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L’Hotel de Ville en 1583.

(Fac-similé d’un dessin de Jacques Cellier.)

INTRODUCTION

Le corps de logis central de la façade se composait d’un rez-de-chaussée et d‘un étage supérieur; les deux pavillons d’angle avaient un étage de plus.

Au-dessus de la porte centrale était placée une statue équestre de Henri IV par Pierre Biard. Cette figure, fort dégradée lors de la Fronde et enlevée en 1793, fut remplacée postérieurement par un haut-relief en hronze, retrouvé dans les décombres de l’Hôtel de Ville en 1871; il a été déposé au musée Carnavalet.

Au milieu de la façade, un attique contenait le pavillon de l’Horloge flanquée de statues en pierre représentante Seine et la Marne. Un campanile de forme élégante renfermait les timbres.

L’édifice, alors, n’était pas isolé ; il tenait au nord à l’hospice et à la chapelle du Saint-Esprit ; au midi, rencontrant la rue du Martroi, il la franchissait au milieu d’une arcade appelée arcade Saint-Jean à cause du voisinage de l’église Saint-Jean-en-Grève.

Cet état de choses subsista jusque sous Louis-Philippe.

Divers projets d’agrandissement général ou de transfert sur un autre point avaient bien été étudiés dès 1749, mais l’argent manqua, la Révolution survint, et l’Empire, jetant toutes les ressources du pays sur les champs de bataille, ne put exécuter aucun des plans proposés.

Enfin en 1837, les architectes Godde et Lesueur dégagèrent l’Hôtel de Ville et bâtirent à chaque extrémité un pavillon qui doubla l’étendue de l’ancienne façade et engloba le sol de l’hospice du Saint-Esprit et de l’église Saint-Jean.

Celte nouvelle construction, en parfaite harmonie avec les anciens bâtiments qu’elle compléta heureusement, changea l’aspect général de l’édifice.

Sa forme était celle d’un rectangle ohlong, isolé de toutes parts, assez régulièrement orienté aux quatre points cardinaux. Les façades à l’est et à l’ouest avaient chacune 120 mètres de long; celles du nord et du sud, 80 mètres. Laprincipale, celle de l’ouest, se développait sur la place de Grève; celle du nord, sur la rue de Rivoli; celle du sud, sur le quai de la Grève, dont un petit jardin annexé au monument la séparait ; celle de l’est, sur la rue Lobau.

Le monument se composait de quatre galeries ou portiques à un seul étage, sur rez-de-chaussée élevé de 2 à 3 mètres, avec quatre pavillons, un à chaque angle dominant d’un étage les galeries qu’ils encadraient.

INTRODUCTION

L’architecture, dans la partie centrale, sur la place de Grève, était du style du xvu siècle, un peu maigre; toutes les autres parties étaient du style plus élégant de la Renaissance italienne.

Les combles avaient des lucarnes en pierre richement sculptées.

De nombreuses statues, les unes allégoriques, les autres consacrées aux hommes qui, dans les lettres, les arts, les sciences ou radministration, ont illustré la ville de Paris, décoraient les diverses façades.

Voici la nomenclature de ces dernières statues qui figuraient sur la façade principale ; elle nous semble offrir aujourd’hui quelque intérêt, tant par le choix des personnages que par le nom des sculpteurs qui les ont exécutées :

Pavillon Nord : Monthyon, par Gayrard. — Monge, par Gaibeyre.

* Gros, par Millet. — * Voltaire, par Husson. — *D’Alembert, par Dieboldt. — **Buffon, par Deiigand. — Ambroise Paré, par Ramus. — Papin, par Galmels. — * Le président de Harlay, par Barre.

Façade principale : * Perroxet, par Antonin Moyne. — * d’Ar- GENSON, par Valcher. — *Mansard, par Faugince. — *Le Brun, par Cannois. — *Le Süeur, par Chenillon. — Saint Vincent de Paul, par Ramus. — Jean de La Vacquerie, par Auvray. — Philibert de l'Orme, par Faugince. — L’évêque Gozlin, par Greveriich. — * Pierre Lescot, par Brun. — *Jean Goujon, par Ghardigny. — ^Étienne Boyleau, par Huguenin. H. Aubriot, par Lequien. — Saint Landri, par Debay. — De Sully, évêque, par Desprez. — Juvénal des Ursins, par Dantan (aîné.) — * Pierre de Viole, par Duseigneur. — *Michel de Rallier, par Antoine Moyne. — * Guillaume Büdé, par Brian. — *F. Miron, par Jaley. — * Robert Estienne, par Lescorné. — J. Aubry, par Gayrard. — * Mathieu Molé, par Droz. — *Rol- LiN, par Caillouette. — L’Abbé de l’Épée, par Préault. —

* Turgot, par Foyatier. — * Bailly, par Husson. — Frochot, par Desprez.

Pavillon Sud : * Lavoisier, par Toussaint. — Condorcet, par Carrier. — La Fayette, par Chenillon. — La Reynie, par Protat. — Colbert, par Mercier. — * Catinat, par Demesmay. —

* De Thou, par Maindron?. — * Boileau Despréaux, par Maindron. — * Molière, par Ottin.

* Cet astérisque désigne les personnages dont les statues, confiées à d’autres artistes, figurent également à l’Hôtel de Ville actuel.

* * Cette statue, sauvée de l’incendie, est placée au Fleuriste de la Ville de Paris.

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