CHIMISTE
Antoine-François de Fourcroy est né à Paris le 15 juin 1755, La branche de la maison de Fourcroy, à laquelle il appartenait, était tombée dans la pauvreté. Son père avait été réüuit à exercer l’état d’apothicaire ; il n’appartenait pas, du reste, à la corporation et n’exerçait qu’à la faveur d’une licence du duc d’Orléans.
Les apothicaires ayant obtenu, à cette époque, la suppression de tous les brevets accordés en dehors d’eux, le père de Fourcroy se vit enlever son dernier moyen d’existence.
Le jeune Fourcroy serait peut-être tombé dans le désespoir, si le célèbre médecin Vicq-d’Azir n’eût été frappé de ses dispositions et ne l’eût encouragé et soutenu. Il l’engagea à tenter la carrière de la médecine et lui promit son appui.
Fourcroy se mit avec courage au travail, et réussit au delà des espérances de son illustre protecteur. Logé dans un grenier, il vivait maigrement du produit de quelques leçons. La seule chose, a-t-il dit souvent, qui ne lui manquait pas alors était l’eau: il avait pour voisin un porteur d’eau, père de douze enfants, auxquels il apprenait à lire, et ce brave voisin lui témoignait sa reconnaissance en le comblant de sa marchandise.
En 1780, il était en état de pouvoir passer ses licences; mais les frais de réception s’élevaient alors à la somme énorme de six mille francs, et Fourcroy n’aurait pu obtenir le diplôme de médecin si Viccj-d’Azir et ses collègues de la Société royale ne lui étaient venus en aide, en faisant une collecte en sa faveur.
Reçu docteur, Fourcroy choisit la voie des travaux scientifiques, où il devait s’illustrer. En 178Zi, Bufîôn le nomma à la chaire de chimie du Jardin des Plantes, où i! enseigna pendant vingt-cinq ans avec un tel succès qu’il fallut élargir deux fois le grand amphithéâtre du Jardin des Plantes, pour donner place à la foule qui venait entendre ce professeur incomparable.
En 1785, il fut admis à l’Académie des sciences. Jusqu’à la Révolulution, il se borna à l’étude de la chimie et à la pratique de la médecine.
Aommé, en 1792, député-suppléant de Paris à la Convention, il y remplaça Marat. Là, il devint un des membres les plus actifs du Comité de l’instruction publique.
Membre du Comité de salut public après le 9 Thermidor, il organisa l’École polytechnique et donna la première idée de l’École normale. Il fit ensuite partie du Conseil des anciens, d’où il sortit par le sort, en 1798.
L’année suivante, après le 18 Brumaire, il fut appelé par le premier Consul au Conseil d’État, où il resta jusqu’à sa mort. Il s’y occupa principalement de l’instruction publique, dont il fut nommé directeur général eu 1801.
On lui doit l’organisation des Écoles de médecine de Paris^ de Montpellier et de Strasbourg, de douze Écoles de droit et de plus de trois cents lycées ou collèges.
Chargé de préparer les décrets sur l’établissement de l’üniversité, il eut le chagrin de se voir privé de la direction de ce corps, et mourut bientôt, frappé d’apoplexie, le 16 décembre 1809, à l’âge de cinquante-quatre ans.
FÜURCRÜY (Antoine-François, comte ue)