POÈTE. — PHILOSOPHE. — HISTORIEN
François-Marie Arouet est né à Paris le 21 février 169/i. Il était fils d’un ancien notaire au Châtelet, trésorier de la Chambre des comptes. 11 fut de bonne heure introduit, par l’abbé de Châteauneuf, auprès des grands seigneurs et des beaux-esprits sceptiques du temps.
Une satire sur Louis XIV, publiée l’année de la mort de ce roi, faussement attribuée au jeune Arouet, le fit mettre à la Bastille où il resta plus d’une année. En sortant de prison, il quitta son nom d’Arouet et prit celui de Voltaire, anagramme d’AROVET, L. I. (Arouet le jeune). On sait qu’alors l’I et le J étaient comme la même lettre, ainsi que l’U et le V.
Exilé en 1726 pour avoir provoqué le chevalier de Rohan-Chabot, il se rendit en Angleterre où il étudia la langue, la littérature et la philosophie des Anglais. Rentré en France et inquiété de nouveau à propos de ses Lellrea philosophiques (1735), Voltaire se retira au château de Cirey, chez la marquise du Châtelet, où il resta jusqu’en 17â0. A cette époque, à la suite d’un voyage à la cour du roi de Prusse, Frédéric 11, l’un de ses plus grands admirateurs, il se vit tout à coup recherché parle ministère qui l’avait jusque-là persécuté. En 17Zi5, il obtint le brevet d’historiographe de France, avec une charge de gentilhomme de la chambre du roi ; en 17â6, il entra à l’Académie.
Sa faveur dura peu. Après avoir été accueilli à Sceaux, chez la duchesse du Maine; à Nancy, à la cour du roi Stanislas, il se rendit, en 1750, à Berlin, où il resta pendant trois ans auprès du roi de Prusse. Tl séjourna ensuite dans plusieurs villes de France et finit par se fixer à Ferney (1758). C’est là qu’il passa vingt ans de sa vie, occupant Paris et l’Europe de ses moindres écrits. La liste complète des œuvres de Voltaire serait interminable : poésie, sérieuse et légère, sciences naturelles, histoire, métaphysique, satire, Voltaire a touché à tous les genres et a partout réussi. Il faut se borner à citer son épopée, La UemHade; ses tragédies : Œdipe (1718), Zane (1732), Mahomet (17Zi2), Or este (17Zi9), Mèrope (1752); parmi ses comédies : V Indiscret (172Zi). Nanine fl7Zi9); ses travaux historiques: ^Histoire de Charles XII (1731); le Siècle de Louis XIV (1751) : ses Épîtres; ses Romans, son Diclionnaire philosophique et sa volumineuse Correspondance.
Les deux qualités dominantes de cette rare intelligence sont la passion et le bon sens. Le but de ses efforts fut l’affranchissement de la pensée, le premier en date de tous les affranchissements, et le triomphe de l’humanité. Son éloquence fit réhabiliter la malheureuse famille Calas, dont le chef avait été condamné au supplice de la roue par un tribunal cédant au fanatisme de la population. 11 rédigea des factums indignés en faveur de La Barre, de Sirven et de Lally, victimes de déplorables erreurs judiciaires, et réclama l’affranchissement des serfs de Saint-Claude, dans le Jura.
En 1778, à quatre-vingt-quatre ans, il fit un voyage à Paris afin de faire représenter Irène, une de ses dernières productions.
Reçu dans la capitale avec un enthousiasme indescriptible, accablé d’honneurs, il ne put résister à tant d’émotions et succomba, trois mois après son arrivée, le 30 mai 1778.
Comme il était mort dans l’impénitence finale, on lui refusa la sépulture catholique à Paris. Son corps fut transporté et enseveli à l’abbaye de Scellières qui appartenait à son neveu, l’abbé Mignot.
De là, en vertu d’un décret de l’Assemblée nationale, ses restes furent solennellement transportés au Panthéon le 11 juillet 179.1.
VOLTAIRE (François-Marie, Arouet, dit de)
POÈTE. — PHrLOSOPHE. — HISTORIEN
STATUE DE M. J. -F. GOÜTAN
FAÇADE SUR LA PLACE DE L ’ II Ô T E L - D E - V I L L E