LES SPLE.M)EL'I$S DE L.V FOI
cuisine et les immondices foimanl le premier noyau d'un monticule qui s'est ensuite agrandi de plus en plus. Lorsque le plcincher du jtilotis a été entièrement recouvert, les habitants ont continué à vivre sur le tertre qui, s'accroissant toujours, a finalement atteint une hauteur de 3 mètres, el un diamètre de 20 mètres. {Congrès inlernational d'Archéologie, session de Bologne, p. 170.) Le plus souvent, les terramares ressemblent davantage aux kjochenmoddings, et ne sont guère que des amas de rebuts de ce qui avait servi à l'homme : ossements d\inimau\, débris de poteries de ménage, ustensiles de tout genre, généralement petits et endommagés, cendres et charbons, enfin, les restes des repas et les dépôts d'immondices. La plupart de ces stations appartiennent à l'âge du bronze. Une seule, celle de Castel-nuovo di Sotto se rapporte à Tàge de la pierre, et on peut comparer les objets qu'elle renferme à ceux de la station lacustre de Moussée-Dorfsée, marquant le même degré de civilisation. Il y a aussi des terraraares de la première époque du fer, caractérisies par la présence de ce métal et par des poteries qui accusent l'emploi du four à poterie et du four fermé. Quelques-unes offrent le fait très-intéressant du passage du bronze au fer. D'autres enfin nous montrent les couches préhistoriques en contact avec les couches historiques. {M. le c&mte Giovanni Cozzadini au Congrès de Bologne, p. 7.)
Le fait de la succession, de la continuité solennellement reconnue des terramares, avec l'âge de la pierre et l'âge du fer, comblant ainsi le vide entre les âges préhistorique et historique, est un fait énorme ; il rattache à l'histoire et aux géoéralions actuelles l'homme de la pierre taillée ; il le fait essentiellement Âdamique et Noachique.
Prenons note enfin en finissant d'une découverte de trèsgrand intérêt, celle d'une station lacustre certainement car-
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lovingienne trouvée dans le sol tourbeux du lac de Paliarès, près Voiron (Isère), par M. Chantre. Cette découverte, a dit M. Desor au sein du Congrès de Bologne, est des plus impor- - tantes, car elle agrandit singulièrement dans nos pays, de la façon la plus inattendue, la sphère des palafittes. Voici, en effet, des habitants lacustres, non plus seulement de l'âge de • la pierre ou du bronze, mais de l'époque carlovingienne, dont ' l'histoire ne fait aucune mention.
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Considérations générales. On a enfin invoqué, comme <, témoins de l'antiquité très-reculée de l'homme, les animaux de races aujourd'hui éteintes , que les recherches géologi(jues et paléontologiques nous montrent avoir coexisté avec lui. Cet argument est réellement sans portée; nous l'avons déjà complètement réfuté, bien plus, nous l'avons converti en preuve certaine de la vérité de la Révélation. Moise, dans la création des mammifères terrestres, ne distingue pas deux époques, une époque pour le règne animal, une époque pour le règne humain. Les mammifères et Fhomme sont créés également le sixième jour. L'homme fut donc le contemporain des mastodontes, des éléphants, des lions, des ours, des rhinocéros, des hippopotames, comme des espèces réduites par lui à la domesticité. Et voici que la science croit avoir fait une grande découverte en constatant que les animaux dont nous venons de parler et l'homme appartiennent à la même époque de la création, ou n'ont pas été séparés par une de ces révolutions qui ont fait probablement le passage d'une époque h l'autre. La science n'a donc fait en réalité, comme toujours, qu'enfoncer une porte ouverte, et c'est la noncoexistence des mammifères terrestres et de l'homme qui pourrait être une objection contre la Révélation.
D'ailleurs, comme le font remarquer tous les paléontologues raisonnables, rienn'empêehequelesespèeeséteintesaientexisté des milliers d'années avant que l'homme existât en Europe et ailleurs; lesjoursde la Genèse peuvent être de longues périodes de temps. Pour expliquer la coexistence, il a suffi que les mammifôres éteints vécussent encore quand l'homme apparut sur la terre ; la présence d'ossements humains avec des ossements d'animaux éteints prouve simplement que l'homme existait avantla disparition des mammifères éteints, et cette disparition a probablementeupourcauseprincipalel'aclionderhomme, qui les a détruits ou chassés des lieux qu'ils habitaient avec lui. Cette action de l'homme n'empêche pas cependant que les espèces disparues aient pu être détruites en partie par des causes plus universelles et plus énergiques, des cataclysmes ou des variations profondes de climat. On peut supposer en outre que ces causes aient agi avant l'apparition de l'homme, qui aurait ainsi trouvé les espèces animales grandement diminuées.
