Livre V
4. Du gaël bacl, qui signifie bateau, et du monosyllabe wr qui, dans la langue de Cornouailles, veut encore dire homme. Ce nom particulier aux bateliers de Lutèce devint, peu à peu, général pour les Lutéciens, tant la classe de gens à qui leur métier le faisait porter se trouvait en majorité tant à Lutèce qu’à Lucotèce; puis, lorsque, plus tard, on ne sut plus ce que le mot signifiait, on continua sans doute de dire les badauds de Paris en parlant des bateliers parisiens, et plus tard on désigna ainsi ceux qui, du haut des ponts, les regardèrent passer sur leurs embarcations.
5. Ce port existait au tournant nord-est de l’île de la Cité, où elle se rapproche de l’île Saint-Louis.
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du Nord, et on doit croire que cette corporation de marchands domiciliés ait eu plus d’action et de prépondérance dans le gouvernement politique de la région, dans Tétahlissement de sa richesse stable^ que la corporation de la marchandise de l’eau ; ils furent les premiers à prendre le titre de Bourgeois et à exercer une sorte de pouvoir municipal.
Il est permis de supposer que ces hommes, qui créaient des routes que les Romains ne firent qu’élargir et jetaient sur les marais de la rive droite des chaussées que ces derniers ne firent que transformer, il est permis de supposer qu’ils avaient dû établir le siège de leurs intérêts, leur lieu de discussion, leur parloir aux bourgeois^ là où leurs arrivages étaient le plus nombreux, à l’extrémité de leur ville, entre les deux grandes voies {superior et inferior, aujourd’hui rues Saint-Jacques et Denfert- Rochereau) qui venaient mettre Lucotèce en communication avec les provinces méridionales, et c’est, en effet, au même endroit que se réunissaient encore les marchands de Paris, dans un vieil édifice qu’on appelait le Parloüer aux Bourgeois^, lorsque Philippe-Auguste enferma l’Université dans une nouvelle enceinte fortifiée.
Sauvai donne de cet édifice une description qui, avec l’aide du plan de Jaillot, nous a permis d’en établir ci-dessus la reconstitution : « Le Parloir aux Bourgeois qui était dans l’Université de Paris consistait, dit l’auteur des Antiquités de Paris, en un gros édifice, pavé sur la couverture, qui avançait de neuf toises ou environ dans les fossés et, de plus, en des tours rondes et carrées, les unes avec un comble, les autres terrassées en pierre de liais )) .
Quant à l’endroit où les marchands de l’eau et les marchands de la terre, les premiers bourgeois de Paris, débattaient leurs
1. Sol de la rue Soufflot, à l’anp;le de la rue Victor-Cousin.
INTRODUCTION
affaires communes, il devait être situé dans les environs de la maison portant actuellement le nM8 de la rue Chanoinesse, là où une haute tour carrée qu’on appelle IdiTour du roi Dagobert marque, encore que sa construction ne paraisse pas remonter au delà du xv® siècle, jusqu’où s’étendait le vieux port Saint-Landry.
En résumé, il y avait donc, lors de l’invasion romaine en Gaule et sur notre territoire parisien, deux corporations bien distinctes : la marchandise de reau et la marchandise de la terre^ celle-ci bien gauloise, bien nationale, ayant vraisemblable-
la Tour du roi Dagobert, qu’un entrepôt, — vei’s l’intcrsec-
tion des rues Soufflot et Victor- Cousin : la ville s’appelait Lucotèce; Elle, entrepôt, siège d’intérêts collectifs : Lutèce.
Et cette situation morale et matérielle est établie par les faits, alors que, même, elle ne serait pas aussi logique et déductive qu’elle Test.
Quand Labienus vient attaquer Camulogène, que se passe-
La flotte marchande va se réfugier vers Melun où elle est capturée ; vers Andresy et Maisons, on rompt les ponts, on brûle la cité, cette agglomération purement commerciale ; mais Camulogène range son armée devant Lucotèce, la ville nationale, la ville des marchands de la terre, la ville du Parloir aux Bourgeois, et s’il ne peut arrêter et vaincre l’envahisseur, au moins meurt-il en léguant aux Parisiens cet héritage sacré
ment une existence et une action municipales, celle-là plus riche peut-être, mais d’origine étrangère et composée d’éléments de population instables.
