ibères, des Gaulois, des Gaètes, des Bretons, des Germains, des Scandinaves, etc. L'âge de bronze a été pour l'Europe barbare la période pendant laquelle les Chamo-Sémites de l'Orient ont commencé la civilisation matérielle à laquelle devaient s'ajouter plus tard les arts et lès- sciences des Grecs- de Marseille, les institutions politiques desRomains, les croyances et la morale de l'Eglise.:» (MoiiTiLLET, Matériaux, t. III, p. S4.) Voilà la vérité tout entière. La pierre polie, le bronze, le fer, la civilisation dans toutes ses phases, sont venus du dehors. M. Mortillet dit même ailleurs: « L'industrie du bronze, nécessairement préparée et établie quelque part, sans doute en Orient, aurait été introduite en Europe toute laite et d'emblée, ce qui aurait mis fin plus ou moins subitement à l'âge de pierre dans; noti-e continent. »

L'âge de la pierre taillée, l'âge de l'habitation des cavernes, de l'emploi desinstrumentsel armes en silex, etc., cet âge que certainssavants de nos jours- voudraient faire remonier si loin et si haut audclà des temps historiques, et d'auii'cs à la série tjua-

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ternaire' des péi'i<!»éest géologiqu'es-, ne serait-il pas tout simplement Fâg'e de Férection des dûlmens, un âge, par conséquent, rentrant presque dans le domaine de l'histoire, et ayant sa place marquée, appréciable dans les annales de notre humanité?... ^m Ton relise les rapprochements si frappants de M. de Euzençon, et qu'on prononce.

En résumé, et en définitive, il ne reste comme préhistorique que Tàge de la pierre brute taillée. Or, nous avons prouvé invinciblement que la pierre Brute taillée n'a par ellemême aucune valeur , aucune signification relativement à l'antiquité de Thomme, puisque, de l'aveu de nos adversaiTesles plus acharnés, les silex taillés sont à la fois anciens, moyens, récents et contemporains. ITs nepeuvent avoir de val'eur qu'en raison de l'antiquité des terrains dans lesquels on les rencontre. Or, l'âge des terrains est lui-même essentiellement d'outeux, et Cuvier disaiti déjà avecbeaucoup de raison : « Les fossiles (dites la même chose dés silex) sont absokis, les terrains sont relatifs-: un même terrain peut paraître récent dans les endroits où il' est superficiel, et ancien dbns les endroits oii il est recouvert par les bancs qui lui ont succédé. Des terrains anciens peuvent avoir' été transportés par' d'es inondations partielles et avoir recouvert d'es os récents, s'être éboulés sur eux. ris peuvent s'être éboulés, et les avoir enveloppés et mêlés avec des productions de l'ancienne mer qu'ils recelaient auparavant. Des os récents peurvent être tombés dans les fentes, ou dans tes cavernes, et y avoir été enveloppés par d'es stalactites ou des crista-llisations. » (Mwlutions du globe, ]). 76'. Edition in-d8 dé t830.)

Ramenée au silex taillé non poli, la question est déjà résolue par tout ce que ntius avons dit dans les paragraphes précédents. Elle est bien mieux résolue encore par les résultats des recherches et des fouilles faites en Italie par M. Etienne de

Rossi. L'Italie a cLc certainenienl la première habitée des contrées de la Gaule; et, résolue pour Tllalie, la question de l'antiquité de l'homme le sera par là même pour l'Europe entière. Or, voici les conclusions générales de M. de Rossi :

Epoque archéoltthique ou de la pierre simplement taillée. Les peuples qui fabriquaient les ustensiles en pierre trouvés dans les dépôts géologiques de nos fleuves, habitaient les sommets et les flancs des montagnes, parce que les plaines étaient inondées ; nous n'avons pas encore découvert leurs tombeaux, ni aucun foyer qui leur ait certainement appartenu ; on retrouve cependant leurs traces dans les traditions primitives de nos histoires, où ils sont désignés sous le nom d'aborigènes, campent sur les montagnes, dans les cavernes et sur les bords des cours d'eau. Sur plusieurs points aussi on a constaté la coïncidence de leurs demeures avec celles des peuples néolithiques qui les ont suivis et qui en sont peut-être descendus, coïncidence que nous avons vue se continuer avec les demeures historiques des habitants trèsanciens de l'Italie centrale. Du reste, la forme et l'état actuels du continent sont de date relativement récente et presque historique. A l'arrivée d'Enée dans le Latium, c'est-à-dire 700 ans avant la fondation de Rome, le Tibre n'avait pas pu porter son embouchure dans la mer ; c'est dans les temps voisins de la fondation de Rome qu'il laissa horsde son lit les marais du Forum et du Velatrum, qui n'étaient pas encore comblés ; il conservait encore sa nature torrentielle sous Rome républicaine ; la fin de l'époque quaternaire du Tibre ne peut donc pas se perdre dans l'obscurité des siècles antérieurs à l'histoire.

