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STATUE DE M. BAYARD DE LA VINGTRIE

COUR DU NORD

Façade est. — Rez-ie-chaussée.

HOTMAN (François)

JURISCONSULTE

FrançoisHotman (ou mieux Hotoman) naquit àParis le 23 août 152Zi. Sa famille, originaire de Silésie, était établie en France depuis le règne de Louis XL Son aïeul, Lambert Hotman, né à Emmerick au pays de Clèves, était venu se mettre au service de ce prince à la suite d’Engilbert de Clèves qui fut le premier duc de Nevers.

Cette famille était si riche qu’un de ses membres fournit des sommes considérables pour la rançon du roi François

FrançoisHotman était le fils aîné du dernier des dix-huit enfants de Lambert.

A peine âgé de quinze ans, ayant déjà terminé ses humanités, il fut envoyé à l’Université d'Orléans pour étudier la jurisprudence. Trois ans après, il était docteur en droit.

Son père, conseiller au Parlement de Paris, voyant déjà en lui son successeur, voulait, comme c’était l’usage, pour le conduire sûrerement et dignement à cette charge, le faire passer par le barreau.

Mais l’esprit du jeune savant répugnait aux subtilités de la procédure, et il se voua à l’enseignement.

On commençait alors à poursuivre les protestants. Le jeune professeur fut révolté des rigueurs déployées contre les réformés, qu’on envoyait à la mort presque sans jugement. Il embrassa avec ardeur les nouvelles doctrines, quitta Paris, et se retira à Lyon en 15à7.

Son père, irrité de son changement de religion, lui refusa toute espèce de secours, et il se vit obligé, pour subsister, d’aller enseigner les humanités à Lausanne, puis le droit à Strasbourg.

C’est à cette époque qu’Hotman se lia avec Calvin qu’il accompagna au Synode de Francfort (1556).

Sa réputation fut telle, que la reine Élisabeth lui fit faire les offres les plus brillantes pour l’attirer à Oxford; il refusa, ne voulant pas quitter le continent où il s’occupait activement d’organiser la Réforme.

Mais il ne put résister aux pressantes instances du roi de Navarre qui l’appelait à sa cour. Chargé par ce prince de missions délicates, il s’en acquitta avec succès, et fut récompensé de son zèle par le titre de maître des requêtes.

Ce fut vers la même époque qu’Hotman entreprit deux voyages en Allemagne, par ordre de Catherine de Médicis qui faisait également servir à ses vues protestants et catholiques.

Rentré en France en 1561, il professa le droit à Valence, puis à Bourges, jusqu’à la Saint-Barthélemy (1572).

Informé quelques jours auparavant que l’amiral Coligny avait été blessé en sortant du Louvre, Hotman ne douta pas que cet attentat ne couvrît des projets sinistres; il se tint caché et, après l’horrible massacre des protestants, il se hâta de fuir la France, résolu à n’y plus rentrer.

Après avoir habité Genève, il se retira à Bâle, où, atteint d’hydropisie, il mourut dans la misère, le 15 février 1590, à l’âge de soixantesix ans.

Hotman fut un des hommes les plus instruits et les plus éminents de son époque; dans les nombreux ouvrages qu’il a écrits, il affirme de la façon la plus nette des sentiments libéraux qui honorent son caractère.

HOTMAN (François)

JURISCONSULTE

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