Il est donc bien naïf l'enthousiasme désir John Lubbock quand il s'écrie dans sesPrehistoric Times (p. 264) : « Pendant que nous tournons nos yeux vers l'Orient et que nous surveillons avec ardeur et anxiété les excavations de l'Egypte et de l'Assyrie, une nouvelle lumière a surgi soudain au milieu de nous, et les plus anciennes reliques de l'homme trouvées jusqu'ici ont été rencontrées, non dans les plaines sablonneuses du Nil, mais dans les plaisantes vallées de l'Angleterre et de la France, le long des rives de la Seine, de la Somme et de la Tamise. » 11 faisait allusion aux ossements humains trouvés associés, dans les graviers ou dans les cavernes, aux ossements de mastodonte ou d'éléphant. Il oubliait en même temps l'exclamation de M. Buchner qui faisait l'homme des Pyramides incomparablement plus vieux que l'homme des cavernes de la Dordogne. Mais c'est la fatale habitude des savants opposés
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h la Révélation que d'être en pleine contradiction les uns avec les autres, comme les accusateurs de Jésus-Christ.
La question de la coexistence de l'homme et des animaux des races éteintes, est encore vidée complètement à un autre point de vue. Elle a simplement pour conséquence ou de vieillir l'homme ou de rajeunir les animaux éteints. L'un de ces effets n'est ni plus nécessaire ni plus probable quel'aulre. Schaffliausen lui-même, un ennemi pour nous, estimait qu'il est plus raisonnable de rajeunir les espèces perdues que de reporter l'homme à des centaines de mille ans. Pour que la coexistence démontrât l'ancienneté de l'homme, il faudrait que l'on eût la date de la disparition des races éteintes; or cette date est une grande inconnue, tandis qu'au contraire la date récente de l'apparition de l'homme est très-approxiraativement connue ; tout plaide en sa faveur ; elle possède, elle est maîtresse du terrain, c'est donc de son côté qu'on doit faire pencher la balance, dans la lutte engagée par la coexistence de l'homme et des races éteintes ; d'autant plus, répétons-le encore, que cette disparition est en grande partie l'œuvre de l'homme.
Quand les colons anglais arrivèrent au cap de Bonne- Espérance, le lion, l'éléphant, le rhinocéros, l'élan et beaucoup d'autres mammifères habitaient encore ces contrées ; il a été leur contemporain ; et parce qu'ils sont aujourd'hui disparus, de quel droit viendrait-on faire de leur disparition un argument contre l'apparition récente de l'homme dans ces contrées jadis sauvages? Il y a deux cents ans, l'Afrique du Sud représentait parfaitement le grand âge mammifère de la géologie, par le nombre et la variété des grosses et lourdes bêtes qui croissaient et couraient sur ses plaines de verdure aujourd'hui rare. Deux siècles et la présence de l'homme civilisé ont suffi pour produire cette révolution zoologique.
Admettons qu'il ait iallu à riiumme sauvage vinj^t siècles au lieu de doux, la coexistence des grands mammifères ne le ferait pas encore si vieux.
M. Alphonse Milne Edward, a présenté à l'Académie des sciences, dans sa séance du 13 octobre d873, un mémoire intitulé : Recherches sur la Faune ancienne de Vile liodrigues, d'où il résulte qu'en moins de deux siècles des espèces vivantes et très-nombreuses ont pu passer à l'état d'espèces éteintes, presque fossiles; et qu'une île peuplée d'animaux et de végétaux très-nombreux, a pu devenir presque déserte. Mais entrons dans le fond de la question.
Déjà en 482i, M. le docteur Fleming, dans la Journal philosophique d'Edimbourg (t. XI, p. 303), disait : Les restes des animaux éteints, se retrouvent seulement dans les couches superficielles, dans les graviers d'eau douce ou dans l'argile ; et peuvent être considérés comme liés à la dernière et moderne époque de l'histoire de la terre. L'homme habitait alors cette contrée avec les animaux maintenant éteints, mammouth, élan, rhinocéros, hippopotame, ours des cavernes, hyène, etc., etc., puisque ses os et ses instruments ont été trouvés dans une môme situation avec les restes d'animaux. M. William Robinson que nous avons déjà cité, faisait remarquer que le docteur Fleming assignait une date récente à cette contcmporanéité de l'homme et du mammouth, et que s'il vivait encore, il conserverait sans doute sa date en dépit des prétendues découvertes modernes.
