‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 122 sur 142 · BOTANISTE · texte numérisé non relu

BOTANISTE

André Thouin naquit à Paris en 17Zi7. Fils d’un jardinier du Jardin des Plantes, il fut élevé dans cet établissement.

Encouragé dans ses études par Buffon et Bernard de Jussieu, Thouin devint jardinier en chef en 176/i.

A partir de ce moment, Thouin ne s’occupa plus que d’agrandir, d’améliorer et d’enrichir de plantes noumédaillon de ai. aiathieu-aieusnier. ygHeg jg jardin confié à ses soins.

Cour du nord. — Façade ouest agrandit l’Ecole botanique du

(P*- étage). Jardin des Plante^ et le jardin lui-

même, et s’occupa d’acclimater en

France les plantes exotiques.

En 178/1, Thouin devint membre de la Société d’agriculture et de l’Académie des sciences en 1786.

Il acquit par ses travaux, l’estime des hommes les plus éminents, notamment de Linné, de Jean-Jacques Rousseau et de Malesherbes.

Devenu le centre d’une correspondance qui s’étendait dans toutes les parties du monde, il ne cessa, pendant un demi-siècle, de provoquer, entre les divers pays^ l’échange de leurs richesses végétales. Son nom était connu partout où existait une culture nouvelle. ^

De 1790 à 1792, Thouin fit partie du conseil général du -département de la Seine.

En 1793, il devint professeur-administrateur du Muséum d’histoire naturelle, où il fit un cours de culture et de naturalisation de végétaux exotiques.

L’année suivante, et en 1796, il fut chargé de se rendre en Hollande et en Italie, pour y recueillir ce qui pouvait intéresser l’agriculture et préparer ses progrès.

Il remplit ces missions de façon à mériter une médaille d’or à titre de récompense nationale (1798).

Lors de la réorganisation de l’Institut, Thouin fît partie des membres chargés de compléter ce corps savant.

En 1806, il obtint la création d’une Ecole d’agriculture pratique, où il fit un cours extrêmement suivi.

Il est un des premiers qui se soient occupés de. physiologie végétale et il a formé de très habiles pépiniéristes.

Thouin, qui, dès l’âge de dix-sept ans, s’était trouvé, à la mort de son père, chef d’une nombreuse famille, resta célibataire et éleva ses frères et ses sœurs avec lesquels il vécut, simplement, dans un modeste appartement du Jardin des Plantes, où vinrent se réunir les savants et les voyageurs les plus renommés.

On a de lui plusieurs ouvrages : Essai sur l'économie rurale '1805); Monographie des greffes (1821); Cours d'agricidlure et naturalisation des végétaux (1827); et un grand nombre de Mémoires.

Il mourut à Paris en 1823, à l’âge de soixante-seize ans.

Son frère, Gabriel Thouin, s’est fait également un nom dans l’art du jardinier-fleuriste et décorateur.

COYPEL (Noël)

PEINTRE

Noël Coypel naquit à Paris le 25 décembre 1628. Son père, Guyon Goypel, après avoir longtemps habité la capitale, alla se fixer à Orléans, où, ayant remarqué les rares dispositions du jeune Noël pour la peinture, il le fit entrer dans Tatelier d’un peintre nommé Poncet, ancien élève de Vouet.

Poncet, qui souffrait de la goutte, était hors d’état de s’occuper de son élève; il l’employa uniquement aux soins de ses affaires.

Coypel, déjà fort épris de l’art dans lequel il devait se rendre célèbre, travaillait la nuit pour réparer le temps perdu ainsi pour ses études.

Fatigué du métier de factotum que lui imposait ce singulier maître, le jeune homme, qui avait alors quatorze ans, prit, un beau matin, le chemin de Paris.

