Partie centrale. — Premier étage (côté gauche
Guillaume BUDÉ
ÉRUDIT — PRÉVÔT DES MARCHANDS
Guillaume Budé naquit à Paris en lZi67. Il était second fils de Jean Budé, secrétaire du roi et grand audiencier de la chancellerie de France. Il fit ses premières études à Paris et son droit à Orléans. Tout d’abord, le jeune Budé montra peu d’application et ne tira aucun fruit du temps qu’il passa dans les universités.
Ce ne fut que vers l’àge de vingt-quatre ans que le désir de s’instruire l’occupa sérieusement, et sa passion pour l’étude le fit bientôt renoncer à tout ce qui pouvait l’en distraire ; elle le jeta même dans un travail si constant qu’il tomba dangereusement malade, et qu’il contracta de violents maux de tête dont il fut tourmenté le reste de sa vie.
Budé avait embrassé toutes les sciences : théologie, jurisprudence, architecture, mathématiques, philologie; mais c’est surtout comme helléniste qu’il s’acquit la réputation d’un des hommes les plus savants de son siècle.
Le premier ouvrage qu’il publia fut une traduction de quelques traités attribués à Plutarque, qui fut suivie annotations sur les Pandectes. Ces notes annoncent une connaissance de l’antiquité qui était alors fort rare parmi les jurisconsultes, et Budé est un des premiers qui se soit servi de cette connaissance pour expliquer les lois romaines. Mais celui de ses ouvrages qui lui acquit le plus de réputation est son traité sur les monnaies anciennes.
Il y eut des Allemands qui se l’attribuèrent, et Érasme même, qui nomme Budé le prodige de la France^ ne vit cette réputation qu’avec jalousie. Il l’attaqua en secret et voulut la détruire; mais elle était trop bien établie pour recevoir aucune atteinte.
L’érudition n’était pas la seule des qualités de ce savant : il était modeste, obligeant et jouissait d’une probité à toute épreuve.
Le mérite de Budé n’échappa point au chancelier Guillaume de Rochefort, qui le présenta à Charles VIII. Louis XII le fit secrétaire du roi et l’envoya à Rome. François pi' l’appela plusieurs fois auprès de lui et ce fut, sur son conseil, qu’il fonda le collège Royal, aujourd’hui Collège de France. Ce monarque l’envoya en ambassade auprès du pape Léon X, le nomma maître de la librairie et lui donna une charge de maître des requêtes, dans laquelle il fut reçu le 21 août 1522.
Budé avait été élu prévôt des marchands de Paris le 16 du même mois.
L’embarras des charges dont il était revêtu contrariait ses travaux littéraires.
On raconte, pour preuve de sa grande application à l’étude, que le feu ayant pris à sa maison un jour qu’il était à travailler dans son cabinet, il répondit froidement à ceux qui vinrent le lui annoncer : « Avertissez ma femme ; vous savez que je ne me mêle point du ménage. »
Budé avait quitté la cour après la mort de Louis XII; l’ombrage que le chancelier Duprat prit de sa faveur auprès de François lui fournit l’occasion de se retirer une seconde fois : l’élévation de Guillaume Poyet, son ami, à la dignité de chancelier l’y rappela malgré lui, et ce rappel lui fut fatal.
Ayant suivi la cour sur les côtes de Normandie, il tomba dangereusement malade et se fit transporter à Paris où il mourut le 23 août 15ZiO.
Ennemi des fastueuses cérémonies de l’Église, il avait ordonné^ par son testament, que ses obsèques se fissent sans pompe et pendant la nuit.
Guillaume BUDÉ
ÉRUDIT. — PRÉVÔT DES MARCHANDS
STATUE DE M. Tony NOËL
FAÇADE SUR LA PLACE DE L ’ H Ô T E L - D E - V I L L E