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HISTORIEN DE PARIS

Henri Sauvai est né à Paris en 1620. Après avoir étudié le droit, il se fit recevoir avocat. Mais, entraîné par son goût pour l’érudition, il abandonna le barreau pour se livrer à des recherches historiques.

Il obtint l’entrée des Archives et du Trésor des Chartes, et en tira des documents importants et un grand nombre de faits curieux qu’il se proposait de publier dès 1654, puisqu’il obtint, cette année, un privilège pour l’impression de son ouvrage.

L’abbé Costar, dans ses Mémoires des gens de lettres célèbres de France^ en fait mention en ces termes : « C’est un écrivain de grand travail et qui ne réussit pas mal dans celui qu’il a entrepris des Antiquités de Paris, dans lesquelles il étale mille curiosités qui, sans sa constante activité, seraient demeurées enterrées. Il n’a pas, dit-il, un style formé; parfois il l’enfla pour l’orner en des lieux où la simplicité du style est surtout requise. »

Et il ajoute : « Aussi, il y a encore quelque distance de lui à un écrivain parfait, quelque chose qu’il en croie. »

On peut conclure de ce dernier trait que Sauvai ne passait pas pour modeste.

Certes, la prolixité du style de Sauvai et les répétitions continuelles qui fourmillent dans son ouvrage en rendent la lecture difficile, mais il faut y chercher plutôt les qualités de l’historien que celles de l’écrivain.

A ce titre Sauvai, mérite, sinon l’admiration que lui prodigua Colbert, au moins l’estime de la postérité pour les importantes recherches auxquelles il consacra vingt ans de sa vie, puisant à toutes les sources, non seulement au Trésor des Chartes et dans les registres du Parlement, mais encore dans les archives delà Ville de Paris, dans celles de Notre-Dame, de la Sainte-Chapelle, de Sainte- Geneviève, dans les manuscrits de Saint-Victor, dans les comptes de l’ordinaire de Paris, etc., etc.

C’est ainsi que l’histoire lui est redevable de détails curieux sur les divers agrandissements de Paris, sur ses établissements civils et religieux, ses cours de justice, ses écoles, ses chapitres, etc., ainsi que sur les événements qui s’y sont passés et sur les anciens usages et coutumes qui y ont été observés depuis l’origine de la monarchie.

Toutefois Sauvai avait apporté si peu d’ordre dans la masse des matériaux accumulés par lui, qu’il retarda toujours le moment de les livrer à l’impression, ne pouvant faire la lumière dans ce chaos de notes.

Il mourut en 1670, laissant en manuscrit la matière de neuf volumes in-folio.

Rousseau, auditeur des comptes, ami de Sauvai, entreprit de mettre un peu d’ordre dans ce travail, mais ilmourut lui-même avant d’avoir eu le temps d’accomplir cette tâche.

L’ouvrage de Sauvai, réduit à trois volumes, parut seulement en 172Zi, sous ce titre : Histoire et recherches des antiquités de la Ville de Paris,

SAUVAL (Henri)

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