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CHAPITRE XVII

Route de Sydney. — Ëtat de la route en 1854. — Auberges du busli. — Une autre station. — Opinion d'un voyageur français sur le compte des squatters.— Réfutation de cette opinion.

Mon frère devait allei-, après noire retour à Melbourne, passer un mois à Port-Fairie (petit village sur la côte à l'ouest de Port-Philipp où il avait une seconde station). Comme je désirais rester avec des Anglais pour me fortifier dans leur langue, j'acceptai l'olfre que me fit Lloyd de m'em mener avec lui à sa station d'Avenel.

Nous nous mîmes en route vers les trois heures de l'après-midi, notre intention étant de gagner seulement ce jour-là l'auberge du Hockey Water hole, à dix-huit milles de Melbourne, sur la route de Syd-

ncy. Pour la première fois j'allais mettre les pieds dans une auberge australienne, et Lloyd s'amusait à me fiiire d'affreuses descriptions de l'établissement où nous devions passer la nuit. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise de trouver une hôtellerie bien passable, où l'on nous donna deux chambres très-propres, et où l'on nous servit un bon dîner? Entre autres, on nous donna du homard, du homard conservé et préparé à Bordeaux ; et si j'en parle, c'est pour vous faire voir qu'on pouvait trouver toutes sortes de provisions dans ces auberges du bush.

On payait en conséquence. Le prix de toutes choses était alors fabuleux. Le dîner coûtait douze shillings, le déjeuner huit shillings, une bouteille de vin une demi-guinée. Le coucher douze shillings, la nuit d'un cheval trente-sept shillings. Ajoutez à cela le pourboire des garçons d'hôtel et d'écurie, et vous trouverez que pour notre dépense de quelques heures, nous avions à payer chacun environ cent francs.

Aussi les aubergistes faisaient fortune! Et on s'habituait à ces prix-là, de même que dans une grande ville on s'habitue aux grandes distances.

La route de Sydney que nous suivions conduisait aux Ovens, un des plus importants placers. De tous côtés elle était en construction, surtout à l'approche des villages. Les manœuvres qui y travaillaient re-

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cevaient de Irenle à quaianîe francs par jour, et cette roule coûtait des sommes folles.

Tout allait bien tant qu'on cheminait sur la roule achevée; des qu'on arrivait sur le sol vierge, on entrait dans une vraie fondrière do boue. Pendant la journée la roule était couverte de longues files de chariots à bœufs, allant aux mines chargés de marchandises, ou revenant à vide lorsqu'ils n'avaient pas trouvé, dans quelque station, un chargement de laine pour leur retour. Et cela sans compter les voitures plus petites, à un ou à deux chevaux, emportant le bagage de quelque famille de mineurs nouvellement débarquée. Là où la route se trouvait resserrée entre les clôtures des terrains vendus, les chevaux avaient littéralement de la boue jusqu'au ventre. Un chariot mettait un jour à faire deux cents pas, car pour franchir celte courte distance, embourbé qu'il était à chaque mstanl, il fallait le décharg-er et le recharger trois fois peut-être. On ne faisait pas cinq cents pas dans ces horribles chemins sans y rencontrer, à demi enterrée dans la vase, la carcasse hideuse d'un bœuf ou d'un cheval mort à la peine et sous les coups. Je me souviens d'avoir compté onze de ces chariots, embourbés les uns près des autres, à l'entrée d'un village et d'un pont par où ils devaient tous passer.

Les conducteurs dételaient leurs bœufs et mettaient les attelages de trois ou de quatre chariots à

la suite les uns des autres, de façon qu'ils avaient quelquefois trente bœufs à la même voiture; chacun d'eux, armé de son long fouet, poussait ses bœufs en même temps, les appelant par leurs noms, et les exhortant de toutes manières, mais surtout à l'aide des jurements les plus effroyables qui se puissent imaginer. On raconte à ce-sujet qu'un ecclésiastique venant à passer, demanda à un de ces conducteurs s'il ne pourrait mener ses bêtes sans employer un pareil langage : « Essayez plutôt vous-même, A'otrc Honneur, » lui répondit celui-ci en lui remettant le fouet. El l'histoire porte que le révérend clergyman le rendît au moment où, de guerre lasse, il allait parler la seule langue que les bœufs semblent comprendre.