Époque néolithique ou de la pierre polie. Le peuple de celte époque, le plus habile de tous dans l'art de tailler les pierres, habita aussi d'abord les montagnes et les caver-

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nés, et descendit peu à peu dans les plaines. Nous avons découvert une des cavernes habitées par lui, dans le mont délie Gioce, au confluent de l'Arno et du Tibre, justement au lieu où fut bâtie la ville historique d'Antemne. On a trouvé dans cette caverne une corne de renne , cervus taranda, et dans la caverne aussi néolithique de Cantalupo, une mâchoire du même animal, ou d'une espèce voisine. Outre la pierre, ces peuples travaillaient les os, les dents de squales et l'argile qu'ils faisaient cuire. Ces faits et celui de leur commerce avec l'Orient, d'où ils recevaient peut-être leurs haches en jadéite n'ont pas été oubliés dans les traditions romaines ; le souvenir des armes de pierre était si vivant parmi les Romains, qu'Auguste les recueillait avec le plus grand soin, comme des armes de héros {arma heroum) et les cherchait activement dans les cavernes. Une grand nombre d'auteurs parlent des armes de pierre comme étant une industrie de leurs ancêtres ; il en est de même de l'art de la céramique dont un poëte a dit : pocula sibi primum fecit agrestis. Les silex votifs, monnaies de pierre jetées dans les fleuves dont on a trouvé des échantillons dans les eaux du Vicarello, sont une coutume religieuse qui s'est conservée dans la suite des temps jusqu'à l'ère chrétienne, rattachant l'époque néolithique à l'époque historique. Il en est de même du Jus feciale, sorte de rite religieux présidant au règlement des droits internationaux, la reconnaissance des limites du territoire, enseigné aux Romains par les Èques, et dans lequel figurait une hache en pierre exclusivement consacrée au sacrifice du porc. Cette hache est encore un trait d'union entre l'époque néolithique et l'époque historique. Il est très-probable que les Èques ont eux-mêmes continué pendant quelque temps de faire usage d'ustensiles en pierre. On a trouvé chez eux, à Cantalupo, quelques tom-

beaux néolithiques, avec cinq squelettes dans lesquels on reconnaît deux types et peut-être deux races, Tune brachycéphale, l'autre dolichocéphale. Une autre réminiscence presque historique de Tépoque néolithique est Télégone, fondateur de Tusculum, guerrier dont la lance est armée d'une dent de squale, aculeo marinœ beUuœ ; l'antre de Gacus et le Lupercale peuvent être des réminiscences du même temps. Une arme de pierre trouvée dans les marais historiques de la Chiva, appartiendrait presque à la Rome historique; beaucoup d'autres noms et d'autres traditions se rattachent encore à l'époque néolithique. Il est évident, d'après l'ensemble de ces données, quelle ne peut être de beaucoup antérieure aux temps décidément historiques ; ce qui contîrme cette conclusion, c'est qu'on trouve fréquemment beaucoup d'armes de pierre, associées h des objets en bronze, dans les chantiers d'armes néolithiques ou dans des tombeaux étrusques, à l'œs rude ou gi-ave librale.

