FONDATEUR DES ORPHÉONS
Guillaume-Louis Bocquillon, plus connu sous son surnom de Wilhem, est né à Paris en 1781.
Son père, officier dans l’armée royale, exigea que son fils suivît, comme lui, la carrière des armes et, dans ce but, il le fit entrer en 1795 à l’École fondée à Liancourt, par décret de la Convention, pour les fils d’officiers défenseurs de la patrie.
C’est là que se révéla la vocation du jeune Wilhem pour la musique. Ayant entendu un enfant chanter à l’Église une mélodie de Gossec, il voulut devenir un musicien.
Malheureusement, dans cette petite ville de province, les professeurs faisaient défaut; seul, un ancien soldat, qui avait quelques notions de musique, enseignait la clarinette, le cor et le basson.
Wilhem alla le trouver un jour, et lui fit part d’un projet qu’il avait d’organiser une musique militaire à l’École.
Le brave homme recruta quelques élèves et leur distribua des instruments dont il leur apprit l’usage; mais il manquait une flûte pour compléter un ensemble satisfaisant.
« Qu’à cela ne tienne, dit Wilhem, je jouerai de la flûte!
— Mais je ne saurais vous l’enseigner, c’est peut-être le seul instrument de musique que j’ignore, objecte le vieux mélomane!
— Je l’apprendrai donc tout seul, riposte le jeune homme. »
Aidé d’une vieille méthode, Wilhem s’exerça sur la flûte et ne
tarda pas à en jouer d’une façon plus que satisfaisante.
Mais là ne s’arrêtait pas son ambition, il voulut composer.
Pour arriver à son but, il étudia seul l’harmonie, qu’il découvrit, pour ainsi dire, en analysant, à sa manière, les ouvrages de musique qui lui tombaient sous la main.
Bientôt, malgré la mauvaise volonté de son père, alors commandant de la citadelle de Perpignan, qui refusa de l’aider en aucune façon, ce jeune homme, presque un enfant, qui était parvenu, sans maître, à concevoir ainsi la musique, trouva des protecteurs qui lui obtinrent une pension de 600 francs et le firent entrer au Conservatoire où il remporta les plus grands succès.
Malheureusement, la pension qui lui avait été accordée n’ayant pas été payée, Wilhem, se trouvant sans ressources, dut, pour continuer ses études musicales, donner des leçons de mathématiques et de grammaire.
Cependant il ne tarda à se faire un nom en écrivant la musique de nombreuses romances et de plusieurs chansons de Béranger dont il fut l’ami.
Enfin, en 1833, après des tribulations sans nombre, il réussit à faire adopter dans l’enseignement mutuel, alors à son berceau, une simple et ingénieuse méthode qu'il avait créée pour l’enseignement du chant dans les écoles primaires.
A la fin de cette année, il réunit les groupes qu’il avait instruits séparément, afin d’avoir un ensemble d’exécutants, et il donna à cette réunion le nom d'orphéon.
Depuis lors, on désigne ainsi un ensemble de choristes qui exécutent des chants sans aucun accompagnement instrumental.
Wilhem, atteint d’une fluxion de poitrine, mourut le 26 avril 1842. Son oeuvre est restée; elle est immortelle.
WILHEM (Guillaume-Louis BOCQUILLON, dit)
FONDATEUR DES ORPHEONS