HISTORIEN DE PARIS
STATUE DE M. Alfred BOUCHER
FAÇADE SUR LA PLACE DE l’hÔTEL-DE-V1LLE
Pavillon d’angle (côté gauche). — Second étage (en retour).
MOLIÈRE (J. -B. POQÜELIN, dit)
AUTEUR CO MIQUE
Jean-Baptiste Poquelin, le plus grand de tous les poètes comiques, est né à Paris le^ 15 janvier 1622, rue Saint-Honoré, au coin de la rue des Vieilles-Étuves. Son père, valet de chambre et tapissier du roi, le destina à lui succéder dans sa charge ; il lui fit, néanmoins, faire de bonnes études au collège de Clermont.
A dix-neuf ans, peu fixé encore sur son avenir, J.-B. Poquelin eut le titre de valet de chambre du roi et suivit en cette qualité la cour à Narbonne (16^1). Il quitta bientôt cette position qui ne lui plaisait guère pour aller étudier le droit à Orléans et se fit recevoir avocat (16Zi5).
De retour à Paris, entraîné vers le théâtre par une vocation impérieuse, il se mêla à des comédiens amateurs dont il ne tarda pas à devenir le chef. C’est alors qu’il prit le nom de Molière.
De 1646 à 1658, il parcourut la province avec une troupe qu’il avait formée, jouant des petites pièces qu’il composait et dont les plus remarquables sont VElourdi^ représenté à Lyon (1653) et le Dépit amoureux, à Montpellier (1654).
Ce n’est qu’en 1658 qu’il vint se fixer à Paris; il y ouvrit, d’abord, à la salle du Petit-Bourbon, près du Louvre, puis au Palais-Royal, un théâtre qu’il devait enrichir, en moins de quinze années, déplus de trente ouvrages, dont la moitié au moins sont des chefs-d’œuvre, et dans lesquels il jouait lui-même le rôle principal.
A l’âge de quarante ans (1662), Molière épousa Armande Béjart, jeune et jolie comédienne de dix-sept ans, qui faisait partie de sa troupe.
Parmi les œuvres dramatiques les plus remarquables de ce prodigieux génie, il faut citer les Précieuses ridicules {i659), Sganarelle {1660), P École des maris {1661), PÉcole des femmes {1662), le Mariage forcé [166d), le Festin de Pierre et V Am, our médecin {1665], le Misanthrope et le Médecin malgré lui [1666], Tartufe {1667), Amphitryon, V Avare et George Dandin {1668), Monsieur de Pourceaugnac {1669), le Bourgeois gentilhomme {1670), les Fourberies de Scapm{1671),les Femmes sava?ites [1672), le Malade imaginaire {167 3).
Le jour de la quatrième représentation de cette dernière pièce, Molière, dont la santé était depuis longtemps altérée, souffrait plus qu’à l’ordinaire; malgré les avis de ses amis il voulut jouer, de peur, disait-il, de faire perdre leur journée à tous ceux qu’il employait. Il joua, mais dans cérémonie qui termine la pièce, au moment où il prononçait le mot juro, il fut pris d’une convulsion qu’il essaya vainement de dissimuler. On le transporta chez lui, rue de Richelieu, où il expira le 17 février 1673, à peine âgé de cinquante et un ans.
Ce ne fut pas sans peine que sa veuve obtint de l’autorité ecclésiastique de le faire enterrer, en terre consacrée, dans le cimetière Saint-Joseph où il fut conduit, de nuit, par de nombreux amis ayant à la main des flambeaux allumés.
En 1778, l’Académie, qui ne l’avait pas admis au nombre de ses membres, décida que, dans la salle où étaient rangés les portraits des académiciens, serait placé le buste de Molière portant cette inscription :
Rien ne manque à sa gloire, il manquait à la nôtre.
MOLIÈRE (J. -B. POQUELTN, dit)
AUTEUR COMIQUE
J. C/UC/UtflEl^