STATUE DE M. E. LAURENT
FAÇADE SUR LE QUAI
Pavillon de gauche. — Second étage.
LE BRUN (Charles)
PEINTRE
Charles Le Brun naquit à Paris, le 24 février 1619^ rue Saint- Martin. Le chancelier Séguier, frappé de ses dispositions, le fit entrer dans l’atelier de Simon Vouet et l’envoya ensuite à Rome, où il l’entretint pendant six années.
A l’époque où Le Brun se rendait en Italie, le Poussin quittait aussi la France pour retourner à Rome. Le jeune peintre eut le bonheur de joindre ce grand maître à Lyon. Ils arrivèrent ensemble à Rome, et Le Brun n’eut plus d’autre demeure que celle du Poussin qui le prit en affection et l’initia à tous les secrets de son art.
Pendant son séjour à Rome, Le Brun s’appliqua beaucoup à dessiner d’après l’antique. Des figures principales qu’il copia, il fit des réductions dont il composa un volume contenant soixante-cinq dessins qu’il offrit à Séguier, son généreux protecteur.
Rappelé à Paris en 1648, il exécuta pour l’église Notre-Dame le Crucifiement de saint André et le Martyre de saint Étienne,
L’année suivante, le président Lambert de Thorigny le chargea, avec Le Sueur, de la décoration intérieure de l’hôtel qu’il s’était fait construire par l’architecte Leveau.
Cette magnifique habitation, connue sous le nom d’hôtel Lambert, est située à l’angle du quai d’Anjou et de la rue Saint-Louis. Elle appartient actuellement à la famille du prince Czartoryski.
Fouquet^ le célèbre surintendant des finances^ lui confia les peintures de son château de Vaux, et se l’attacha par une pension de douze mille livres, indépendamment du prix de ses ouvrages qui lui était payé à part.
C’est chez Fouquet que Le Brun connut le cardinal Mazarin qui se plaisait à venir le voir travailler, et qui le présenta au roi. Ce fut le premier degré de la faveur de Le Brun. Il comprit Louis XIV et imposa à l’art le caractère fastueux qui convenait à la monarchie fastueuse du roi Soleil.
Colbert, héritier de Mazarin et son successeur dans la faveur de Louis XIV, fit nommer Le Brun premier peintre du roi et directeur de l’Académie de peinture. Il obtint enfin pour lui, en 1662, des lettres de noblesse, et lui fit avoir une pension égale à celle que Fouquet lui faisait précédemment.
Le Brun fut chargé de peindre les plafonds de la galerie des glaces du palais de Versailles. Ce travail, qui l’occupa pendant quatorze ans, représente Thistoire de Louis XIV depuis son avènement au trône jusqu’à la paix de Nimègue.
Le Brun ne fit pas que de la décoration ; on a de lui de nombreux tableaux, et le Musée du Louvre possède vingt-six belles toiles de ce peintre.
Sans rival en France après la mort de Le Sueur, il devint l’arbitre du goût et comme le directeur des beaux-arts ; c’est lui qui, en 1666, engagea le roi à créer l’Ecole française de Rome en y (invoyant aux frais du gouvernement les jeunes gens qui avaient remporté le premier prix, soit en peinture, soit en sculpture. Mais à la mort de Colbert, qui l’avait toujours protégé, il se vit préférer xMignard.
Le chagrin que lui causa cette disgrâce abrégea sa vie ; il tomba malade de langueur et mourut le 12 février 1690, aux (iobelins. Il fut inhumé dans l'église Saint-Nicolas-du-Ghardonnet, où l’on peut admirer son tombeau sculpté par Coysevox, célèbre sculpteur contemporain.
JÆ BRUN (Charles)
PEINTRE