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PAMPHLÉTAIRE

Paul-Louis Courier naquit à Paris le h janvier 1772. Élevé au domaine de Méré, par un père instruit qui lui enseigna les langues anciennes, il acquit une érudition précoce. Destiné à servir dans le génie, il revint à Paris pour étudier les mathématiques, mais il ne négligea pas ses études littéraires et fit de rapides progrès dans le grec sous la direction de Yauvilliers, professeur au Collège de France.

En 1791, il entra à l’école d’artillerie de Châlons, d’où il sortit en 1793 comme lieutenant. Il prit part à quelques campagnes en Allemagne et en Italie jusqu’en 1809, époque à laquelle il quitta le service pour jouir de son indépendance et se livrer aux lettres; il était alors chef d'escadron. Naturellement brave, il avait fait, avec plus de vaillance que de régularité, son devoir de soldat; entraîné sans cesse par sa passion pour les lettres, plus d’une fols il s’était échappé pour faire des recherches dans les bibliothèques.

En 1810, il était à Florence, se livrant à ses études favorites, quand le hasard lui fit retrouver dans un manuscrit que possédait la bibliothèque de San-Lorenzo une partie de Daphnis et Cliloé^ le roman célèbre de Longus, qui manquait dans toutes les éditions connues de cet ouvrage. Courier se mit à copier avec ardeur tout le morceau inédit qu’il avait découvert. La même année, il fit paraître, à Rome, la première édition complète du texte grec de Longus, et, à Florence, la réimpression de la traduction française qu’Amyot en avait donnée vers 15/i6, et que Courier avait corrigée et complétée très habilement dans le style du xvi® siècle.

En même temps, une dispute avec del Furia, le bibliothécaire de Florence, au sujet d’une tache d’encre qu’il avait faite dans le manuscrit de Longus sur le fragment retrouvé par lui, révéla son vigoureux talent de polémiste. Peu après il publia, à Paris en 1813, une remarquable édition des Traités sur la cavalerie de Xénophon avec une traduction française et des notes.

La chute de l’Empire ouvrit à Courier une nouvelle carrière. Marié en 181Zi, à la fille de l’helléniste Clavier et établi à la Chavonnière près de Tours, il lança de là des pamphlets politiques dans lesquels, se donnant le titre de canonnier à cheval ou de vigneron, il combattit avec Parme du ridicule, dans le style le plus caustique, les mesures rétrogrades de la Restauration. On lui fit plusieurs procès et il fut emprisonné à Sainte-Pélagie; mais il n’en devint que plus ardent à la lutte et publia de nombreux pamphlets pleins d’esprit mordant et de verve satirique, dont les plus célèbres sont : Pétition aux deux Chambres contre les excès de la réaction religieuse dans les campagnes (1816); — Simple discours de Paul- Louis (1821); — Pétition à la Chambre des députés pour des villageois que Von empêche de danser (1822), etc.

Le dernier écrit politique de Paul-Louis Courier fut le Pamphlet des Pamphlets^ qui est, au jugement d’Armand Carrel, ce que l’on peut citer, dans notre langue, de plus achevé comme goût et de plus merveilleux comme art.

L’écrivain y venge le pamphlet du mépris d’un certain monde et évoque, avec un orgueil légitime, ses glorieux ancêtres : Démcsthène, Pasquier, Cicéron, Franklin, etc.

Le 10 avril 1825, il tombait, dans son bois de Larçay, mortellement frappé d’un coup de fusil tiré par un de ses gardes.

Paul-Louis COURIER

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