STATUE DU M. J.-M. CAILLÉ
FAÇADE SUR LA PLACE DE l’ HÔTEL-DE-VILLE
Pavillon d’angle (côte droit). — Rez-de-chaussée.
LA BRUYÈRE (Jean de)
MORALISTE
Jean de La Bruyère, célèbre moraliste, est né à Paris et non à Dourdan ainsi que l’ont écrit la plupart des biographes; il y fut baptisé le 17 août 16Zi5, ainsi qu’en fait foi le registre des naissances de la paroisse de Saint-Christophe-en-Gité.
Il était fils d’un bourgeois de Paris, Louis de La Bruyère, contrôleur des rentes de la ville, qui joua à Paris un des grands rôles municipaux pendant la Ligue.
Lejeune La Bruyère fit ses études au collège des oratoriens. D’abord avocat au Parlement de Paris, il quitta le barreau en 1673 et acheta un olfice de trésorier des finances dans la généralité de Caen. Il le conserva jusqu’au mois de janvier 1687. Cet office lui permit de s’anoblir et de prendre le titre d’écuyer.
Sa charge de trésorier des finances en Normandie ne Tempêcha pas de rester à Paris, et sur la recommandation de Bossuet, il était devenu en 168Zi précepteur du duc de Bourbon, petit-fils du grand Condé, qui venait de quitter le collège de Clermont et à qui on l’avait chargé d’enseigner l’histoire.
H passa le reste de ses jours auprès de ce prince en qualité d’homme de lettres avec une pension de mille écus.
La Bruyère fut reçu à l’Académie française le 15 juin 1693.
Ses contemporains le représentent comme un philosophe qui ne cherchait qu’à vivre tranquillement avec des amis et des livres; faisant un bon choix des uns et des autres, ne cherchant ni ne fuyant les plaisirs, toujours disposé à une joie modeste, et ingénieux à la faire naître, craignant toute sorte d’ambition, même celle de montrer de l’esprit.
Le talent d’observation que La Bruyère possédait au plus haut degré lui fit préférer parmi les écrits des anciens, les Caractères de Théophraste. Il étudia longtemps cet ouvrage, le traduisit en français et résolut de peindre son siècle comme le philosophe grec avait peint le sien.
Lorsque La Bruyère eut composé son livre des Caractères, il le porta, s’il faut en croire un de ses biographes, chez un libraire nommé Michalet, chez lequel il venait, chaque jour, feuilleter les nouveautés littéraires. Ce libraire avait une fort gentille petite fille que le moraliste avait prise en amitié.
— Voulez-vous, dit un jour La Bruyère à Michalet, en lui montrant son manuscrit des Caractères, voulez-vous imprimer ceci? Je ne sais si vous y trouverez votre compte; mais, en cas de succès, le produit sera pour ma petite amie.
Le libraire, plus incertain de la réussite que l’auteur, entreprit l’édition, mais à peine l’eut-il mise en vente qu’elle fut enlevée et qu’il fut obligé de réimprimer plusieurs fois ce livre, qui valut à sa fille une dot imprévue de près de trois cent mille francs.
La lecture de cet ouvrage, qui eut un grand succès dès sa première édition, est le meilleur enseignement de morale qui puisse être conseillé à la jeunesse moderne; les vices, les travers et les ridicules que l’auteur a dépeints étant, encore aujourd’hui, à peu de chose près, les mêmes, malgré les profonds changements survenus dans la vie sociale.
La Bruyère mourut à Versailles, frappé d’apoplexie, le 11 mai 1696.
LA BRUYÈRE (Jean de)
MORALISTE
STATUE DE M. Just BEGQUET
FAÇADE SUR LA PLACE DE L ’ H Ô T E L- D E - V I L L E
Pavillon d’angle (côté droit). — Premier étage (en retour).
HÉROLD (Louis -Joseph- Ferdinand)
COMPOSITEUR DE MUSIQUE
Louis-Joseph-Ferdinand Hérold est né à Paris le 28 janvier 1791.
Fils d’un professeur de piano qui lui donna les premières leçons, il reçut une bonne éducation, et montra de bonne heure un goût prononcé pour la musique.
A dix-sept ans, il perdit son père d’une maladie de poitrine, et entra au Conservatoire de musique de Paris, où il eut pour maître de piano Louis Adam, dont il fut un des plus brillants élèves, et pour professeur d’harmonie, Méhul
Hérold fit de rapides progrès et obtint, en 1810, le premier prix de piano et, l’année suivante, le premier prix de composition au concours de l’Institut.
Il partit pour l’Italie, visita Naples et y donna son premier ouvrage. Les événements de 1815 le forcèrent de revenir en France.
Rentré à Paris, Hérold publia quelques morceaux de piano frappés au coin d’une individualité bien dessinée et se produisit dans quelques concerts au Théâtre-Italien. En 1816, il donna avec Boïeldieu Charles de France, opéra-comique en deux actes.
Depuis, il a composé seul d’autres opéras-comiques, dont les principaux sont : les Rosières, la Clochette (1817); le Muletier (1823), et Marie (1826).
De cette dernière œuvre, date la réputation du compositeur. Le succès, d’abord indécis aux premières soirées, grandit à chaque audition nouvelle et valut à Hérold d’être fait chevalier de la Légion d’honneur. Après Marie, il se reposa.
Accompagnateur au Théâtre-Italien, puis chef des chœurs, Hérold avait résigné ce dernier poste pour accepter la place de chef de chant à l’Opéra en 1827.
Accaparé par ses nouvelles fonctions qui supprimaient le recueillement nécessaire aux grandes œuvres, il occupa ses loisirs à la composition de ballets qui n’ont rien ajouté à sa gloire.
