‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 14 sur 142 · CAUDINAL. — PREMIER MINISTRE DE LOUIS XIII · texte numérisé non relu

CAUDINAL. — PREMIER MINISTRE DE LOUIS XIII

STATUE DE M. Jean TÜRGAN r

FAÇADE SUR LA PLACE DE L ’ H ÔT E L-D E - V I L L E

Pavillon d’angle (côté gauche). — Deuxième étage.

LE SUEUR (Eustaghe)

PEINTRE

EustacheLe Sueur, célèbre peintre surnommé le Raphaël français, naquit à Paris le 19 novembre 1616. Fils d’un modeste tourneur en bois, il montra de bonne heure de grandes dispositions pour le dessin, et à douze ans (1628), il entrait dans l’atelier de Simon Vouet, premier peintre du roi.

Le 31 juillet 1644, il épousa la sœur de Goussé, un de ses camarades d’atelier. Sans autre ressource que son travail, ni d’autre recommandation que son talent, il dut dessiner des frontispices de livres et des vignettes de thèses pour subvenir aux besoins du ménage; mais il devint bientôt l’émule de son maître.

Surchargé de besogne, abandonné par Le Brun et Mignard récemment sortis de son atelier, Vouet confia à Le Sueur une commande de huit compositions destinées à être exécutées en tapisserie. Celui-ci montra, dans ce travail, une si grande originalité que Vouet en prit ombrage et se déclara l’ennemi de son élève dont le succès semblait, pour lui, une critique de sa manière et de son enseignement.

Reçu maître à l’ancienne Académie de Saint-Luc, Le Sueur avait peint, pour elle, un Saint-Paul imposant les mains aux malades, morceau d’expression qui attira l’attention du Poussin. Malheureusement ce dernier, nommé alors premier peintre du roi, ne fit qu^un court séjour à Paris ; mais de retour à Rome, il prit la peine de dessiner des croquis de modèles du meilleur style qu’il envoya à Le Sueur. Dès lors, le jeune artiste n’étudia plus que les bons maîtres italiens et surtout les antiques, mais d’après un petit nombre de copies et encore moins d’originaux; aussi dut-il tirer en grande partie de son propre fonds tout ce qu’il acquit.

Chargé, en 1645, de la décoration du cloître du couvent des Chartreux de Paris, qui était situé sur les terrains qu’occupe aujourd’hui le jardin du Luxembourg, Le Sueur exécuta, en trois années, une série de vingt-deux tableaux, aujourd’hui au Louvre, représentant la vie de saint Bruno. Ces toiles révélèrent bien moins un élève de Vouet qu’un disciple de Raphaël.

En 1648, à la fondation de l’Académie de peinture. Le Sueur en fut un des premiers membres, et figura parmi ceux qui prirent le titre d’anciens. En 1649, le président Lambert de Thorigny^ lui confia, avec Le Brun, la décoration de son hôteb situé quai d’Anjou, connu sous le nom d’hôtel Lambert, et qui appartient aujourd’hui à la famille Czartoriski.

Le Sueur couvrit trois grandes salles de cette magnifique habitation, de peintures superbes dont les fragments les plus remarquables ont été détachés et envoyés au Louvre, où ils figurent encore, ainsi que les œuvres remarquables suivantes de cet artiste : Prédication de saint Paul à Ephèse, et Saint Gervais et saint Protais refusant de sacrifier à Jupiter.

La Ville de Paris possède cinq merveilleuses tentures en tapisserie, représentant divers épisodes du martyre des saints Gervais et Protais, dont Tune, « la Flagellation », a été exécutée sur un carton composé par Le Sueur, et peint, après sa mort, par Thomas Goussé, son beau-frère (1655).

Eustache Le Sueur, peintre ordinaire du roi en sa qualité de membre de l’Académie de peinture, mourut, à l’âge de trente-huit ans, le 30 avril 1655.

LE SUEUR (Eüstaghe)

PEINTRE

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