JEAN GOUJON
SCULPTEUR
Jean Goujon est né à Paris vers 1515. Il reçut les premiers principes de son art d’un maître habile qui lui inspira le goût de l’antique. Sa vie, comme celle de la plupart des hommes doués d’un rare talent, est tout entière dans ses ouvrages.
11 eut pour ami Germain Pilon, Pierre Lescot et Philibert De l’Orme, et pour élève J. Bullant.
Goujon a été nommé le Phidias français et le Corrège de la sculpture.
Cet habile artiste succédant aux gothiques, ne tint rien de leur goût. Ses ouvrages sont fort légers, et sa manière de dessiner svelte et gracieuse; c’est donc à juste titre qu’on l’a appelé le restaurateur de la sculpture en France.
Son premier ouvrage connu est un chef-d’œuvre que sans doute bien d’autres morceaux ignorés avaient précédé : c’est la statue désignée sous le nom de Diane au cerf et qui est un portrait allégorique de Diane de Poitiers.
Cette statue faisait partie de la décoration qu’il exécuta au château d’Anet. Elle est aujourd’hui au Louvre, dans la salle Jean Goujon qui contient un grand nombre d’œuvres de cet artiste.
il travailla également à la décoration du château d’Écouen, des églises Saint-Maclou et Notre-Dame, à Rouen.
Des documents découverts par hasard, sur la reliure d’une ancienne collection du Journal des Débats, ont fait connaître l’époque, ignorée jusqu’alors, où Jean Goujon a commencé la série des travaux qu’il a exécutés à Paris. Son premier marché date de 1550. On sait, d’autre part, par les comptes des bâtiments royaux, qu’il travailla à la décoration du château du Louvre, de 1555 à 1562.
A partir du 6 septembre de cette dernière année, les comptes royaux ne contiennent plus de payements à Jean Goujon; ils n’enregistrent que ceux faits aux artistes qui lai ont succédé, désignant très exactement les sculptures exécutées par eux au Louvre.
De ce renseignement on peut conclure que tout ce qui n’est pas leur ouvrage a été l’œuvre de Jean Goujon, auquel alors on doit faire honneur de toutes les sculptures de la façade du levant de la cour du Louvre, reconstruite au xvi® siècle.
L’hôtel Carnavalet, qui fut la résidence de M"’® de Sévigné et dans lequel est installé aujourd’hui le Musée historique de la ville de Paris, est également orné de sculptures de Jean Goujon.
Ce grand artiste avait décoré l’Hôtel de Ville de panneaux en bois sculpté représentant les douze mois de l’année. Ils ont été détruits par l’incendie, en 1871.
Mais son chef-d’œuvre le plus connu est la Fontaine des Innocents, commencée sous François P’' et achevée seulement sous Henri H. Elle se trouvait d’abord à l’angle des rues Saint-Denis et aux Fers (1550); on la plaça plus tard (1788) au milieu du cimetière des Innocents. Elle est aujourd’hui dans le square du même nom. Jean Goujon mourut assassiné le 2Zi août 1572, jour de la Saint- Barthélemy; il était calviniste.
On a dit qu’il avait été tué tandis qu’il travaillait sur un échafaudage aux décorations du Louvre. Le plus probable est qu’il mourut obscurément assassiné, puis jeté à l’eau, comme la plupart des victimes de cet odieux guet-apens.