‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 12 sur 142 · MÉDECIN. — BOTANISTE · texte numérisé non relu

MÉDECIN. — BOTANISTE

Fagon naquit le 11 mai 1638, au Jardin des Plantes de Paris, dont Guy de la Brosse, son oncle, était le fondateur et l’intendant.

« Les premiers objets qui s’offrirent à ses yeux, dit Fontenelle, furent des plantes; les premiers mots qu’il bégaya furent des noms de plantes : la langue de la botanique fut sa langue maternelle. »

Après la mort de son père, en 16Zi9, le jeune Fagon fut placé au collège Sainte-Barbe. Il y fit d’excellentes études, puis se voua spécialement à la médecine. En 1663, il soutint, pour son doctorat, une thèse sur la circulation du sang qui n’était encore regardée que comme une hypothèse ingénieuse. A peine reçu docteur, Fagon obtint la chaire de botanique et celle de chimie au Jardin des Plantes dont il devint, plus tard, le surintendant.

Il fit, dans le but d’enrichir cet établissement, des excursions botaniques en Auvergne, en Provence, sur les Alpes, les Pyrénées, les Gévennes et sur les côtes de France, où il recueillit une abondante moisson. Le catalogue publié en 1665, sous le titre d'Hortus regius, est précédé d’un petit poème latin qui ne manque pas d’élégance et dont Fagon est l’auteur.

Dans une excursion aux Pyrénées, ayant découvert Barèges, il l’indiqua à de Maintenon qui s’y rendit pour la santé du duc du Maine. Il fut, en outre, un des premiers à reconnaître l’efficacité du quinquina, et publia une brochure sur l’emploi de ce médicament contre les fièvres.

Successivement médecin de la reine Anne d’Autriche, puis des enfants de France, il fut appelé, en 1693, à exercer la charge de premier médecin du roi, et nommé membre honoraire de l’Académie des sciences en 1699.

D’un caractère bon et dévoué, Fagon se signala par de nombreux actes de bienfaisance ; tous les moments de loisir dont ses travaux et ses emplois lui permirent de disposer, il les consacra à l’exercice gratuit de sa profession.

Il diminua considérablement les produits de sa charge; fit supprimer la Chambre royale des universités provinciales; confirma, étendit même les droits de la Faculté de médecine de Paris, et poursuivit avec une louable sévérité les charlatans et les empiriques.

Un des plus beaux titres de gloire pour Fagon est d’avoir non seulement aimé, mais recherché et protégé les savants et les artistes. Ce fut sur sa recommandation que Louis XIV chargea d’explorations scientifiques, dans les différentes parties du monde, les célèbres botanistes Plumier, Feuillée et Tournefort.

Fagon donna surtout à ce dernier les témoignages les plus éclatants d’une haute considération; il l’appela d’Aix à Paris et lui procura la chaire de botanique au Jardin du roi. Le célèbre naturaliste témoigna dignement sa reconnaissance à son Mécène en lui consacrant, sous le nom de Fago7iia, un genre de plantes rosacées dont la plupart des espèces sont originaires du Levant.

Tant que vécut Louis XIV, son vieux médecin fut fidèle au poste de confiance qu’il lui avait donné auprès de sa personne ; quand le roi mourut (1715), Fagon se retira de la cour et se confina dans le Jardin des Plantes dont il avait la surintendance.

Fagon était d’une constitution très délicate; faible depuis longtemps, sinon tout à fait malade, il y végéta plus qu’il n’y vécut pendant environ trois ans. Enfin, vaincu par l’âge, il mourut le 11 mars 1718.

FAGON (Guy-Crescent)

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