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IMPRIMEUR ET ÉRUDIT

Estienne (Henri II) appartient à cette illustre famille d’imprimeurs et d’érudits dont Henri (l/i60-1521) fut la souche et qui a tant contribué au xvP siècle aux progrès des lettres en France, en multipliant les bonnes éditions des auteurs classiques.

Henri Estienne, né à Paris en 1528, est fils de Robert Estienne et petit-fils d’Henri P"" dont il est fait mention plus haut.

Son père, absorbé par les travaux de son imprimerie et ses études littéraires, ne pouvant prendre lui-même soin de l’éducation de son fils, le confia à un professeur qui lui enseigna la grammaire.

Ce professeur expliquait alors à ses élèves la Médée d’Euripide. Henri, ayant entendu déclamer cette pièce par ses camarades, fut si frappé de la douceur et de l’harmonie de la langue grecque qu’il résolut de l’apprendre. Sous la direction des meilleurs maîtres, il fit de très rapides progrès, et les notes qu’il publia sur Horace, à l’âge de dix-neuf ans, prouvent qu’il n’avait pas tardé d’associer l’étude de la langue latine à celle du grec. Il possédait aussi l’arithmétique, la géométrie, et même avait étudié quelque temps « l’astrologie judiciaire », science alors fort à la mode, mais dont il avait bientôt reconnu la futilité.

Estienne partit pour l’Italie en 15Zi7, dans le dessein d’en visiter les bibliothèques et de collectionner les manuscrits des anciens auteurs qu’il se proposait de publier par la suite.

A son retour d’Italie, il visita l’Angleterre et ensuite les Pays- Bas. Il apprit l’espagnol en Flandre comme il avait appris l’italien à Florence, et revint à Paris en 1551, au moment où son père se disposait à se retirer à Genève. 11 l’accompagna dans cette ville et embrassa le calvinisme avec lui.

En 155Zi, il était de retour à Paris, où il s’établit imprimeur.

Les dépenses considérables qu’il avait faites dans ses voyages avaient épuisé ses ressources, et il n’aurait pu soutenir longtemps son imprimerie, s’il n’eût été aidé par de riches protecteurs. Jl publia alors son Dictionnaire de la langue grecque; mais, cet admirable ouvrage n’ayant pas obtenu le succès qu’il méritait, Estienne se trouva définitivement ruiné et fut forcé d’abandonner Paris. C’est ainsi qu’on le voit, tour à tour, à Orléans, à Paris, à Montpellier, à Genève, à Lyon. Dans un dernier voyage qu’il fit dans cette ville, il tomba malade et fut transporté à l’hôpital, où il mourut au mois de mars 1598.

Ainsi se termina l’existence de celui qui a si bien mérité d’être appelé Estienne le Grand qui fut, suivant l’expression de Didot, le premier imprimeur de tous les pays et de tous les âges, et fut aussi un des savants les plus érudits de son siècle.

Parmi les nombreux ouvrages des prosateurs et des poètes grecs publiés par lui, il faut citer l’édition d’HwacreoTi^ dont il avait découvert deux manuscrits et qu’il accompagna d’une traduction en vers latins, véritable chef-d’œuvre. Cette publication fut un événement littéraire. Ronsard dit, à cette occasion, dans une de ses odes :

Verse donc et reverse encor Dedans cette grand’ coupe d’or.

Je veux boire à Henry Estienne Qui des enfers nous a rendu Du vieil Anacréon perdu La douce lyre téienne.

ESTIENNE (Henri)

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