La première de ces corporations avait son siégé social^ si nous pouvons parler ainsi, vers la maison portant le n'’ 18 de la rue Chanoinesse ; c’est là qu’elle débattait, avec les Bourgeois parisiens, les intérêts commerciaux et autres communs entre eux; la seconde avait sa maison municipale vers l’entrée de la ville gauloise, — Tîle n’étant, comme l’avait été Rome,
t-il?
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qu’ils n’ont jamais cessé de défendre : l’honneur de la Patrie et la Liberté.
L’importance stratégique et commerciale de la ville ruinée n’échappa point aux conquérants non plus que celle de son port.
Lutèce ni Lucotèce n’existaient plus; les Romains firent naître une nouvelle agglomération urbaine et, pendant leur domination, tout le territoire des Parisii connut une prospérité que les incursions harbaresques vinrent interrompre, mais non anéantir. Tant il est vrai que l’importance de Paris n’est pas due au hasard de la fortune, mais à sa situation topographique elle-même : il est là où il est et ne peut être ailleurs.
La ville nouvelle fut absolument dissemblable à tout ce qui existait précédemment, et si on retrouvait jamais un plan de la Lutèce romaine (Lucotèce n’existant plus qu’à l’état de souvenir) voici, à peu près, quel serait son aspect : à la pointe occidentale de l’île (emplacement du Palais de Justice), une citadelle et ses dépendances, habitation du magistrat qui gouvernait pour l’empereur dans les cités même secondaires comme l’était alors Lutèce; où se trouve la Sainte-Chapelle, un cippe quadrangulaire consacré à Apollon, à Maïa, à Mercure et que le christianisme fera disparaître.
A l’extrémité de cette habitation qui, agrandie, sera le séjour de Julien et d’où l’auteur du Misopogon sortira empereur, à l’extrémité de cette habitation, disons-nous, là où est aujourd’hui l’escalier monumental de la Cour d’assises, une grosse tour, servant de point d’attache à un mur d’enceinte qui court tout autour de l’île, traversant deux fois le boulevard du Palais, à une dizaine de mètres du Pont-au-Change et vers le terrain qu’occupent le Tribunal de Commerce et le Marché aux Fleurs ; un temple et d’autres édifices importants vers Notre-Dame, un forum à la descente du Petit-Pont (emplacement de la caserne de la garde républicaine) et, sur le reste du terrain, des maisons bâties par des fonctionnaires et construites à la mode romaine, c’est-à-dire n’ayant qu’un étage, rares par conséquent, étant donnée la surface qu’elles occupaient.
Puis, vers Notre-Dame, un autel votif et, là où nous avons connu le port Saint-Landry, le port des Nautes qui ont leur
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collège à quelques pas de là où sera plus tard l’Hôtel des Ursins (quai aux Fleurs, vis-à-vis le bâtiment central de rHôlel-Dieu) et leurs ports d’embarquement, de débarquement et leurs entrepôts, aux ports Saint-Paul et Saint-Nicolas, dans File bouviers et Pile Notre-Dame alors tranchée par un bras du fleuve.
Deux ponts relient File, la Cité, aux rives de la Seine ; le Petit-Pont qui occupe le même emplacement que notre Petit- Pont actuel et le Grand-Pont où est aujourd’hui le pont Notre- Dame auquel aboutissait une voie principale (rue Saint-Martin) conduisant à Senlis {Augustomagus) et sur laquelle se greffaient (angle de la rue Saint-Martin et de l’avenue Victoria) la voie des provinces de l’Est (tracé de la rue Saint-Antoine et de la rue de Montreuil) ; de ce même point, coupant l’emplacement des Halles et suivant, à peu près, la direction de nos rues du Faubourg-Montmartre et Notre-Dame-de-Lorette, la voie des provinces maritimes.
Partout des bois, des fermes, des villas entrecoupées de marais et, sur la rive du fleuve, groupées vers le Châtelet, vers les Champeaux (nos Halles), sur la chaussée qui, jetée sur les marais, réunit la Cité au Roule et qui deviendra la rue Saint-Honoré, une agglomération marchande, transportée sur cette rive, de la montagne Sainte-Geneviève qu’elle occupait et d’où Font chassée l’empiétement de l’immense palais^ des Thermes, l’installation du camp du Luxembourg, la construction des Arènes récemment mises à découvert par les fouilles pratiquées dans la rue Monge.
Ceci c'est la vraie ville, c’est l’âme même de la vieille agglomération gauloise, c’est notre commerce terrien, notre commerce national.