Peu après le docteur Fleming, le grand Cuvier formulait sur les débris d'animaux trouvés enfouis dans le sol les principes suivants :
i" Presque tous les animaux inconnus aujourd'hui, les Paleolherium, les Anoplotherium, eic, aj)parliennent aux terrains }ilus anciens, qui leposent inimédialoment sur le cal-
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Caire grossier. Les lits qui les recèlent sont toujours plus ou moins recouverts par des lits de transport remplis de coquilles el d'autres produits de la mer. {Révolutions du globe, p. 72.)
2° Les plus célèbres des espèces inconnues qui appartiennent à des genres connus ou à des genres très-voisins de ceux que l'on connaît, comme les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, les mastodontes fossiles, ne se trouvent pas avec les genres plus anciens dont il a été question plus haut. C'est dans les seuls terrains de transport qu'on les découvre, tantôt avec des coquilles de mer, tantôt avec des coquilles d'eau douce, mais jamais dans des terrains pierreux réguliers. {Ibid., p. 75.)
S° Enfin des espèces qui paraissent les mêmes que les nôtres ne se déterrent que dans les derniers dépôts d'alluvion, formés sur les bords des rivières ou sur le fond des anciens étangs ou marais desséchés, ou dans l'épaisseur des couches de tourbe, ou dans les fentes des cavernes et des rochers, ou enfin à peu de distance de la superficie, dans des endroits où ils peuvent avoir été enfouis par les éboulements ou par la main des hommes ; leur position surperfîcielle fait que les os les plus récents de tous sont presque toujours les moins bien conservés.
Dans ma conviction profonde, les affirmations de Cuvier sont toujours l'expression de la vérité. C'est aussi la conviction de M. Elie de Beaumont, dont nous avons rappelé (p. 736}, cette déclaration si spontanée et si franche : L'opinion de Cdvier est
UNE CRÉATION DE GÉNIE. ElLE n'eST PAS DETRUITE. Co qui le prOUVe
surabondamment, c'est que, en réalité, les partisans les plus acharnés de l'antiquité deDiomme, dans leurs affirmations, ne s'expriment pas autrement que Cuvier, quant à la condition des faits sur lesquels ilsappuient des conchisions contraires. Écoutons M. de Mortillet {Matériaux, t. V, p. 429) : «La contemporanéité de l'homme et des dernières espèces éteintes est largement, solidement et irrévocablement prouvée par la
découverte de produits de l'industrie humaine, abondamment mélangés avec les restes de ces animaux éteints ou émigrés dans des COUCHES QUATEuivAiREs INTACTES, ct au milieu de dépôts de CAVERNES qui n'ont jamais été remaniés. » Qu'ils soient intacts, ou qu'ils n'aient pas été remaniés, les dépôts des cavernes comme les couches quaternaires sont des terrains récents ou de transport, le plus souvent entraînés par les eaux. Or la coexistence dans les terrains de transport ne })rouve nullement la coexistence dans l'espace ou la coexistence dans le temps, encore moins la coexistence dans la nuit des temps géologiques. En effet, comme le dit M. Barlh. Gastaldi cité par M. de Mortillet : « Dans les couches de gravier et parmi les cailloux on trouve quelquefois sur le même horizon, souvent à des profondeurs différentes (et renversées) des silex taillés et des molaires à'Eleiphas primigenius. Sur cela on dit que le proboscidien a été contemporain de l'homme. Si cependant, faisant abstraction des silex taillés, nous nous bornons à considérer le gisement sous le rapport paléontologique, nous arrivons déjà à cette conclusion que les molaires d'éléphant y étaient peut-être déjà déplacées et hors de leur gisement primitif. « En effet, pourquoi trouve-t-on seulement des molaires et non des squelettes ou des membres entiers? C'est pourtant dans ces conditions de squelette ou de membres entiers que nous trouvons en général les Vertébrés, et plus particulièrement les mastodontes, les rhinocéros, les hippopotames dans des terrains vraiment géologiques et déposés régulièrement sur place, du Val d'Arno, les baléanoptères et les sirénoïdes des couches pléocéniqucs dans les lignites de Leffé ; les anthrocetherium des couches miocènes, les paleotherium du gypse, les sauriens des terrains secondaires. » (Mortillet, Matériaux, t. III, p. 384.) Encore arrive-t-il souvent que dans ces terrains quaternaires ou de transport comme à San