ROMANCIER
Eugène Sue est né à Paris, le 10 décembre ISOZi. Fils de Jean- Joseph Sue, chirurgien en chef de la garde impériale, il eut pour parrain le prince Eugène de Beauharnais et pour marraine l’impératrice Joséphine.
Il étudia la médecine et partit, à l’âge de vingt-trois ans, comme chirurgien, sur un vaisseau de l’Etat. Il voyagea, pendant six ans, sur l’Océan et la Méditerranée, et toucha à presque tous les ports de France.
Peu de temps après son retour à Paris, en 1831, Eugène Sue perdit son père qui lui laissa une fortune considérable. Il quitta alors la marine pour se livrer à la littérature.
Après avoir collaboré à quelques vaudevilles, il publia une série de romans maritimes dont les plus célèbres sont: Plick et Plock, Alar Gull et ta Salamandre.
Ces ouvrages, que l’auteur, alors inconnu, dut faire imprimer à ses frais, lui firent déjà une retentissante réputation.
Il s’adonna ensuite à la composition de romans historiques et de romans de mœurs qui n’eurent pas moins de succès. Parmi ces derniers, Mathilde doit être cité comme son chef-d’œuvre.
Bientôt se produisit dans le talent de ce puissant écrivain une transformation qui lui conquit enfin une des places les plus honorables dans l’histoire politique et morale de son temps.
C’était l’époque, où dans les journaux, les discours, les livres, on poursuivait avec ardeur la solution des grands problèmes sociaux que 1789 avait soulevés, que 1830 avait laissés de côté et que 18Zi8 devait soudainement remettre en question.
Eugène Sue voulut connaître à fond cette société qui réclamait si impérieusement des réformes; il l’étudia jusque dans ses bas-fonds, et se mit à composer des romans socialistes : /es Mystères de Paris (1842), le Juif errant (IS/iâ), Martin ou V Enfant trouvé (18Zi7), les Sept Péchés capitaux (18Zi8), les Mystères du peuple on Histoire d’une famille de prolétaires à travers les âges (18â9).
Ces ouvrages, dans lesquels l’auteur réussit à attirer l’attention des penseurs sur les questions sociales dont la solution s’impose au monde moderne, augmentèrent encore sa popularité.
Conduit à la politique active par la propagande révolutionnaire, Eugène Sue fut élu représentant à l’Assemblée législative le 28 avril 1850, et siégea à la Montagne.
Deux ans après, le coup d’État le chassa de France.
Il alla s’installer à Annecy, dans une modeste habitation appelée les Barattes, dans laquelle il expira le 3 juillet 1857.
Sentant la mort prochaine, il dit à Charras^ son compagnon de lutte, exilé comme lui et qui veillait à son chevet : « Mon ami, je désire mourir comme j’ai vécu, en libre penseur. »
Sa dernière volonté fut exécutée.
La famille d’Eugène Sue voulut s’opposer à son inhumation en Savoie; mais elle dut céder au vœu de toute la population d’Annecy et des environs. C’est ainsi que l’auteur des Mystères de Paris fut enterré à Annecy et que la Savoie a pu conserver les restes de l’homme à qui elle avait voué un véritable culte.
SUE (Joseph-Marie, dit Eugène)