Sans doute, à cette époque, il est encore quasi vaincu, quasi anéanti. Les conquérants avaient trop pu apprécier la vitalité gauloise, l’énergie de nos aïeux, la vigueur de leur défense pour qu’ils ne prissent pas des mesures pour utiliser, à leur profit, ces qualités, sans que, pour cela, la population soumise pût recouvrer l’influence qu’elle possédait autrefois.
Aussi, tandis qu’elle paraît avoir favorisé le commerce des marchands de l’eau et s’être attiré leur reconnaissance, ainsi qu’en témoignaient les monuments élevés par ces Nantes vers Notre-Dame et au confluent de la Seine et de la Marne, elle paraît avoir placé les marchands de la terre sous leur autorité.
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Aux Nantes, ces marchands étrangers dont la corporation est copiée sur celle des Nantes romains : le pouvoir municipal s’exerçant sous la surveillance de préfet de l’empire dans le collège qu’ils possèdent près du port Saint- Landry ; aux marchands de la terre : une sorte de juridiction commerciale ; et le Parloüer aux Bourgeois, que nos aïeux ont relevé de ses ruines, là-bas, presque au milieu des vignes, à deux pas de ces arènes où ils se concerteront pour la défense commune contre les invasions des Barbares, n’est plus qu’un semblant de prétoire où se jugent des litiges et d’où les grands intérêts généraux sont bannis.
Cependant dès le règne d’Auguste, après les expéditions de Drusus et de Tibère en Germanie, un grand nombre de Barbares commencèrent d’envahir la Gaule, moins comme conquérants d’abord que comme colons et hôtes forcés. Quelquesunes de leurs bandes pénétrèrent bientôt jusque dans le pays àQ?>Parisü, devenu ensuite le qui commençait à la Seine
et d’où Paris tira son nom, lorsque, les dernières troupes de l’Empire ayant disparu vers à06, les Parisii, les Parisiens, nos glorieux ancêtres, redevenus autonomes, prirent rang dans la Ligue Armoricaine pour la résistance contre le retour des Romains et pour la défense du sol national contre l’envahissement des Barbares déjà campés dans toute l’île de France, déjà établis dans leur camp fortifié à quelques mètres des fortifications hâtives de Paris, là où est le palais du Louvre L
C’est alors que, devant un danger commun, nécessitant l’emploi, l’union de tous les efforts, les Nantes, qui tiraient leur puissance municipale de l’autorité romaine, durent la partager avec la marchandise de la terre qui eut alors son coUege, sa maison commune dans la cité, voisine du collège des Nantes : ce que la tradition appela l’Hôtel de Ville du roi Pépin et qui était situé sur le sol du quai du Marché- Neuf, près le Petit- Pont, vers l’angle oriental de la caserne de la garde républicaine.
Paris ne céda à Clovis que lorsque la Ligue Armoricaine céda. Et pendant cette longue série d’années, la prospérité parisienne s’évanouit.
Enfin, après une longue suite d’incursions dont celles des
1. Lowei% en celtique, signifiant camp retranché, il nous semble que c’est dans ce mot que l’on doit chercher l’étymologie de Louvre. On sait, d’ailleurs, que le terrain où fut bâti ce palais, s’appelait le Louvre.
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Normands furent les dernières, la yieille cité, comme le phénix, ressuscita de ses cendres, mais en même temps qu'elle avait émigré entièrement d’une rive à l’autre, la dualité des corporations commerciales qui s’y étaient partagé le pouvoir municipal, s’était évanouie ou allait s’évanouir.
Topographiquement, il n’y avait plus que trois grandes divisions : la cité, l’île où les maisons, plus abritées, avaient pour ainsi dire, grimpé les unes sur les autres; l’Université, toute la rive gauche que se partageaient les prêtres; la ville, la rive droite, ayant sa plus forte agglomération vers les bords du fleuve, enserrée dans l’enceinte de Charles le Chauve qu’il faut admettre même à défaut de documents certains et qui, partant d’un pont de défense jeté sur la Seine vis-à-vis de notre rue de Harlay, avait pour point d’attache sur la rive droite l’endroit où fut le For l’Évêque (sol de la Belle Jardinière) et décrivant une courhe jusque vers l’endroit qu’on appela V archet Saint-Merry , aboutissait aux environs de la place de Grève.
Le Parloüer aux Bourgeois fut respecté par l’enceinte de Philippe-Auguste et conserva la destination que nous lui avons indiquée à cette époque et ce jusqu’au règne de Charles V.
Mais cette maison municipale du Paris carlovingien était désormais trop éloignée du centre des affaires commerciales et municipales.
