MAIRE DE PARIS. — MINISTRE DE LA GUERRE
Jean-Nicolas Pache naquit à Paris en 1746. Son père, Suisse d’origine, était concierge de l’hôtel de Casti'ies.
Le duc de Castries, frappé de la remarquable intelligence du jeune Pache, le lit instruire et lui confia ensuite l’éducation de ses propres enfants. Il lui procura plus tard un emploi dans les bureaux de la marine.
Après avoir rempli divers emplois administratifs dans lesquels il avait fait preuve de rares aptitudes, Pache se démit de sa dernière fonction, fit remise au roi des brevets de ses pensions montant à 11,000 francs et quitta la France pour aller vivre en Suisse dans sa famille. Il revint à Paris à l’époque de la Révolution.
A son arrivée, le duc de Castries voulut le faire nommer commissaire de la marine. Sur ces entrefaites, Roland fut appelé au ministère de l’intérieur, en 1792. Le nouveau ministre le chargea d’organiser son administration et d’en assurer les services. Pache se distingua dans cette tâche par un esprit et une application rares.
« Portant dans sa poche un morceau de pain, ditThiers, et ne quittant pas même le ministère pour manger, il travaillait pendant des journées entières et avait charmé Roland par ses mœurs et son zèle. »
Le ministre de la guerre Servan, l’ayant vu à l’œuvre, pria Roland de lui céder son utile collaborateur pour l’aider à débrouiller son ministère. Pache, alors, des bureaux de l’intérieur, passa aux bureaux de la guerre où il dépassa les espérances de Servan.
Après la retraite des Girondins (12 juin 1792), Pache fréquenta les clubs, où il combattit avec ardeur les prétentions menaçantes de la cour. Lorsque Roland reprit le portefeuille de l’intérieur, à la suite de la journée du 10 août, il fit de nouveau appel à son ancien collaborateur; mais Pache refusa. Toutefois, sur les instances de Monge, récemment nommé ministre de la marine, il consentit à remplir une mission dans le Midi.
Pache avait terminé cette mission lorsque, le 18 octobre 1792, la Convention, par 441 voix sur 560 votants, le nomma ministre de la guerre en remplacement de Servan. Prenant la direction des affaires à un moment où la situation était des plus critiques, il se montra complètement à la hauteur de sa tâche et lit preuve d’une sagacité et d’une fermeté qui font de lui un des hommes les plus éminents de la Révolution.
Ayant manifesté ses sympathies pour les Montagnards, il fut aussitôt en butte aux attaques des Girondins, qui portèrent à la tribune des dénonciations ineptes, et obtinrent contre lui un décret de destitution le 2 janvier 1793.
Peu après, les Parisiens le vengèrent de ses ennemis en l’appelant aux fonctions de maire de Paris. Dans ce poste important, Pache facilita la mise à exécution de toutes les mesures hardies de la Commune, mais s’efforça constamment de conjurer les troubles et les révoltes. Il contribua puissamment à la chute des Girondins, devint suspect par suite de ses liaisons avec le parti hébertiste, fut poursuivi après le 9 thermidor et acquitté par le tribunal criminel d’Eure-et-Loir. Inquiété encore sous le Directoire, il publia en 1795 des Mémoires, très curieux contenant des particularités peu connues de l’époque de la Terreur. Pache^ qui s’était retiré à Thin-le-Moutier, près de Gharleville, y mourut dans l’obscurité en 1823.
PACHE (Jean-Nicolas)