STATUE DE M. F. RICHARD
FAÇADE SUR LA RUE DE RIVOLI
Pavillon de droite. — Deuxième étage (en retour).
COROT (Jean-Baptiste-Gamille)
PEINTRE
Jean-Baptiste-Camille Corot naquit à Paris le 29 juillet 1796.
Fils d’un négociant qui avait acquis une certaine fortune dans le commerce des nouveautés et des modes, Corot fut envoyé en 1806 au lycée de Rouen où il resta jusqu’en 1813.
De retour à Paris, il fut placé, à son grand regret, chez un marchand de draps, car, bien qu’il eût déjà crayonné quelques dessins naïfs et qu’il fût singulièrement touché des spectacles de la nature, il dut obéir aux exigences d’une famille qui, sans dédaigner absolument les arts, avait des préférences marquées pour les affaires.
Cette phase de la vie commerciale de Corot dura jusqu’en 1820.
C’est alors qu’ayant obtenu, non sans peine, la permission de se faire peintre, il aborda résolument l’étude du paysage.
Après avoir été élève des peintres Michallon et V. Bertin, il alla étudier seul, plusieurs années, en Italie.
Dès 1827, Corot se fit connaître par des compositions où l’on remarque un vif sentiment poétique, et parmi lesquelles on distingue surtout ses paysages.
Néanmoins, pendant longtemps, le talent de ce peintre fut beaucoup discuté et ses toiles charmantes n’eurent tout d’abord qu’un succès médiocre.
Un jour vint, toutefois, où ses crépuscules vaporeux et ses matins humides de rosée s’imposèrent à l’admiration du public.
Laborieux autant qu’on peut l’être, simple dans ses goûts, Corot était généreux jusqu’à la prodigalité.
« Prompt et ingénieux à faire le bien, dit Ch. Blanc, il avait pour cela des stratagèmes qu’invente seule l’industrie du cœur. 11 feignait parfois de trouver sublime le tableau d’un camarade malheureux et de l’acheter par entraînement, afin de cacher une assistance généreuse sous la forme d’une admiration qui relevait le moral. Il faisait des pensions qu’il croyait secrètes. Il alla jusqu’à payer une maison de campagne à un dessinateur de génie.
« Grand et fort, Corot était taillé comme un hercule. A le voir vêtu d’une blouse, coiffé d’un bonnet de coton, on l’eût pris pour un roulier bon enfant qui aurait fait de son fouet un appui-main.
« Plus vieux de vingt ans que tous les paysagistes en renom, il avait, parmi la jeunesse, ce double privilège de lui parler sa langue familière et de garder, avec cela, l’autorité de l’âge. 11 était aimé comme un camarade et respecté comme un maître. »
Parmi les nombreuses toiles remarquables dues à son poétique pinceau, on doit citer : Une matinée, une Vue du Forum et mie Vue du Colisée actuellement au Louvre, le Christ au Jardin des Oliviers (musée deLangres), Site d'Italie (Avignon), Soleil couchant (Marseille), les Baigneuses (Bordeaux), Souvenir de Ville-d'Avray, Solitude, Un soir et la Danse des Nymphes, son chef-d’œuvre.
La mort surprit Corot le f)inceau à la main, le 22 février 1875, dans sa quatre-vingtième année.
Décoré de la Légion d’honneur en 18û6, il avait été promu officier en 1867.
Un monument lui a été élevé, par souscription publique, à Villed’Avray.
COROT (Jean-Baptiste-Camille)
PEINTRE