L’étahlissement des Halles, aux Champeaux, par Philippe- Auguste, le développement considérable du commerce parisien sur la rive droite, après les incursions des Normands et quand la tranquillité, la sécurité furent acquises, avaient donné une importance singulière à l’endroit où les routes se croisant, les ports de débarquement se trouvant, la perception du péage se faisait où se condensaient, pour ainsi dire, les intérêts commerciaux de Paris.
Ce point était le Grand-Châtelet où était payé le Droit à César (trihutum Cœsari) et surtout V apport-Paris, situé entre la Chambre des notaires et la fontaine du Châtelet.
C’est alors que les marchands bourgeois transférèrent le lieu ordinaire de leurs séances dans une maison qu’ils
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acquirent pour cet usage à côté du Châtelet et de l’église Saint-Leufroy, non loin du siège des séances de la Hanse parisienne qui occupait antérieurement, yis-à-vis du Pontau- Change (ou plus exactement du Pont-aux-Meuniers aujourd’hui disparu) la maison de la marchandise.
Une fois les deux corporations établies presque côte à côte, à droite et à gauche du Grand-Châtelet, leur rapprochement et leur association ne devait pas tarder à s’opérer.
Nous ignorons la date de ce rapprochement comme aussi les conditions qui accompagnèrent cette association confraternelle, mais il est incontestable que la Hanse parisienne, cette héritière des Nantes^ garda d’abord la prééminence en se prêtant à l’institution de la Prévôté de Paris, soit que les marchands de Veau eussent des privilèges plus importants ou plus étendus que les marchands de la terre, soit que le pouvoir royal les considérât comme une sorte d’aristocratie bourgeoise et voulût s’en servir pour dominer l’esprit déjà libéral et progressiste des Parisiens, nos aïeux.
Et puis, le pouvoir royal, à peine français, plutôt franc que national, pouvait-il ne pas considérer Tîle de France comme une division du domaine qu’il avait soumis et ne pas prendre, contre les Parisiens, des mesures préventives qui leur refusassent l’influence régionale que leur assuraient les relations commerciales convergeant vers eux ?
Mais le caractère individuel des marchands de l’eau et des marchands de la terre devait disparaître bientôt dans les actes de la confrérie qui se trouvait placée sous la direction d’un chef unique, nommé Prévôt des marchands.
Les membres du Conseil supérieur de cette confrérie, élus par tous les confrères, se qualifièrent, primitivement, bourgeois hanses de la marchandise de l'eau^ de Paris; mais quand ils eurent donné eux-mêmes le nom de Conseil de ville à leur réunion de trente-six élus qui avaient pris ou reçu certaines prérogatives municipales, ils ne s’appelèrent plus que Jurés de la confrérie des marchands de Paris ou Échevins. Toutefois l’ancien sceau de la hanse parisienne, lequel portait cette inscription : Scel de la marchandise de l’eau de Paris et le sceau
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qu’on désignait sous ces différents noms usuels : Scel de la Ville de Paris ou Scel de la Prévôté des marchands avaient pour emblème un bateau antique avec un seul mât soutenu par six cordages.
Ce bateau, presque semblable à ceux qui naviguaient sur la Seine et qu’on voyait à l’ancre dans le port Saint-Paul, avait été dès lors consacré à perpétuer le souvenir de la marcbandise de l’eau dans les armoiries de la ville de Pari&.
La captivité du roi Jean pris à Poitiers, Finlluence qu’il s’était donnée sur les États généraux en qui résidait alors toute l’autorité, tandis que celle du Dauphin, le régent, n’était guère qu’illusoire, firent d’Étienne Marcel, prévôt des marchands, riiomme du moment, le personnage le plus important peut-être du royaume.
Étienne Marcel fut le premier qui voulut que les bonnes intentions royales passassent du domaine spéculatif dans celui de la réalité, il le voulut et il le voulut tant et si bien que son passage aux affaires de la prévôté marque l’affirmation des droits de Paris comme ville capitale, comme ville nationale ; mais Marcel était un héritier des marchands de la terre, il voulait que Paris fût Paris et non, purement et simplement, la ville du roi, et les descendants des Nautes, courtisans du pouvoir, incapables de comprendre la conception grandiose du prévôt des marchands, lui firent payer de sa vie ses idées d’émancipation prématurée.
Cependant Marcel avait eu le temps de doter Paris d’un édifice d’une valeur inappréciable quant aux droits qu’il personnifia ou, pour mieux dire, qui s’y identifièrent.
