ARCHITECTE ET SCULPTEUR
Jean Bullant naquit à Paris vers 1510.
Il alla dans sa jeunesse, en Italie, où il étudia les monuments de l’antiquité.
On ne connaît de sa vie que les travaux qui l’ont illustrée. Des lettres patentes de Henri II, délivrées à Saint- Germain, le 25 octobre 1551^ l’investirent des fonctions de contrôleur des bâtiments du roi.
L’hôtel Carnavalet, célèbre à plus d’un titre, mais connu surtout par le séjour qu’y firent de Sévigné et de Grignan, sa fille, fut commencé par Jean Bullant, en 15Zi/i, sur les dessins de Pierre Lescot. Cet édifice, dans lequel est installé le Musée historique de la ville de Paris, est encore aujourd’hui, extérieurement, tel qu’il était à cette époque. On sait que Jean Goujon l’a orné des morceaux les plus délicats sortis de son ciseau.
En 156Ù, Bullant édifia le château des Tuileries conjointement avec Philibert De l’Orme, et c’est lui qui éleva le pavillon du centre. Il travailla aussi au château de Saint-Maur-les-Fossés.
Nommé architecte des bâtiments de la reine, il fut chargé, par Catherine de Médicis, en 1572, de réunir en un seul corps de bâtiment le couvent des Filles-Repenties, situé rue du Four et un hôtel contigu dont elle voulait faire son habitation.
Le palais qu’il forma de la réunion de ces anciens édifices appelé alors l’Hôtel de la Reine et, dans la suite, V Hôtel de Soissons, a été démoli dans le siècle dernier. C’est sur ce terrain que fut bâtie la Halle au blé récemment abattue pour la construction de la Bourse du commerce.
La Tour Médicis que l’on peut voir encore, rue de Viarmes, est la seule partie restante de la résidence royale bâtie par Bullant; cette tour servait d’observatoire à la veuve de Henri H, très éprise d’astrologie.
Le chef-d’œuvre de Jean Bullant est le château d’Écouen, dont Napoléon fit une succursale de la maison d’éducation de la Légion d’honneur. Bâti pour le connétable Anne de Montmorency, et commencé vers 15â0^ le château d’Écouen est un des monuments les plus beaux de l’art à cette époque et celui dont le style est le plus pur.
Comme Bullant était â la fois architecte et statuaire, on lui doit, non seulement l’ensemble de l’édifice, mais encore la plus grande partie des sculptures qui le décorent et qui s’imposent à l’admiration des artistes.
Le mausolée du connétable Anne de Montmorency, et le tombeau de Henri II et de Catherine de Médicis, aujourd’hui placé dans la cathédrale de Saint-Denis, sont dus également au ciseau de ce remarquable artiste.
On lui attribue enfin, mais sans preuves bien certaines, la maison dite de Diane de Poitiers, à Orléans.
Bullant, qui avait eu l’habitude de se faire, comme architecte, un style à lui et réglé sur l’antique, adopta, comme sculpteur, la manière du Rosso, célèbre sculpteur italien qui entraîna plus ou moins, dans le xvf siècle, presque tous les artistes français.
Il a publié plusieurs ouvrages, entre autres un Recueil d'Horlogiographie et un traité des Règles générales d" architecture .
Bullant mourut à Écouen, où il paraît avoir résidé un grand nombre d’années, le 10 octobre 1578.
Jean BULLANT