Un mémoire lu par MM. F. L. Cornet et A. Briard, au Congrès international de Bruxelles (Comptes rendus, p. 279), a jeté un grand jour sur l'âge de la pierre polie. Ces Messieurs, en effet, ont constaté, grâce à des tranchées profondes faites dans les champs de Spiennes, — et le Congrès tout entier a reconnu la vérité de leur découverte, — ces deux faits capitaux : 1° les couches quaternaires de la localité renferment des ossements de mammouth et d'autres espèces perdues associés à des silex taillés de main d'homme ; 2° les hommes de l'âge de la pierre polie ont traversé ces couches quaternaires et les sables tertiaires, pour atteindre la craie blanche sous-jacente, dans laquelle ils ont développé d'importants travaux d'exploitation de silex. Quelle accablante révélation ! Les hommes de l'âge de la pierre polie existaient à la surface du sol. Leur existence est séparée de l'antiquité indé-

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finie que les géologues leur attribuent par toute la durée, que ces mêmes géologues font immense, des périodes quaternaire et tertiaire. Ce sont, d'ailleurs, les hommes presque historiques ouplutothistoriquesducamp deTHastodon qui luttèrent contre le conquérant des Gaules. Et parce que l'âge de la pierre polie touche à l'âge de la pierre simplement taillée, il en résulte que l'homme delà pierre simplement taillée est lui-même au moins préhistorique. Au reste, MM. Cornet et Briard ont été amenés à cette autre conclusion, p. 87 : «Non-seulement les silex taillés de l'âge de la pierre polie ont été fabriqués avec la roche extraite des rabots ou de la craie de Spiennes, mais il en est de même de ceux de l'âge du mammouth, c'est-à-dire des graviers ou du drift qui, de l'avis de M. Flower, sont plus parfaits et présentent une plus grande variété de formes. » {Revue scientifique^ 7 juin 1873.) Béjàj, en juin 1863 {Comptes- rendus de V Académie, t. LVI, p. 1097), après une étude très-attentive du diluvium de Saint-Acheul, M. Scipion Gras avait émis l'opinion que ce terrain avait pu être fouillé à une époque très-ancienne pour l'exploitation des silex destinés à être taillés.

Le doute aujourd'hui n'est donc plus possible, l'existence des hommes de la pierre polie et, par conséquent, l'existence des hommes de la pierre taillée rentrent pleinement, surabondamment, dans les limites de la chronologie biblique, et la science véritable est en parfait accord avec la Révélation.

Époque du bronze. Beaucoup d'indices entraîneraient à admettre que les métaux ont été importés par les étrangers. L'âge du bronze est caractérisé par des armes de ce métal, d'une forme spéciale, appelées paal-stab, celt, etc., qu'on a regardées jusqu'ici comme préhistoriques, parce qu'elles ont été trouvées dans les habitations lacustres de la Suisse. Mais

il est certain, aujourd'hui, qu'elles sont historiques, et que l'apparition du bronze dans l'industrie est contemporaine de l'œs rude. On a trouvé, en effet, dans les eaux du Vicarello une énorme masse de cette valeur monétaire, venant à la suite de grandes quantités de monnaies de pierre, et précédant l'amas votif de l'œs signatum. Les armes de bronze de la forme préhistorique ont été employées par les Etrusques, et se trouvent en abondance dans leurs tombeaux. Nous avons découvert près de Narni un trésor de bronzes nombreux, paal'Stab, celt^ etc., avec lœs rude. Ces armes sont fondues et façonnées, elles ont des points, limites de parties de dimensions déterminées; presque toutes sont rompues ou fractionnées comme les quadrilatères du premier œs signatum, ce qui prouve qu'elles ont servi comme valeurs monétaires. Ce sont des multiples ou des parties aliquotes de Tœs grave librale, la livre romaine. Les armes préhistoriques se trouvent donc rattachées à la monnaie romaine. C'est dans l'ardeur de l'âge de bronze que l'usage du fer fut interdit dans les sacrifices; or cette interdiction subsistait encore dans les temps historiques. On la trouve mentionnée et ordonnée dans les rites du collège sacerdotal des Arvelles. Le bronze dominait du temps d'Ancus Marcius, le fer serait donc apparu dans les temps des derniers rois de Rome ; et il était encore, dans le Lalium, un métal précieux et rare, à l'époque où l'éruption du Peperino surprit et ensevelit la célèbre famille des vases du Latium. A Herculanum, enseveli l'an 79 après Jésus-Christ, le bronze était le métal dominant pour la cuisine, l'agriculture et la chirurgie.