Cet affreux état des routes avait donné lieu à une industrie assez singulière. Des gens avaient acheté le terrain que traversait la route pour un prix de trois à cinq livres sterling par arpent, terrain souvent très-médiocre. Là où la route n'était pas achevée, ils l'avaient bordée de fortes clôtures, et au bout de quinze jours, quand elle n'était plus praticable pour personne, ils ouvraient une barrière aux deux extrémités de leurs clôtures , et moyennant une taxe de un shilling par cavalier et de cinq shillings par voiture, ils les laissaient passer à leur gré sur cette propriété inculte. Un petit garçon recevait à chaque entrée les pièces d'argent dans son

bonnet, et ces vingt arpents de terre qui avaient coûté deux mille francs à leur propriétaire, lui rapportaient un millier de francs par jour.

Cette soumission à la loi , ce respect d'une barrière que chacun aurait pu détruire , et ce prix exorbitant que l'on payait à un petit garçon, faible mandataire d'un homme qui spéculait sur la misère d'autrui, ne sont-ils pas autant de traits bien remarquables du caractère anglais? Sans doute on murmurait, mais contre le gouvernement (et en cela on n'était pas juste car tout ne pouvait pas être créé à la fois), uiais on se soumettait et on respectait les droits acquis, quels qu'ils fussent.

Après avoir passé Kilmore, un grand village tout entouré de fermes prospères , nous traversâmes à Seymour la belle rivière le Goulbourn , et à la tombée de la nuit, nous arrivâmes à Avenel : nous avions fait soixante-cinq milles dans notre journée.

Avenel était un excellent spécimen d'une station de l'intérieur, la maison n'y était point importée d'Europe comme celle d'Yéring, c'était une véritable habitation coloniale. Elle se composait d'un salon, de la chambre à coucher du maître et de deux petites chambres à donner. Ce salon, dont le nom anglais slîUng-room donne une plus juste idée, servait à la fois de salle de réception et de salle à manger. C'était une pièce d'environ trente pieds de longueur sur vingt de largeur, toute ta-

pissée de toile à voile recouverte de couleur blanche. Une grande table, une bibliothèque fournie de trois à quatre cents volumes, un divan dans un angle et quelques fauteuils autour d'une immense cheminée de bois, garnie de pierres à rintéricur, et chaque matin blanchie à la chaux, formaient Tameublement. Je fus bien agréablement surpris en entrant dans cette pièce d'y voir notre couvert déjà mis. Nous étions attendus, des bougies brûlaient dans d'élégants flambeaux à branches, et le luxe sévère et du meilleur goût de tout ce qui était préparé pour notre repas, était rehaussé encore par la simplicité des parois de l'appartement.

Nous allâmes nous changer pour le dlncr : j'hésitais à consigner ce détail, qui semble puéril, mais il est caractéristique. L'Anglais dîne toujours en habit : à Avenel, quoique nous fussions dans le bush et seulement deux amis, si nous ne nous mettions pas exactement en cravate blanche, nous prenions cependant chaque soir notre meilleure tenue, en tous cas d'autres habits que ceux que nous avions portés pendant le jour.

L'habitation de Lloyd était distante d'un kilomètre seulement d'un village, ou plutôt des rudiments d'un village , qui se composait d'une ])clle auberge

en briques à renseigne du Cheval blanc, d'une forge et de quelques stores, sortes de boutiques universelles construites en bois, avec des adjonctions de toile, d'écorce d'arbre, ou de tôle, selon les moyens et les besoins de l'accroissement du commerce du vendeur. On trouvait là toutes sortes de marchandises : du sel, des tonnes de farine, des outils de mineurs, des sardines de Nantes, des pruneaux de Tours, des robes de soie, des romans nouveaux, du beurre fondu, des harengs fumés, des habits tout faits, des armes, de la poudre, des souliers, des instrumenls de musique, des chapeaux de Paris, le tout pêle-mêle et entassé dans un suprême désordre.

