MERCURE. — SOSIE
— Tu montres de Tesprit, et je te vois en train De trancher avec moi de Thomme d'importance, \\ Il me prend un désir, pour faire connoissancej
De te donner un soufflet de ma main. \\
— A moi-môme? — A toi-même : et t*en voilà certain (1).
L'ensemble des 4 vers se disloque encore par la division à faire après le 1*", qui marche avec le premier vers du groupe, et par la coupe du dialogue avant le 4*. Nous trouvons exactement la même disposition de rimes et la même division de sens dans cette stance [mffmnùj d'Alfred de Musset :
Laisse-les s'agiter, ces gens à passion,
De nos vieux haranguenrs modernes parodies ; \\
Laisse-les étaler leurs froides comédies.
Et, les deux bras croisés^ te prêcher V action. \\
Leur seule vérité, c'est leur ambition.
(Sur la Naissance du Comte de Paris, v. 6i-65.)
3® Rimes plates au commencement du groupe (2). —
(1) Cf. II, 5; V. 1215-1219.
(2) Des vers 1900-1903 (m, 10) ;
Et sans doute il ne peut être que glorieux De se voir le rival du souverain des Dieux, Je n'y vois pour ta flamme aucun lieu de murmure; Et c'est moi, dans cette aventure, . . .
les deux premiers terminent une strophe fmmfmMn^ V^ovc ^^.^^^ les deux autres commencent une strophe /fmf^mfMa^w ^•^'^.
Dans une pièce où la rime plaie est évitée de parti pris^ il semble que les 4 vers ne devraient jamais figurer aix commencement d'un groupe^ puisque c'est à cette place^, Toreille n'étant pas avertie par un premier entrecroise — ment des rimes, qu'ils peuvent le plus faire illusion» Voici un exemple, unique d'ailleurs, de cette dispo»sition :
Âlcmène, vous n'avez qa*à ine le déclarer :
S*il n^est point de pardon que je doive espérer, Cette épée aussitôt, par un coup favoràbfe, Va percer à vos yeux le cœur d*uQ misérable.
Ce cœur, ce traître cœur, trop digne d'expirer, Puisqu'il a pu fâcher un objet adorable :...
Remarquons encore ici la préoccupation continuelle de Molière, qui s*est empressé de faire suivre ces 4 vers de 2 vers à rimes répétées, pour en faire un commencement de stance {mmffmf). En effet, la versification lyrique ne répugne pas à cette combinaison :
 qui donc, juste Dieu ! peut-on dire : a  demain! »
L'Espérance et la Mort se sont donné la main.
Et traversent ainsi la terre désolée.
L'une marche à pas lents, toujours calme et voilée'.
Sur ses genoux tremblants l'autre tombe en chemin,
Et se traîne en pleurant, meurtrie et mutilée.
(A. de Musset, Le Treize Juillet, Y.)