‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 13 sur 142 · CARDINAL. — PREMIER MINISTRE DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

CARDINAL. — PREMIER MINISTRE DE LOUIS XIII

Richelieu naquit à Paris le 9 septembre 1585. Il était fils de François du Plessis, seigneur de Richelieu, capitaine des gardes du roi Henri IV. Il fut d’abord destiné à la carrière des armes, puis reçut les ordres et fut sacré, en 1607, évêque de Luçon, n’ayant que vingt-deux ans. Député aux États généraux en 161Zi, par le clergé du Poitou, il s’y fit remarquer, sut plaire au maréchal d’Ancre, qui disposait de tout, et à Marie de Médicis, alors régente, qui le fit son aumônier, puis secrétaire d’Etat pour l’intérieur et la guerre (1616).

Cinq mois après, le 2/i avril 1617, à la suite de l’assassinat du maréchal d’Ancre, il fut exilé de la cour en même temps que la reine; mais il ne tarda pas à se rapprocher du roi.

Chargé de négocier un accommodement entre la mère et le fils, il réussit dans cette mission délicate et fit conclure les traités d’Angoulême en 1620 et d’Angers en 1621. La reine-mère, rentrée en grâce à la mort du connétable de Luynes, récompensa Richelieu en lui faisant donner le chapeau de cardinal (1623). L’année suivante, il entra au conseil et fut bientôt nommé premier ministre. Il joignit à ce titre celui de surintendant du commerce et de la navigation.

Arrivé au souverain pouvoir, Richelieu poursuivit avec une volonté inébranlable la réalisation de trois grandes entreprises : détruire la puissance politique du protestantisme en France, abattre l’orgueil de la noblesse et abaisser la maison d’Autriche.

Dirigeant d’abord ses efforts contre les protestants, il leur reprit, en 1626, l’île de Ré, leur enleva, en 1628, leur dernière place forte, la Rochelle, en fermant le port par un môle gigantesque, et anéantit leur puissance par la paix d’Alais et l’édit de Nantes (1629).

Dans le même temps, il assurait au duc de Nevers le duché de Mantoue et de Montferrat, en forçant le Pas de Suse (1629), s’emparait des Etats du duc de Savoie (1630), et se préparait à combattre l’Autriche. Prenant part, dans ce but, à la guerre de Trente ans, il prépara la prépondérance de la France, qu’assurèrent, après sa mort les traités de Westphalie (16Zi8) et des Pyrénées (1659).

Ce qui coûta le plus de peine à Richelieu, ce furent ses luttes contre les grands ; il eut à déjouer mille cabales, et compta parmi ses principaux adversaires la reine-mère, Marie de Médicis, devenue jalouse de l’ascendant qu’il exerçait sur le roi, la reine régnante, Anne d’Autriche, le frère du roi, Gaston d’Orléans, le duc de Bouillon, le comte de Soissons et tous les favoris de Louis XIII.

Un jour, tous ses ennemis conjurés avaient déterminé le roi à l’éloigner; mais, averti à temps, le cardinal court à Versailles et regagne la confiance de Louis XIII. A la suite de cette journée (il novembre 1630), qui fut appelée la Journée des dupes, Richelieu se vengea avec une excessive rigueur. Il exila la reine-mère, réduisit à la soumission Gaston d'Orléans qui avait pris les armes; livra au comte de Soissons et àu duc de Bouillon, ligués avec l’Autriche, la bataille de Marfée (1641), où le comte trouva la mort; fit trancher la tête à Cinq- Mars et à de Thou, convaincus d’avoir tenté un traité avec l’Espagne.

Il favorisa les lettres et créa l’Académie française en 1635; il a laissé quelques écrits théologiques et des Mémoires fort curieux; mais ses essais dramatiques, Mirame et la Grande Pastorale, sont des plus médiocres.

Richelieu mourut le 4 décembre 1642, à l’âge de cinquante-huit ans, dans le Palais-Cardinal, — aujourd’hui le Palais-Royal, — qu’il avait fait construire pour lui et qu’il légua au roi par testament.

RICHELIEU (Armand-Jean du Plessis, duc de)

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