Époque du fer. Les éruptions finales du cratère d'Albano sont arrivées pendant l'époque de Rome royale et républicaine, après l'apparition de lœs grave lihrah, que l'on a déjà trouvé cinq fois dans la roche du Peperino et au-dessous.

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On Ta même trouvé associé aux célèbres poteries préhistoriques du mont Albano, lesquelles perdent par là même, nécessairement, ce nom vague et obscur et deviennent historiques. Le premier usage du fer dans le Latium correspond à la première période de l'histoire romaine.

Nous pouvons donc affirmer d'une manière générale, comme résultat des conquêtes déjà faites, que, dans l'Italie centrale, toutes les époques dites préhistoriques sont [reliées entre elles et enchaînées dans un développement progressif dont elles ont laissé des traces indélébiles, et que les ouvrages nommés préhistoriques sont œuvre d'un temps qu'on trouve en rapport direct avec l'histoire.

Voilà à quelle conclusion M. de Rossi a été conduit en Italie par les recherches les plus intelligentes, les plus patientes, les plus étendues qu'on puisse imaginer. Presqu'en même temps, au centre de la basse Bretagne, l'exploration d'un nombre considérable de monuments, dolmens, menhirs, tumulus, tombeaux, tombelles, amenait mon jeune et zélé confrère, M. l'abbé Collet, à cette conclusion décisive : «Ce qui m'a le plus frappé, c'est que partout, ou presque partout, les trois âges de la pierre, du bronze et du fer sont confondus; ce qui prouve au moins que l'usage de la pierre et du bronze s'est conservé jusqu'au dernier âge de fer. La ressemblance des poteries des tombes les plus anciennes avec les poteries celtiques et romaines, prouve en outre que les prétendus âges préhistoriques remonteraient au plus au second siècle de notre ère, et coïncideraient par conséquent avec l'établissement des Romains dans les Gaules. »

M. Bourlot, auteur d'un traité élémentaire de géologie, a publié dans le Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Colmar, 10™^ année, 1869, une histoire vraiment incroyable de

Tbomme préhistorique. Groupant avec beaucoup d'art, avec une apparence de bonne foi et de conviction, les faits, ou plutôt les semblants de faits recueillis partout, — car son mémoire est une œuvre de pure compilation, sans critique, sans interprétation, sans discussions, — il conduit invinciblement son lecteur, fasciné et inconscient, à des conclusions vraim^t fabuleuses, relativement à l'antiquité de l'homme. Sans songer même à se demander s'il en a le droit, il divise l'histoire de l'homme préhistorique dans nos contrées et partout en deux parties : histoire de l'homme préhistorique antédiluvien, et histoire de l'homme préhistorique postdiluvien. La première division embrasse deux âges, et la seconde trois, en tout cinq âges : âge du mammouth et du grand ours des cavernes, âge du renne, âge de la pierre polie, âge du bronze, âge du fer.

1° Age du mammouth et de l'ours des cavernes. L'homme contemporain de ces deux grands mammifères, aurait été dolichocéphale, crâne allongé d'avant en arrière, aplati sur les côtés, front déprimé et fuyant, intelligence relativement bornée, armes de pierre non polie, haches, pointes de lances, de flèches et de javelots, grossièrement taillées, en silex. Après s'être perdu ou noyé dans des considérations astronomiques et géologiques, M. Bourlot s'enhardit à reporter l'existence de l'homme du mammouth à 25 000 ou 29 000 ans.

2Mg(e (iM î-enne. Brachycéphale, tète ronde, visage long; intelligence plus développée ; armes en silex, couteaux, grattoirs, scies, poinçons et aiguilles en os et en corne, poignards à lame de corne et à manche sculpté, divers autres engins et ustensiles, débris de poterie informe, ébauches d'objets de parure en coquillage et en pierre; l'homme du renne aurait habité nos contrées, il y a 16 000 ou 18 000 ans.

3° Age de la pierre polie ou de. Vaurochs. Brachycéphale, tête petite, angle facial assez développé, se rapprochani beau-

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coup du type des Lapons actuels. C'est l'homme des débris de cuisine, des grottes et des cavernes, des vallées, des stations lacustres, des monuments mégalithiques, etc. ; armes et ustensiles en pierre, perfectionnés, souvent usés, polis, finis à la meule ; flèches barbelées à ailerons ; débris de poteries sans ornementation ; fragments de cordes, de tissus en lin tressés, de paniers d'osier, débris de pirogues, peignes en bois d'if, certains joyaux, bois de cerf façonnés, etc. M. Bourlot, cette fois, s'abstient de donner des chiffres.

