‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 121 sur 142 · ARCHITECTE. — ARCHÉOLOGUE · texte numérisé non relu

ARCHITECTE. — ARCHÉOLOGUE

Jean-Baptiste-Antoine Lassus naquit à Paris le 19 mars 1807.

Il commença à étudier l’architecture avec Hippoiyle Lebas et H. Labrouste, puis entra en 1828 à l’Ecole des beaux-arts, d’où il sortit en 1830 pour donner à ses études une direction toute personnelle.

Fanatique du style ogival auquel il resta fidèle toute sa vie, il lutta contre la réaction classique et se montra archéologue distingué.

« L’architecture grecque, disait-il, ne convient ni à notre religion ni à notre climat, nos matériaux mêmes y sont impropres. »

En 1833, Lassus exposa au Salon une étude sur le Pavillon de l’Horloge du palais des Tuileries qu’il restitua tel qu’il avait dû sortir des mains de Philibert de l’Orme.

En 1837, il ajouta à la façade de l’église Saint-Séverin la porte de l’église Saint-Pierre-aux-Bœufs que l’on venait de démolir, et, en 1838, conduisit les travaux de restauration de l’église Saint-Germainl’Auxerrois.

En 1839, Lassus fut adjoint à l’architecte Duban en qualité d’inspecteur pour la restauration de la Sainte-Chapelle à Paris; mais en 18Zi9, Duban ayant donné sa démission d’architecte en chef, Lassus fut appelé à lui succéder.

Il continua les travaux commencés, parvint à isoler l’édifice du côté du sud, et éleva la flèche en répartissant habilement le poids de la charpente sur tous les contreforts.

En 18Zi5, à la suite d’un concours, il obtint, avec Viollet-le-Duc, la restauration de Notre-Dame; mais son collaborateur fut seul assez heureux pour mener à bonne fin ce grand travail.

Nommé inspecteur des édifices religieux de la Seine, Lassus eut en outre l’inspection des départements de la Sarthe et de Eure-et- Loir.

Il a restauré le clocher de la cathédrale de Chartres, la nef de celle de Moulins, l’église de Notre-Dame de Châlons-sur-Marne, etc.

Ses travaux les plus remarquables en dehors de ceux mentionnés plus haut sont : l’église paroissiale de Belleville, le dôme de l’église du couvent de la Visitation à Paris et l’église Saint-Pierre de Dijon.

On lui doit aussi la restauration de l’église de Saint-Aignan (Loiret-Cher), une galerie, des stalles et une chaire pour le couvent des Oiseaux, à Paris.

Parmi les constructions civiles qu’il éleva dans cette dernière ville, on peut citer l’hôtel Soltykoff, avenue Montaigne (18/i8), et une maison rue Taitbout, à l'angle de la rue de Provence.

Enfin, Lassus a}^ant été chargé par le ministère de l’instruction publique de faire la monographie de la cathédrale de Chartres, dessina, releva et cota ce beau monument jusque dans ses moindres détails.

On a en outre de lui, comme écrivain, une série d’articles dans les Annales archéologiques et un écrit iniéressant intitulé : Réaction de V Académie des beaux-arts contre Vart gothique.

Atteint d’une maladie de foie qu’il eut le tort de laisser s’aggraver, Lassus, qui était allé à Vichy pour y chercher la santé, y trouva la mort le 15 juillet 1857.

LABROUSTE (Pierre- Fr angots-Henrt)

ARCHITECTE

Pierre-François-Henri Labrouste naquit à Paris le 11 mai 1801.

Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, il reçut les leçons des célèbres architectes Vaudoyer et Hippolyte Lebas.

Admis à l’Ecole des beaux-arts le 23 novembre 1818, il remporta, en 182Zi, le premier grand prix sur un projet de Cour de cnsuiiion médaillon de m. mathieu-meusnier Pendant son séjour à Rome, il

Cour du nord. — Façade ouest envoya à Paris des dessins remar- (pi- étage). quables du Te?nple de Neptune à

Pæstum.

De retour à Paris en 1829, Labrouste surveilla comme inspecteur, sous les ordres du savant architecte Duban, les travaux du Palais des beaux-arts à Paris, et prit une part très grande à cette construction dont le côté pittoresque et original passe pour lui appartenir tout entier.

En 1837, il fut appelé à construire l’hospice de Lausanne.

En 18/i0, il fut chargé de l’organisation des funérailles de Napoléon, ramené en France sur la frégate la Belle-Poule.

Cette cérémonie fut accompagnée, par les soins de Labrouste, d’un appareil architectural exécuté en charpente, en peinture et en maçonnerie temporaire, qui avait un aspect plutôt triomphal que funèbre.

Il avait même été placé sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile un groupe colossal représentant Napoléon debout devant son trône, entre le génie de la Guerre et celui de la Paix.

De 18/i3 à 18/j9, il bâtit la nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève, où il a employé avec bonheur les charpentes en fer.

Il a construit encore la prison cellulaire d’Alexandrie, le petit collège Sainte-Barbe à Fontenay- aux-Roses et le grand séminaire de Rennes.

En 18Ù8, il dirigea, avec Duc, la cérémonie des funérailles des victimes de l’insurrection de juin.

Chevalier de la Légion d’honneur en 18Zil, il fut promu au grade d’officier de cet ordre en 1852.

Membre de la Commission des Monumænts historiques du Conseil des bâtiments civils et du jury des beaux-arts, vice-président de la Société des architectes, Labrouste fut nommé membre de l’Institut le 23 novembre 1867.

C’est lui qui, à la mort de Visconti, termina la construction de la Bibliothèque nationale de la rue de Richelieu.

Labrouste fut, en outre, architecte diocésain du département de l’Ille-et-Vilaine.

Parmi ses travaux d’architecture privée, on remarque l’hôtel Fould et plusieurs tombeaux dans les cimetières de Paris.

11 mourut à l’âge de soixante-quatorze ans, le 26 juin 1875, à Fontainebleau.

Son frère, Alexandre-Pierre-Victor Labrouste, fut directeur du collège Sainte-Barbe et membre du Conseil supérieur de l’instruction publique.

THOUIN (André)

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