Il écrivit aussi l’ouverture et les chœurs d’un drame joué à rOdéon, le Siège de Missolonghi, ouverture devenue populaire et jouée par toutes les sociétés philharmoniques.
Il avait l’habitude de composer en se promenant, et les Champs- Elysées lui ont souvent servi de cabinet de travail; bien des gens qui le connaissaient se sont même formalisés de le voir passer près d’eux sans avoir l’air de les apercevoir et continuer sa route en chantonnant.
C’est ainsi qu’il nota les divers motifs de Zampa, qui fut donné le 3 mai 1831, et qui le classa comme un des maîtres de la scène lyrique.
Dès cette époque, sa santé commençait à décliner; la cruelle maladie qui avait emporté son père le minait sourdement. Malgré les avis de ses amis, qui lui conseillaient un climat plus doux, il refusa de s’éloigner de Paris et continua de vaquer à ses occupations.
L’Opéra-Comique avait mis le Pré aux clercs en répétition; Hérold y déploya une fiévreuse ardeur, et il était brisé quand arriva, le 15 décembre 1832, la première représentation de son chefd’œuvre. Aussi, quand le public demanda l’auteur à la fin de cette soirée qui fut un triomphe pour lui, il ne put se présenter, et l’on fut obligé de répondre que son état maladif ne lui permettait pas de se rendre à cet appel.
Hérold s’alita bientôt pour ne plus se relever et, le 19 janvier 1833, il rendit le dernier soupir. Il n’avait que quarante-deux ans.
HÉROLD (Louis-Joseph-Ferdinand)
COMPOSITEUR DE MUSIQUE
STATUE DE M. H.-M.-A. GIIAPU
FAÇADE SUR LA PLACE DE L ’ H Ô T E L - D E - V 1 L L E
Pavillon d’angle (côté droit). — Premier étage.
DAVID (Jacques-Louis)
PEINTRE
Jacques-Louis David naquit le 30 août 17/|8 à Paris, dans une maison du quai de la Mégisserie. Il était fils d’un marchand de fer qui périt en duel. Son oncle, entrepreneur des bâtiments du roi, le mit au collège des Quatre-]\ations. Le jeune David y manifesta sa vocation en couvrant de croquis ses livres et ses cahiers.
Au sortir du collège, il fut placé chez son parent Boucher, le peintre à la mode, qui, déjà vieux, le confia à Vien. Sedaine, secrétaire de l’Académie d’architecture, qui était son parrain, lui donna un logement au Louvre.
Tout en travaillant à la décoration du salon de la célèbre danseuse Guimard, David remporta le grand prix de Rome en 1775. Vien venait précisément d’être nommé directeur de l’École française de Rome, David l’y suivit.
Pendant la première année de son séjour dans cette ville, il s’occupa exclusivement à faire des dessins d’après l’antique et les grands maîtres. Dans les années qui suivirent, il fit quelques études d’après nature et peignit deux grands tableaux : l’un, vigoureuse copie de la Cène de Valentin, qui détermina une révolution dans sa manière ; l’autre, la Peste de saint Roch, composition qu’il termina en 1779 et qui lui valut les plus grands éloges. Ce dernier tableau orne aujourd’hui l’une des salles du Lazaret de Marseille.
David revint en France en 1780, et ouvrit une école qui devint la plus suivie de l’Europe. Il fut admis à l’Académie de peinture en 1783.
La Révolution trouva en lui un partisan enthousiaste, et il consacra son talent à reproduire les événements mémorables de l’époque. En 4791, il offrit à l’Assemblée constituante l’esquisse fameuse du Serment du Jeu de paume. La Mort de Marat lui fournit, deux ans après, le sujet d’un tableau célèbre.
Député de Paris à la Convention, David siégea parmi les Montagnards et vota la mort de Louis XVI; il fit partie du Conseil de Sûreté générale et fut même, un instant, président de cette Assemblée. Ami de Robespierre, il l’abandonna au 9 Thermidor; cependant il fut décrété d’accusation et deux fois emprisonné.
A partir de l’année 1796, il ne s’occupa plus de politique et s^adonna tout entier aux arts.
De son atelier, sont sortis entre autres chefs-d’œuvre : BëlUaire, Brutus, les floraces, la Mort de Socrate, VEnlève?nent des Satines, Léonidas aux Thermopyles, la Colère d'Achille, Bo7iaparte au Saint- Bernard, etc. Le Louvre possède treize toiles de ce peintre.
Bien avant le Consulat, Napoléon s’était lié d’amitié avec David; devenu empereur, il le nomma son premier peintre et lui commanda, avant même que la cérémonie eût lieu, le plus célèbre de ses tableaux : le Couronnement de C Empereur , qui a figuré, en 1889, au Champ de Mars, dans l’Exposition centenale des beaux-arts.
A la seconde Restauration (1815), il fut rayé de l’Institut dont il faisait partie depuis 1795 et mis au nombre des conventionnels exilés.
Il se retira à Bruxelles où il reprit ses travaux avec ardeur et les continua jusqu’à sa mort, qui eut lieu le 29 décembre 1825.
Le gouvernement de la Restauration ne permit pas qu’on rapportât ses restes en France, mais celui des Pays-Bas et la population de Bruxelles lui firent de magnifiques funérailles et lui élevèrent un monument dans l’église de Sainte-Gudule.
David a été le régénérateur de l’art classique en France; on l’a surnommé le Corneilte de la peinture.
DAVID (Jacques-Louis)
PEINTRE
STATUE DE 31. J. -B. BAUJAÜLT
FAÇADE SUR LA PLACE DE L’HÔTEL-DE-VILLE
Pavillon d’angle (côté droit). — Second étage.
ROLLIN {Charles)