STATUE DE M. A. PARIS
COUR DU SUD
Façade est (à droite).
LARGILLIÈRE (Nicolas de)
PEINTRE
Nicolas de Largillière naquit à Paris le 10 octobre 1656.
Son père, qui était maître chapelier, étant allé s’établir à Anvers, l’emmena avec lui dans cette ville où s’écoulèrent les premières années de sa jeunesse.
Il l’envoya en Angleterre à l’âge de neuf ans, pour y apprendre le commerce; mais le jeune Largillière, qui n’avait sans doute aucun goût pour ce genre de profession, y passa tout son temps à dessiner.
Son père l’ayant rappelé à Anvers, il fut placé chez le peintre flamand Goubeau. Sous la direction de cet artiste, il fit des progrès tellement rapides que, à dix-huit ans, son maître déclara qu’il n’avait plus rien à lui apprendre.
Largillière se rendit alors à Londres, où il entra en relations avec Pierre Lely, premier peintre de Charles II, roi d’Angleterre, qui le chargea de restaurer, à Windsor, des tableaux d’anciens maîtres.
Obligé bientôt de quitter l’Angleterre, à la suite des persécutions dont les catholiques y furent victimes à cette époque, il revint à Paris où il se lia avec le peintre Le Brun, qui lui fit obtenir des travaux et le décida à se fixer dans la capitale.
Lors de son avènement à la couronne d’Angleterre, Jacques II appela Largillière à Londres (168ù). Pendant le court séjour qu’il y fit, l’artiste exécuta les portraits du roi, de la reine, du prince de Galles et de nombreux personnages de la cour.
De retour à Paris, il devint membre de l’Académie de peinture (1686), dont il fut successivement professeur, recteur, directeur et chancelier.
Tout en continuant, de préférence, à faire des portraits, Largillière produisit des tableaux d’histoire et de genre, des paysages, des toiles représentant des animaux, des fleurs et des fruits.
Largillière composait avec la plus grande facilité ; un de ses biographes raconte qu’un magistrat de ses amis, qui le recevait dans une de ses terres, lui ayant demandé ce que son génie pourrait lui fournir pour corriger le triste aspect du mur pignon d’une orangerie, l’habile peintre répondit : « Je ferai, quand je voudrai, passer votre vue à travers ce mur. »
On le prit au mot ; on prépara sur-le-champ des échafaudages et Largillière se mit à peindre à l’huile « un grand ciel avec différents oiseaux et dans le bas un paysage avec une balustrade qui porte des fleurs et des fruits, dans lesquels on voit un perroquet et un chat si parfaitement imités que le maître fit faire un toit à ce pignon pour préserver des injures du temps un morceau aussi agréable ».
Parmi les innombrables œuvres de ce maître fécond, qui, par son talent, mérita d’être appelé le Van Dyck français, on cite, outre un grand nombre de portraits, dont un (celui de Le Brun) est au Louvre, V Ex-Voto à Sainte-Geneviève, placé à l’église Saint-Etienne-du-Mont, le Repas donné en i681 par la Ville de Paris à Louis XIV et le Mariage du duc de Bourgogne,diQ\xx chefs-d’œuvre de composition et de couleur qui ont été détruits pendant la Révolution.
Largillière, attaqué par la paralysie, mourut le 20 mars 17ù6, à l’âge de quatre-vingt-dix ans.
LARGILLIÈRE (Nicolas de)
PEINTRE
STATUE DE M. Ludovic DURAND
COUR DU SUD
Façade est (à gauche).
PATRU (Olivier)