‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 32 sur 142 · PRÉVÔT DE PARIS · texte numérisé non relu

PRÉVÔT DE PARIS

Étienne Boylean, célèbre prévôt de Paris, auteur du Livre des Méiiers, naquit vers 1200. Il appartenait à une famille noble dont plusieurs branches se sont répandues à Paris, en Anjou, en Touraine et même en Angleterre. C’est de celle qui était établie à Paris que Boileau Despréaux est issu.

On sait peu de choses de ses premières années; un partage noble de la succession de son père qu’il fit, en 1228, avec Geoffroy et Robert Boyleau ses frères, et dans lequel lui est attribuée la qualité de chevalier, indique seulement qu’il appartenait à la noblesse.

Il accompagna saint Louis à la croisade et fut fait prisonnier au siège de Damiette. 11 lui fallut payer une rançon de deux cents livres d’or, somme considérable pour ce temps-là et qui prouve le haut rang de celui de qui on l’exigeait.

Sous le règne de Louis IX, les fonctions de prévôt de Paris étaient encore accordées au plus offrant, et celui qui les acquérait avait plus à cœur ses propres intérêts que ceux de la justice.

Saint Louis, pour faire cesser ces abus, ne voulut plus que cette charge fût vénale et, à son retour de la Terre-Sainte, en 1258, il s’occupa, dès son arrivée à Paris, de trouver un bon justicier et bien « renommé de prud’homie », comme dit le sire de Joinville. 11 le trouva dans la personne d’Étienne Boyleau qui fut le premier prévôt de Paris nommé par le roi.

Boyleau s’acquitta de ces fonctions avec la plus grande intégrité et l’on raconte qu’il n’hésita même pas à faire pendre un de ses filleuls convaincu de vol.

11 introduisit les plus grandes améliorations dans le gouvernement de la Ville de Paris, établit la police municipale et modéra les impôts qui, sous les prévôts-fermiers, se levaient trop arbitrairement sur le commerce et les marchandises. 11 rangea, enfin, tous les marchands en différents corps et communautés sous le titre de confréries. Ce fut lui qui donna, à ces corporations, les premiers statuts pour leur discipline, et des règlements pour rétablir la bonne foi dans le commerce.

Ces ordonnances forment un recueil curieux connu sous le titre de Livre des Métiers. Divisé en trois parties, ce livre contient, dans la première, toutes les ordonnances pour la police de Paris, et les anciens statuts de tous les corps de métiers; dans la deuxième, tous les règlements et tarifs de tous les droits qui se levaient, en ce temps-là, par le roi, à Paris, sur toutes les denrées et marchandises; la troisième concerne la justice subalterne alors en vigueur à Paris. On y trouve de curieux détails sur l’industrie, les mœurs, les coutumes et la législation criminelle de cette époque.

Le manuscrit original a péri dans l’incendie de la Cour des comptes en 1757, mais il en existait heureusement quelques copies, grâce auxquelles la Ville de Paris a pu reconstituer et imprimer cet intéressant ouvrage dont une seule édition, d’ailleurs incomplète et erronée, avait paru en 1839.

Étienne Boyleau mourut en 12G9.

Étienne BOYLEAU

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