4° Age du bronze. Taille au-dessus de la moyenne ; le type mésocéphale, à face et à dentures verticales, paraît avoir dominé ; l'immense quantité de parures semble indiquer des mœurs plus pacifiques ; la chasse et la pêche paraissent avoir fait place, en partie, à l'agriculture, à la garde des troupeaux, au commerce d'échange; la nourriture se compose d'animaux domestiques, de céréales et de végétaux cultivés; les armes et ustensiles en silex sont plus rares ; les armes et les outils en bronze sont de formes très-variées, d'un travail souvent parfait et ciselés avec goût; quelques poteries ont des formes gracieuses; fragments de toile de lin assez bien tissée, cordes en écorce et en plantes textiles.

5° Age du fer. Taille et carrure plus élevées, grande force physique, le type franchement dolichocéphale domine; certains indices constatent des mœurs cruelles ; armes et ustensiles eu bronze, en cuivre coulé, en fer , cordes ligneuses et pierres à broyer le grain; tuiles, poteries, stalueltes en terre cuite; cordes ligneuses ; corbeilles tressées en jonc , débris de meubles.

Je n'ai pas besoin d'insister sur tout ce qu'il y a d'arbitraire et de fantastique dans celle prétendue hisloirc. Les résumés sérieux et sincères (lc> f.iils que j'ai donnés ailleurs réfutent assez les rêves de M. Courlol. Il divise, il espace à plaisir dans

un lointain indéfini ce qui, en réalité, se touche et se succède dans un intervalle de temps très-limité et relativement assez voisin de nous. Est-il nécessaire de constater que l'auteur a partagé toutes les extravagances de l'école moderne. Pour lui, les hommes ont d'abord été sauvages, presque exclusivement troglodytes, isolés ou associés par petits groupes; il serait bien tenté d'admettre l'origine simienne deTbomme, ou que l'homme descend du singe ou d'un type voisin du singe ; il hésite cependant, et recule vaincu par la supériorité des facultés intellectuelles et morales de l'homme, de ses aptitudes à la civilisation et au progrès, et surtout du développement de ses facultés et de ses aptitudes comparé k l'immobilité absolue ou presque absolue des types bestiaux, y compris les singes anthropomorphes. Mais il protestera, hélas! avec énergie contre la noble tendance des anthropologistes qui ont osé créer un quatrième règne de la nature pour y faire trôner Vespèce humaine seule {loc. cit., p. 216.) L'idée du règne humain lui araît aussi extrême que celle de l'homme simien (1).

(1) ftl. Bourlot, qui croit que l'homme créé à l'état sauvage a pu en sortir par ses propres forces, et qui, bien à tort, ose accuser le grand Linnée d'avoir admis implicitcmont l'opinion extrême de l'origine simienne de l'iiomme, est forcé cependant de reconnaître que dans la conviction de Linnée, conviction appuyée sur dos faits, l'homme isolé, livré seul à lui-même, s'abrutit complélenient. « Les hommes retrouvés après plusieurs années passées dans les forêts, avaient perdu l'usage de la parole ; ils étaient velus comme des singes; ils couraient sur quatre pattes et grimpaient sur les arbres avec une grande agiiiié; ils ne reconnaissaient plus dans les autres hommes des cires semblables à eux et les fuyaient avec épouvante. » ( Loc. cit., p. 2iîi.) Étrange préoccupation d'esprit! M. Bourlot dans celte dégradation verrait un retour à l'état simien! Et il n'y verrait pas, en même temps, ce qui est plus évident que le jour, l'impossibilité du passage du singe à l'homme. Je lormine par une réflexion bien simple : Si tous les êtres et le singe, par consê<iueni, vont sans cesse en se perfectionnant, pourquoi le singe qui jadis aurait engendré des hommes n'en engendrc-t-il plus aujourd'hui ? Il devrait engendrer plus que des hommes, et il n'engendre encore (juc des singes?

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