‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 102 sur 142 · ORFÈVRE · texte numérisé non relu

ORFÈVRE

Claude Ballin naquit à Paris en 1615. Il était fils d’un habile orfèvre qui lui donna les premiers éléments de son art.

II apprit enfin le dessin dans l’atelier des premiers peintres, et sentit son talent s’éveiller à la vue des œuvres du Poussin.

A force d’application, il fit de si rapides progrès, qu’à l’âge de dix-neuf ans, il exécuta quatre grands bassins d’argent sur lesquels il avait composé les quatre âges du monde avec tant de talent que le cardinal de Richelieu, qui les acheta, lui en commanda quatre autres que l’artiste fit dignes des premiers.

Malgré sa jeunesse, Ballin passa, dès lors, pour un ciseleur habile et on lui confia l’exécution, en argent, de divers bas-reliefs. Ceux qu’il a faits d’après les modèles de Sarazin représentaient les Songes cia Joseph; ils obtinrent un grand succès.

On admira beaucoup aussi un miroir d’or qu’il avait fondu et ciselé pour Anne d’Autriche.

Sa réputation se fonda, en outre, sur un nombre considérable de beaux ouvrages, la plupart enrichis de figures en ronde bosse et de haut relief.

Ce fut lui, principalement, qui porta au dernier degré de perfection les meubles d’argent, tables, cabarets, canapés, consoles, trépieds, lits et baldaquins.

Il fabriqua aussi beaucoup d’argenterie d’église dans le même genre : croix, chandeliers, lampes, encensoirs, etc.

On admirait surtout, dans le trésor de Notre-Dame, un soleil de vermeil, haut de cinq pieds, qui servait à exposer le saint sacrement.

Ce morceau d’orfèvrerie sculptée, le plus grandiose que l’art moderne ait entrepris, se composait d’un ange soutenant l’agneau pascal, surmonté d’une gloire et accompagné de quatre vieillards agenouillés.

Ballin, dans ce chef-d’œuvre, avait eu recours à l’aide de ses amis de Cotte et Bertrand, l’un peifjtre, l’autre statuaire.

Malheureusement la plupart des grands ouvrages de Ballin, exécutés par les ordres de Louis XIII et de Louis XIV, furent envoyés à la Monnaie et fondus en 1668 pour payer les dépenses de la guerre.

Les dessins qui nous restent de ces ouvrages nous donnent à peine une idée de leur caractère imposant, de leur élégance et de leur admirable exécution.

Si, au lieu d’employer l’argent, l’artiste avait eu recours au bronze ou à des métaux vulgaires, ses belles fantaisies décoratives nous eussent vraisemblablement été conservées.

Ce fut Ballin qui cisela la première épée et le premier haussecol de Louis XIV.

En 1692, à la mort de Jean Varin, le célèbre graveur en médailles auquel la frappe des médailles a dû d’importants perfectionnements, Louis XIV nomma Ballin directeur du balancier des médailles et des jetons.

Cet artiste a fait époque dans la gravure, et Charles Perrault lui a consacré une notice spéciale dans son recueil des Hommes illustres.

Ballin mourut à Paris le 2‘i janvier 1678 et fut inhumé le 25 du même mois à l’église Saint-Germaind’Auxerrois.

BALLIN (Claude)

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