Il voulut donner à Paris, dont il était le premier magistrat, un vrai centre municipal, une véritable maison commune, ce qu’il n’avait pas eu encore; les misérables établissements de la Cité, de la rue Saint-Leufroy, n’ayant jamais pris ni surtout mérité ce nom, et le Parloüer aux Bourgeois de la rue Saint-Jacques étant surtout un édifice consulaire. Il prétendit, en un mot, fonder un Hôtel de Ville comme on en voyait dans les grandes cités flamandes, à Gand, à Liège, à Bruges.
La maison aux 'piliers^ devenue la maison aux Dauphins appartenant alors au dauphin Charles, si bien placée au cœur môme du Paris bourgeois, du Paris des métiers et du commerce, deviendra cet Hôtel de Ville.
Le prévôt des marchands, au nom des bourgeois, s’en
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rendit acquéreur des mains de Jean d’Auxerre en juillet 1357, au prix de 2,880 livres parisis « de forte monnoie ».
Paris, grâce à Étienne Marcel, possède donc, en 1357, une maison, un Hôtel de Ville, et de cette date nous devons nous souvenir, car elle marque pour ainsi dire l’époque de l’afürmation de nos revendications
c’était un petit logis qui consistaitTz^-^-'--^.-^jV^^^ en deux pignons qui tenaient à ^
plusieurs maisons bourgeoises. la maison aux piliers. Je ne m’amuserai point à faire un
long récit de tous ses appartements; il suffira de savoir qu’il y avait deux cours, un poulailler, des cuisines hautes et fiasses, grandes, petites, des étuves ou fiains, une cfiamfire de parade, une autre appelée le Plaidoyer, une chapelle lambrissée, une table couverte d’ardoises, longue de cinq toises et large de trois, avec plusieurs commodités. »
L’administration municipale ne tarda pas à se trouver à l’étroit dans cet édifice et, en 1^29, on y ajouta une galerie neuve dans la cour, en môme temps que l’on répara la charpente.
Cependant, dès 1^70 la vieille Maison aux Piliers menaçait ruine et était devenue tout à fait insuffisante pour contenir les services administratifs de la ville.
Dans le procès-verbal d’une séance tenue par le Petit Bureau le 13 décembre 1529, à l’Hôtel de Ville, se trouve la première mention du monument qui devait remplacer la Maison aux Piliers et qui a été brûlé en 1871.
François P'’ dut accueillir avec d’autant plus d’empressement le projet d’érection d’un Hôtel de Ville nouveau qu’il favorisa de tout son pouvoir les embellissements de Paris. Plusieurs actes, encore inédits, de l’administration de ce
municipales.
Sauvai nous a laissé cette description sommaire de la Maison aux Piliers :
« Pour ce qui est du bâtiment,
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prince le prouvent suffisamment, et cette épigramme rimée par Clément Marot sur V ordonnance que le roy fist de bastir à Paris avec proportion, en fait également foi :
Le roy aimant la décoration
De son Pciris, entr’autres biens ordonne
Qu’on y bâtisse avec proportion,
Et pour ce faire argent et conseil donne;
Maison de Ville y construit belle et bonne;
Les lieux publics devise tous nouveaux.
Entre lesquels, au milieu de Sorbonne,
Doit, ce dit-on, faire la place aux Veaux.
La ville fut, quelques mois après, autorisée à acheter et à
démolir les immeubles avoisinant la Maison aux Piliers et à édifier, sur leur emplacement, le nouvel Hôtel de Ville dont Dominique de Cortone (le Boccador) avait fourni les plans. •
Les travaux furent menés avec rapidité et le 15 juillet 1533 avait lieu la cérémonie de la pose de la première pierre de cet édifice.
Nous avons donné les détails de cette solennité dans nos biographies de Pierre de Viole ^ et de Boccador nous y renvoyons le lecteur. Les travaux plusieurs fois interrompus, suspendus complètement pendant les guerres de religion, furent repris en 1606 par un architecte nommé Marin de la Vallée ; en 1608 la grande salle fut terminée, le pavillon du nord commencé et la tour de l’horloge élevée sur le comble.
Le pavillon méridional avait été élevé sous Henri II, le pavillon septentrional ne fut achevé que sous Louis XIII en 1628.
Le plan de Dominique de Cortone était exécuté.
Cette partie ancienne de FHôtel de Ville, reproduite dans la planche ci-contre, comprenait un corps de bâtiment central formant façade au couchant, flanqué de deux pavillons carrés, et des constructions intérieures entourant une cour quadrangulaire décorée de portiques d’un style très élégant.
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