CHANSONNIER NATIONAL
STATUE DE M. J. -O. MOMBüK façade sur le quai Pavillon de gauche. — Premier étage.
BEAUMARCHAIS (Pierre- Augustin, CARON de)
AUTEUR DRAMATIQUE
Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais est né à Paris le 2/i janvier 1732. Il était fils d’un habile horloger qui le destina à sa profession. Il se distingua d’abord dans l’état de son père et inventa un nouveau système d’échappement que lui disputa Lepaute. Nommé horloger du roi, il put pénétrer à la Cour et cesser d’être enfermé, ainsi qu’il le dit, entre quatre vitres. Habile joueur de harpe et de guitare, il fut admis dans les concerts de Mesdames, filles de Louis XV. Ayant usé de son crédit de façon à être agréable au financier Pâris-Duverney, celui-ci l’enrichit en le faisant participer, au moyen d’un prêt considérable, à de grandes spéculations. Il renonça alors à sa profession d’horloger et ajouta à son nom celui de Beaumarchais, qu’il devait rendre fameux et qu’il emprunta à un petit domaine lui appartenant par héritage.
En 1761, il acquit la noblesse en achetant la charge de conseiller secrétaire du roi, et, plus tard, il put répondre au conseiller Goëzmann lui reprochant sa roture : « Cette noblesse est bien à moi, en bon parchemin scellé du sceau de cire jaune; elle n’est pas, comme beaucoup d’autres, incertaine et sur parole; personne n’oserait me la disputer, car fen ai la quittance. »
Ses relations ayant affermi son crédit, Beaumarchais parvint, jeune encore, à une opulence inespérée. Dès lors, il se voua au culte des lettres. Ses deux premières pièces : Eugénie et les Deux Amis, drames, eurent peu de succès.
Un procès avec les héritiers de Pâris-Duverney lui fournit l’occasion d’atteindre subitement à la célébrité, en publiant les Mémoires contre les sieurs de Goë2rna?in, La Blaclie, Marin et d" Aulnay (I77â-1775). Ces Mémoires constituent un des plus curieux documents de la littérature dans la dernière période du xviiie siècle. Drame, satire, tout y est; tantôt plaisant jusqu’à la bouffonnerie, tantôt sérieux jusqu’à l’éloquence, Beaumarchais fit d’une mince affaire une question de liberté publique, et, dans l’un de ces Mémoires, le premier en France, il se déclara citoyen : « Je suis un citoyen, c’est-à-dire je ne suis ni un courtisan, ni un abbé, ni un gentilhomme, ni un financier, ni un favori, ni rien de ce qu’on appelle puissance aujourd’hui. Je suis un citoyen, c’est-à-dire ce que vous devriez être depuis deux cents ans, ce que vous serez dans vingt ans peut-être. »
Encouragé par le succès de ces Mémoires, il créa une sorte de comédie nouvelle, pleine de verve et d’originalité. Le Barbier de Séville (1775) et surtout le Mariage de Figaro (178à) sont la vraie comédie de l’époque, l’image fébrile de la société française à la veille de la Révolution.
Le Barbier de Séville lui fournit l’occasion de faire reconnaître par l’Assemblée constituante la propriété en matière d’œuvres dramatiques. Il donna la première édition des œuvres de Voltaire et dépensa dans cette entreprise des sommes considérables.
A l’époque de la Révolution, il fut nommé membre provisoire de la commune de Paris; mais il quitta bientôt les affaires publiques pour se livrer à de nouvelles spéculations, moins heureuses cette fois.
Emprisonné à l’Abbaye sous la Terreur, il échappa cependant à l’échafaud, et, vivant désormais dans la retraite, il écrivit des mémoires intitulés Mes six époques (1793-1795).
Beaumarchais mourut, subitement et en pleine santé, le 18 mai 1799, à l’âge de soixante-neuf ans.
BEAUMARCHAIS (Pierre-Augustin, CARON de)
ACTEUR DRAMATIQUE