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CONCLUSIONS

Nousvoici enfin ! au bout de cet interminable chapitre vu, qui remj)lit h lui seul plus de trois cents pages, au terme de cette longue et rude discussion de la question capitale de l'antiquité de l'homme.

Rien que j'eusse amassé pendant toute ma vie scientifique, de 1830 à 1870, les matériaux nécessaires pour la résoudre, elle m'a encore imposé quatre années d'études et de recherches spéciales, qui ont occupé tous les loisirs d'une vie entièrement consacrée au travail. Ce que j'ai lu de volumes, de brochures, de mémoires, de dissertations, etc., ce que j'ai feuil-

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leté de comptes rendus des sociétés savantes, de journaux, d'écrits périodiques, est vraiment énorme, et m'a souvent effrayé. Partout où Texistence de quelques matériaux importants m'a été signalée, j'ai écrit pour me les procurer. Je n'ai reculé devant aucun effort pour être aussi parfaitement renseigné que je pouvais l'être.

J'ai cherché, en un mot, la vérité avec la plus grande sincérité et le désir le plus ardent de la découvrir. Elle s'est souvent dérobée à mes regards, je me suis plus d'une fois trouvé en présence d'objections en apparence insolubles, en présence aussi de faits impossibles à expliquer dans un autre sens que le sens invoqué par nos adversaires. Je puis même dire, que parfois j'ai perdu pied, que je me suis trouvé comme noyé dans une mer d'incertitude, au point de me sentir attristé, et même angoissé. J'ai redoublé alors de patience et de courage, j'ai donné un nouvel élan à mes recherches et j'ai de nouveau revu la lumière.

Chose étrange, c'est le plus souvent dans les livres mêmes de nos adversaires, les Huxley, les Vogt, les Buchner, les de Morlillet, que j'ai trouvé la solution du nœud gordien, et les arguments invincibles que j'avais tant cherchés. Les livres de mes frères d'armes m'ont beaucoup moins aidé, parce que dans leur bonne foi ils acceptent beaucoup trop facilement les faits contre lesquels ils devraient le plus se mettre en garde.

Je suis heureux et fier de pouvoir affirmer, qu'à mon jugement du moins, et dans les limites de mon intelligence, je suis arrivé sur tous les points controversés, à l'évidence de la démonstration ; que je n'ai laissé debout aucune objection qui n'ait été pleinement réfutée, aucune difficulté qui n'ait été surabondamment résolue, aucun voile qui n'ait été levé autant qu'il peut l'être dans l'état actuel de nos connaissances, aucun mystère qui n'ait été approfondi. J'ose affirmer que toutes

les fois que j'ai vu se dresser devant moi une affirmation contraire âmes convictions ou h mes opinions, j'ai pu toujours la combattre j)ar des arguments décisifs, ou du moins lui opposer immédiatement les négations de une ou plusieurs autorités de même ordre et de même valeur.

Je ne crains pas, en effet, de proclamer bien haut, parce que c'est le résultat d'une étude sans égale, je puis le dire, en raison de son élan, de sa persistance, de sa longueur, de sa profondeur, que toutes les affirmations des adversaires de la Révélation s'annulent et se détruisent mutuellement, par ce seul fait qu'on peut leur opposer dans tous les cas des affirmations non-seulement opposées ou contraires, mais rigoureusement et diamétralement contradictoires, comme je l'avais déjà montré surabondamment pour la géologie. Si Vogt, par exemple, affirme que l'homme de Solutré est bien antérieur à Adam, Buchner affirmera que l'homme des Eysies, le troglodyte de la Vézère, contemporain ou descendant de l'homme de Solutré, est très-postérieur à l'homme des Pyramides.

C'est une preuve certaine que tous les efforts de la science moderne n'ont pas pu ébranler l'édifice sacré de la Révélation.

Après avoir posé sur ses véritables bases la grande question de l'antiquité de l'homme, après l'avoir éclairée de son véritable jour, j'ai interrogé, avec une patience qui ne s'est pas un instant démentie, les témoins divers et innombrables appelés naturellement à affirmer ou à nier l'antiquité indéfinie du genre humain : la chronologie, l'histoire, les monuments de tous les peuples, les annales astronomiques de l'Egypte, de l'Assyrie, de la Perse, de l'Inde, de la Chine, etc. ; les enseignements et les reliques de la géologie et de la paléontologie, les œuvres humaines, silex taillés, monuments de pierre, etc. ; les objets d'art, etc.; les terrains dans lesquels sont enfouis tous les

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restes de rhomme et de Tindustrie humaine; les prétendus àg'es successifs de l'humanité, âge de la pierre taillée ou polie, âge du bronze, âge du fer; les habitacles de l'homme, les cavernes, les restes de cuisine, les cités lacustres, etc. ; les animaux ses contemporains, le mammouth, l'ours, le renne, etc, ; enfin l'homme fossile lui-même, son squelette et son crâne. Je puis me rendre ce témoignage que nulle part, même dans les ouvrages spéciaux comme VAntiqiiitê de rhomme de sir Ch. Lyell, où le Précis de M. Hamy, on ne trouvera réunis plus de documents puisés aux sources originales; que jamais interrogatoire ne fut plus patient et plus serré ; que jamais non plus les réponses favorables à la cause de la Révélation ne furent plus nombreuses, plus unanimes, plus éclatantes et plus solennelles.

Tous ces témoins proclament bien haut que l'homme n'eut jamais rien à faire avec la géologie, qu'il est apparu récemment sur la terre, que la date de son origine ne remonte pas au-delà de la date que lui assignent les Livres saints, ou du moins de celle que l'Église, interprète fidèle de la Révélation, nous permet de lui assigner; et que, s'il est resté quelque doute sur la présence, à la surface ancienne du globe terrestre, d'êtres raisonnables ou industrieux, rien ne prouve que ces êtres fussent des hommes appartenant à la race adamique ou noachique, la seule dont il soit question dans l'Écriture sainte, dans la Révélation et la tradition chrétienne.

Si je fais cette restriction, c'est qu'en effet je n'ai rencontré sur ma route qu'un argument qui puisse avoir conservé quelque valeur, qu'un seul témoin dont la voix discordante ait pu n'être pas réduite au silence, pour quelques oreilles atteintes d'un bourdonnement par trop sympathique. Cet argument, ce témoin, ce sont les silex de Thénay, et leur

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