‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 38 sur 142 · JURISCONSULTE. — HISTORIEN · texte numérisé non relu

JURISCONSULTE. — HISTORIEN

Étienne Pasquier naquit à Paris le 7 avril 1529. 11 fut, dès l’enfance, destiné par sa famiüe à suivre la carrière du barreau.

Ses maîtres dans l’étude du droit furent : Hotman à Paris, Cujas à Toulouse et Socin à Bologne. Reçu avocat en 15/i9, il resta obscur plusieurs années; mais il se fit tout à coup une réputation immense en plaidant pour l’üniversité contre les jésuites (165/i).

Ceux-ci voulaient s’arroger le droit de conférer les grades de bachelier, licencié, docteur, sans accepter aucunement le régime de VUnivernié.

Pasquier porta la discussion sur un terrain où les jésuites devaient être vaincus. Au lieu de prendre parti pour l’Université, ce qui eût réduit le débat à une querelle d’école à école, il défendit l’Etat qu’il représente comme menacé par cette envahissante Compagnie.

Il démontra sa profonde incompatibilité avec l’ordre politique, civil et religieux de la France. Il s’attacha à prouver que l’organisation même des jésuites, la faculté laissée aux membres d’être laïques ou religieux, mariés ou non, donnaient à leur ordre une puissance de développement qui pourrait devenir un danger sérieux pour la sécurité publique.

Quoiqu’il n’obtînt pas l’expulsion des jésuites qu’il demandait, la vigueur de son plaidoyer et le retentissement des débats lui valurent une grande renommée.

On sait que Pasquier refusa les honoraires que lui offrit VUniversilé, donnant ainsi un bel exemple de désintéressement.

Dès lors, il vit les grandes causes affluer dans son cabinet, et il ne tarda pas à être appelé aux honneurs.

Il fut délégué aux Grands Jours de Poitiers en 1580 et à ceux de Troyes en 1583. Il devint en 1585 avocat général à la Chambre des comptes, et fut député aux États généraux de Blois en 1588.

Pasquier suivit Henri lll à Tours, et rentra dans Paris avec Henri IV en 159â. L’üniversité profita de cette circonstance pour faire prononcer sur son affaire avec les jésuites. Le plaidoyer de Pasquier fut réimprimé et répandu partout.

L’attentat de Jean Châtel contre la vie de Henri IV trancha la question et donna gain de cause à l’Université et à Pasquier.

En IGOZj, il résigna sa charge en faveur de Théodore Pasquier, son fils aîné, et, ne perdant rien de son activité^ consacra les loisirs de sa vieillesse aux lettres qu’il avait aimées toute sa vi^-.

Ses principaux ouvrages sont les fircherc/if^s de la France, dont le premier livre parut en 1560 et qu’il porta dans la suite à neuf livres, et le Pourparler aux princes.

On a aussi de lui des Poésies latines et françaises et vingt-deux livres de LeUres précieuses pour l’histoire du temps.

Magistrat intègre et savant aimable, Pasquier m-êla volontiers le badinage et l’enjouement aux plus graves travaux. Ses poésies’ légères, qui paraissent vulgaires aujourd’hui, lui valurent, de son temps, un très grand renom.

Il mourut à Pari^', le 31 août 1615, à l’âge de quatre-vingt-six ans et fut inhumé à Saint-Séverin.

La conscience, le désintéressement et l’énergie dont Pasquier fit preuve dans l’accomplissement de ses actes, son éloquence, son érudition et son patriotisme le recommandent à l’admiration générale.

Étienne PASQUIER

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