Le principal store-keepei' d'Avcnel était une espèce de médecin : ainsi, du moins, le portait son enseigne.... Médecin, Chirurgien et Pharmacien ! C'était un élégant bellâtre d'environ trente-cinq ans, toujours en culotte de peau, avec bottes à revers et son chapeau noir sur l'oreille. Il avait pris pour femme, et pour présider au débit de ses marchandises, une belle veuve rondelette et bien conservée, qui lui avait apporté en ménage une jolie tille de dix-sept ans dont la beauté faisait bruiL

Outre l'auberge et ces quelques stores, il y avait à Avenel une station de gendarmes à cheval (un sergent et quelques hommes) et en face de leur

petite caserne une solide prison carrée. A côté de la prison une tente doublée à Tintérieur de drap vert servait de salle de justice. Lloyd était le magistrat de son arrondissement, il avait, pour l'assister dans ses fonctions de juge de paix, un greffier dont la maison était attenante à celle des gendarmes.

La position de magistrat de mon ami avait bien ses désagréments ; nous étions tenus à une certaine gravité officielle dont pour mon compte je me serais bien passé. Quand nous traversions le village, il nous fallait prendre un air digne ; et quand nous passions devant les stores, je n'osais, de crainte de m'attirer quelque algarade de la part de Lloyd qui surveillait du coin de l'œil tous mes mouvements, tourner la tête pour découvrir le joli minois de la tille du docteur.

Cette rigidité était cependant nécessaire à un magistrat dans un pays neuf. Elle était surtout nécessaire vis-à-vis d'une classe de gens telle que l'élait en général toute la race des aubergistes de la colonie, composée d'bommes avides qui en pillant légalement les voyageurs, et surtout en entretenant leur ivrognerie, faisaient des bénéfices de deux à trois cent mille francs par an.

Ces auberges du bush étaient en effet le rendezvous de tous les ivrognes de dix lieues à la ronde. Souvent quand un pauvre Ijerger, bébété par lu

longue solitude à laquelle il était condamné, recevait son salaire de bien des mois, mille ou quinze cents francs, il portait son argent à Taubergiste :

c Gardez-le, lui disait-il, je m'installe chez vous, et quand j'aurai tout bu, vous me renverrez. »

Le pauvre diable payait à tout venant, et les noirs, accroupis sur le seuil de la porte de l'auberge, vidaient le fond de ses bouteilles.

Pour obtenir une patente d'aubergiste, il fallait l'assentiment de trois magistrats; de môme trois magistrats réunis pouvaient enlever à tout aubergiste son droit de vente, si des plaintes s'élevaient contre lui. Quand Lloyd m'eut donné ces explications, je compris toutes les prévenances dont nous avions été l'objet dans les auberges où nous nous étions arrêtés en venant de Melbourne.

Le lecteur a peut-être trouvé plus d'une fois déjà que je m'étends sur des détails inutiles, et que mes descriptions d'Australie n'ont pas toute la sauvagerie qu'il aimerait à y trouver. Mais que faire à cela ? je raconte ce que j'ai vu, et rien, en Australie, n'est bien différent de chez nous. D'ailleurs, ce que je prétends raconter ici, c'est la vie de ceux qui, emportant d'Europe des capitaux considérables, arrivent dans cette contrée lointaine avec une position toute faite. Cent cinquante mille francs ne

sont pas aujourd'hui en ^Europe une fortune pour une famille, si son chef n'est ni commerçant ni employé de l'ÉLal, ni médecin ou avocat. Cette somme, placée sagement en Australie sur une station, peut devenir le commencement d'une véritable fortune. Je ne dis pas que je veuille conseiller à qui que ce soit un pareil voyage et de pareilles chances. Mais, en entrant dans tous les petits détails de la vie, mon but est de dire la position de ceux qui ont eu ce courage, et qui forment dans la province de Victoria une classe respectable et nombreuse.