A son arrivée dans la capitale, errant par les rues, le hasard, dit un contemporain, « le fit entrer dans l’église des Jacobins de la rue Saint-Honoré, où Quillerier peignait la chapelle de Saint-Hyacinthe. L’attention du jeune homme à regarder cet ouvrage fut remarquée par le peintre, qui le questionna et lui présenta le pinceau : Noël Coypel le prit, fit connaître son mérite naissant, et Quillerier l’occupa pendant quelque tnmps. »

Ses progrès furent rapides, et, quoiqu’il n’eût que dix-huit ans, on l’employa, en 16Zi6, aux décorations qu’on préparait pour l’opéra (VOrpfiée.

Charles Errard, chargé des travaux de peinture qui s’exécutaient au Louvre, se servit de l’aide de Coypel, et, depuis lors, celui-ci eut toujours sa part dans les commandes faites par le roi.

Ce fut donc sans maître, on peut le dire, que Coypel fit ses premières études et ses premiers progrès; les seules leçons qu’il reçut, il les puisa lui-même dans la contemplation des tableaux de Nicolas Poussin.

H fit, en 1665, plusieurs tableaux au Louvre, dans l’oratoire et dans la chambre du roi ; il orna aussi de ses ouvrages, l’appartement du cardinal Mazarin; ce fut lui encore qui, au temps du mariage de Louis XIV, peignit dans le môme palais tous les plafonds de l’appartement de la reine, ceux de la salle des macliines du palais des Tuileries, plusieurs compositions dans l’appartement de la reinemère aux Tuileries, etc.

En 1661, il peignit le tableau votif que la corporation des orfèvres offrait, au mois de mai, à l’église de Notre-Dame. Cet

médaillon de M. Mathieu-Meusnier Cour du sud. — Façade ouest (1er étage).

ouvrage représentait Saint Jacques le Majeur convertissant son accusateur qui le conduit au supplice.

Coypel fut reçu en 1663 à l’Académie royale de peinture; son tableau de réception représentait la Mort d'Ahel. Ce tableau, qui fut généralement admiré, est actuellement au musée du Louvre.

En 1672, le roi, après lui avoir donné un logement au Louvre, nomma Coypel directeur de l’Académie de Rome. Pendant son directoriat, il peignit quatre tableaux qui firent longtemps l’ornement de la salle des gardes à Versailles et qui figurent aujourd’hui au Louvre. Ce sont les suivants : Solon, Ptolé?née Philadelphe, Trajan, Alexandre Sévère.

Après trois ans de séjour à Rome, il revint en France et reprit les travaux qu’il avait commencés pour le roi.

Beaucoup de tapisseries des Gobelins ont été exécutées d’après les cartons qu’il fit à cette époque.

Après la mort de Mignard, Louis XIV nomma, le 13 août 1695, Coypel directeur perpétuel de l’Académie, avec une pension de mille écus.

Enfin, à l’âge de soixante-sept ans, il entreprit les peintures à fresque qui sont au-dessus du maître-autel de l’église des Invalides et qui représentent une Assomption de la Vierge.

Ce pénible ouvrage lui causa une longue maladie, dont il mourut le 2lx décembre 1707.

La nature de son talent lui a fait donner le surnom de Coypel- Poussin.

Les indications sont données de gauche a droite»

COUR DU SUD

NOTICE

Cette cour ouvrant, comme la précédente, sur la place de l’Hôtel-de-Ville, d’où on y accède également par un guichet semblable à celui décrit précédemment, et dont les niches supportent des statues en bronze de hérauts d’armes et d’officiers de ville des xvi® et xvii® siècles L présente des dispositions architectoniques identiques à celles de la cour du Nord.

Néanmoins elle offre quelques différences de détail intéressantes à noter.

Ainsi la façade décrite au nord dans la première cour se trouve transportée au sud avec l’escalier en tourelle qui en forme l’angle du côté sud, et, par contre, la façade décrite au Sud devient, ici, la façade Nord. Il en est de môme des façades Est et Ouest.

Les quatre arcades à rez-de-chaussée de la face du côté de la place de l’Hôtel-de-Ville (façade Est), au lieu d’être ouvertes, comme dans l’autre cour, sont fermées par des châssis vitrés s’élevant sur un soubassement en fer formant allège .

Les bas-reliefs en pierre qui figurent à rez-de-chaussée dans les tympans des arcades aveugles de cette cour sont : VÉté et le Printemps, compositions allégoriques de M. Longepied.

1. Héraut d*armes du XVP siècle de M. Cordonnier, sergent du parloir aux bourgeois XVI^ siècle de M. L. Morice. — Héraut d'armes du XV W siècle de M. Guilbert. — Officier de ville du XVIP siècle de M. Cariés.

COUR DU SUD

TRUDAINE (Daniel-Charles)

FONDATEUR DE l’ÉCOLE DES PONTS ET CHAUSSÉES

Daniel-Charles Trudaine naquit à Paris le 3 janvier 1703.

Son père, Charles Trudaine, magistrat d’une probité rigide, était prévôt des marchands lorsque Law proposa une opération sur les rentes dues par le Domaine à la ville de Paris; il crut ne pas devoir s’y prêter, et fut disgracié de ses fonctions de Prévôt des marchands par le Régent qui, en le destituant, lui conserva son estime et lui dit : « Nous vous avons ôté votre place, parce que vous êtes trop honnête homme. »

Ce trait nous montre sous son jour le plus défavorable, cette étrange régence du duc d’Orléans, époque bizarre où se coudoient les plus bas scandales et les plus grandes choses : d’un côté, une corruption déplorable, un agiotage effréné, l’abaissement des caractères, la fortune honteuse d'hommes perdus comme le cardinal Dubois; de l’autre, une heureuse révolution économique et sociale, l’instruction gratuite, l’éclosion d’arts nouveaux, l’éveil de l’esprit philosophique moderne et enfin la circulation de province à province que la France doit au fils de cet homme intègre, à Daniel Trudaine, dont nous retraçons ici la vie.

Après avoir été successivement conseiller au Parlement, intendant d’Auvergne et intendant général desFinances, Daniel-Charles Trudaine fut nommé directeur des ponts et chaussées.

Dans le but de réparer les désastres dont se ressentait encore le pays à la suite des revers qui signalèrent la fin du règne de Louis XIV, le gouvernement de la Régence ayant résolu de rétablir en France l’agriculture, l’industrie et le commerce, Trudaine conçut le gigantesque projet de couvrir le territoire du royaume d’un réseau de voies de communication de 12,000 lieues.

Il forma, alors, une école d’ingénieurs d’où sont sortis tant d’hommes habiles qui ont commencé, sous sa direction, la construction de ces superbes routes départementales qui rendirent les communications si faciles dans toute l’étendue de la France.

Les ponts d’Orléans, de Moulins, de Tours, de Saumur, les projets et les premières fondations du pont de Neuilly sont les résultats du zèle qu’il déploya dans cette grandiose entreprise.

Dans les diverses fonctions qui lui furent confiées, Trudaine se montra administrateur habile, intègre, économe et ferme.

Il rendit les plus grands services à l’Etat, notamment en s’efforçant de favoriser l’industrie pour laquelle il ne cessa de réclamer les plus grandes libertés.

Trudaine fut membre de l’Académie des sciences.

Il miourut à Paris le 19 janvier 1769.

Tandis qu’il souffrait de la maladie qui devait l’emporter, son fils, qui lui succéda dans l’intendance des Finances, l’informait un jour de l’intérêt universel que l’on prenait à son état de santé et de la considération dont il jouissait.

— Eh bien, mon fils, lui dit Trudaine, je te lègue tout cela.

La fortune n’est pas, en effet, le premier des biens dont on puisse hériter, et les avantages qu’elle donne ne valent pas, dans la vie, ceux que procure le culte des vertus.

TRUDAINE (Daniel-Charles)

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