La découverte de Tor, en quadruplant soudainement la population de la colonie, avait fait naître contre les squatters une violente animosilé de la part des nouveaux venus. A les entendre, la colonie ne devait dater que du jour de leur propre arrivée, et les terrains devaient être vendus à vil prix aux derniers arrivés, sans tenir compte des prix qui avaient fait règle pour les premiers (;olons !

Que leur importait le commerce des laines (la seule colonie de Yictoria exportait en 1854 pour près de cinquante milhons de francs de laines), que leur importait l'élève du bétail, les lois anciennes de la colonie ! Ils étaient encore sur le vaisseau qui les apportait d'Angleterre, de Hambourg ou d'Amérique et déjà ils discutaient entre eux ce qui était juste ou injuste dans le pays qui allait les recevoir,

et ils méditaient le changement de tontes les lois qui avaient été en vigueur avant eux.

Le gouvernement de Victoria, même alors qu'il tomba aux mains du parti ultra-démocratique, aux mains des chefs de ce parti des derniers venus, se conduisit en pratique, avec justice et sagesse vis-àvis des squatters. Mais les journaux, qui flattent la multitude pour se faire, de nombreux abonnés , étaient chaque jour rempHs d'articles-contre eux, et les livres qui furent écrits pour les émigrants les plus nombreux, pour les mineurs et pour ceux qui arrivaient dans la colonie avec leur seul courage, débordaient d'invectives contre ces squatters qui y étaient représentés comme aulant de gens grossiers et rapaces, s'opposant au développement et à la prospérité de la colonie.

Parmi les livres qui ont été publiés sur l'Australie, j'en ai un sous la main écrit en français : Lettres iVun mineur en Australie, par M. Antoine Fauchery, où nous autres squatters nous sonnnes assez mal habillés.

Voici ce qu'il écrit à notre sujet :

« J'ai rencontré sur un immense plateau dégarni d'arbres — chose rare — un troupeau de moutons gardé par un berger. Ce berger m'a conduit à l'habitation de son maître, un Écossais, qui sans doute a profilé de ce qu'il résidait en plaine et n'était pas dans les conditions du programme de la Dame

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blanche pour me faire payer son hospitalîlc trèscher.

« A ce propos, un mot touclianl les propriétaires (les stations, les éleveurs de bétail, ceux à qui le gouvernement accorda jadis les droits de pâture sur des terrains de trente à quarante milles carrés, les squatters enlin, c'est ainsi qu'on les nomme. Les squatters donc sont les réels sauvages de l'Australie ; sauvages blancs, qui, s'ils ne sacritient pas au cannibalisme et ne mangent pas les noirs, en ont du moins tué bon nombre autrefois.. .. Dispersés dans rintérieur de la contrée sur une étendue de quatre à cinq cents milles S ils sont trop éloignés les uns des autres pour entretenir des relations de voisinage, et vivent comme des ours au milieu de leur bétail. Tout leur est étranger ou indifférent, hormis le cours des laines qu'ils vont prendre en ville une fois l'an à l'époque de la tonte. J'ai visité vingt stations; dans aucune uVelles je n'ai trouvé une basse-cour ou un jardin potager. Pas une trace de culture ; rien que des moutons ou des bœufs. Les squallers possèdent les plus grandes fortunes de la colonie. Ce que deviendront ces trésors , nul ne le sait. y>

Je n'ai pas l'avantage de connaître M. Fauchcry, mais pour toutes les pages intéressantes et vraies

1. M. Faiichery devrait dire sur une étendue d'environ trois œille railles,

qu'il a écrites sur les mineurs et sur les mines, pour le bon sentiment qu'il a mis dans le récit de sa visite au digne curé de Heidelberg, M. Bourgeois, enlin pour la gaieté avec laquelle il raconte l'établissement de son café à Melbourne, et sa fabrication de cornets d'épicier aux mines, je regrette qu'il se soit laissé aller à écrire toute une page d'invectives contre des gens qu'il ne connaît pas.

Son assertion que les squatters n'ont cbez eux ni jardins ni basse-cour, tombe presque toujours à faux. Il n'est pas de liome-stead (babitation principale d'une station), si pauvre que soit son propriétaire, qui n'ait quelques arbres fruitiers et quelques carrés de légumes. La plupart ont de beaux jardins potagers où l'on trouve tous les arbres d'Europe : beaucoup possèdent des vignes en plein rappoit. M. Faucbery a su parfaitement dt3crire les mines et les mineurs, parce qu'il a été aux mines, parce qu'il a vécu avec les mineurs : il se trompe quand il dit : « J'ai visité vingt stations. » L'or se trouve toujours dans les contrées où le sol est le plus jiauvre, dans des terrains argileux et pierreux qui [)roduisent à peine de l'herbe bonne pour les moutons. Aussi n'y a-t-il guère de stations très-rapprochées des mines, celles qui se sont trouvées, après la découverte de l'or, à cheval sur les routes des mines, sont devenues tellement désagréables à habiter qu'elles ont été pour la plupart laissées à des inten-

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dants et à des domestiques qui prenaient peu d'intérêt à des embellissements inutiles pour eux. Ce sont ces stations-là que M. Fauchery peut avoir visitées.

Quant à la culture, d'après les lois de la colonie, un concessionnaire de terres peut cultiver autant qu'il veut pour son usage et pour les besoins de son établissement; mais il ne peut vendre aucun des produits du sol qui appartient encore à l'État. Aussi dès que ces produits du sol deviurent un objet de commerce, même pour ceux dont les stations étaient situées loin dans l'intérieur, les squatters acbetèrent de larges portions de leurs concessions. Lorsqu'on arrivait à une station, de grandes meules de blé et de foin annonçaient la prospérité de l'établissement.

Lloyd avait à Avenel environ soixante arpents mis en culture -.pommes de terre, blé et avoine. On coupe l'avoine avant qu'elle soit entièrement mûre et on la donne en foin aux cbevaux qui y trouvent tout ensemble le fruit et la paille tendre. Ce foin d'avoine était si cber en 1854 qu'il se vendait aux mines 3000 fr. la tonne. Lloyd vendit, pendant que j'étais cbez lui, cinquante tonnes de ce foin, une partie de sa récolte de l'année au prix de 80' livres la tonne, soit ensemble la somme ronde de 100 000 fr.

On nous reproche de négliger la basse-cour. Nous

avions pour cela deux excellentes raisons. La première, la quantité de gibier que nous avions chez nous (toujours en exceptant les environs des mines). A quoi bon en effet une basse-cour, lorsqu'à l'aide de votre fusil vous pouvez revenir, après quelques heures de chasse, chargé de canards sauvages, de pigeons dorés , et portant péniblement mais glorieusement quelque magnitique outarde? Sans compter, selon la saison, les cailles, les bécassines, les râles et les grives. La seconde raison, c'était le nombre prodigieux de chats sauvages qui rôdaient alentour de nos habitaliQns en quèle de butin et faisaient une guerre acharnée à toute la gent emplumée. Ces animaux étaient si nombreux, que nous en prenions chaque nuit huit à dix autour de notre maison seulement, dans des trappes disposées pour les détruire, A cette époque nous étions empêchés par ces vilains petits carnassiers d'introduire chez nous les lièvres, les lapins et tant d'autres animaux d'Europe. Depuis, ils ont été détruits en partie; une société s'est formée à Londres pour envoyer à la colonie outre les petits quadrupèdes tels que ceux que je viens de citer : les faisans, les perdrix, les alouettes, et aussi les meilleurs chanteurs de nos bois : les rossignols, les chardonnerets les fauvettes. Honneur /aux Anglais! Quand ils sont établis quelque part, il ne leur suffit pas d'y jouir de ce qu'ils y trouvent, ils cherchent à y réunir tous

les, produits des différents pays. Abolis savez combien la pèche du saumon est en honneur chez eux.... Une somme de 1000 livres sterling est promise à qui acclimatera le saumon dans une des rivières de Victoria. Parmi ceux qui ont le plus fait pour doter ainsi la colonie d'animaux utiles et agréables, je veux nommer ici avec reconnaissance M. le docteur Wilson , l'ancien rédacteur de V Argus de Melbourne.

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