STATUE DE M. J. -F. RENAUDOT
FAÇADE SUR LE QUAI
Pavillon de gauche. — Second otage (en retour).
Madame VIGÉE-LEBRUN
(Née] Marie-Élisabeth VlCxÉE)
Marie -Élisabeth Vigée, qui, sous le nom de « Vigée- Lebrun », devait s’illustrer comme peintre de portraits et d’histoire, est née à Paris le 16 avril 1755. Louis Vigée, son père, était un peintre distingué qu’elle a fait oublier.
En se livrant, dans l’atelier paternel, aux jeux de l’enfance, elle prenait souvent des pinceaux et des palettes et s’essayait à rendre, sur les toiles, les objets qu’elle avait sous les yeux ou qui se présentaient à sa pensée. C’est ainsi qu’elle apprit, toute seule, les rudiments de l’art. A sept ans, raconte-t-elle dans ses Souvenirs, elle avait dessiné un « homme à barbe », d’après lequel Vigée^ augurant de son avenir, s’occupa enfin de lui donner des leçons.
A quinze ans, elle fit le portrait de sa mère avec une grâce et une vérité qui attirèrent l’attention des connaisseurs. Joseph Vernet et d’autres artistes de son temps lui donnèrent des conseils, et elle acquit promptement les plus précieuses qualités. Enfin de longues études dans les galeries du Louvre lui révélèrent les secrets des maîtres.
A vingt ans, elle était déjà célèbre dans le monde des artistes et ses portraits du Comte Orloff, de Souvaroff^ de la Comtesse de Brienne et de la Duchesse d'Orléans la mirent à la mode dans la haute société.
D’Alembert fut chargé de lui offrir ses entrées à toutes les séances de l’Académie française en récompense des portraits qu’elle avait faits de La Bruyère et du cardinal Fleury, d’après des gravures, ^ en 1775. L’année suivante, elle épousa Lebrun qui faisait le commerce des tableaux. Elle était alors en pleine vogue et recevait en quelque sorte des hommages publics. A l’une des séances de l’Académie à laquelle elle assistait, La Harpe lut un discours sur les Talents des femmes. Quand il vint à ces vers :
Lebrun, de la beauté le peintre et le modèle,
Moderne Roçalba, mais plus brillante qu’elle,
Joint la voix de Favart au souris de Vénus. . .,
tout le public se tourna vers Lebrun, en l’applaudissant avec transport.
En 1779, elle fit le portrait de Marie- Antoinette. Depuis cette époque, elle peignit plus de vingt fois la reine dans toutes les poses et dans tous les costumes. Elle fit aussi le portrait de Monsieur (depuis Louis XVIII).
Dès 1783, M”"® Lebrun avait été reçue de l’Académie de peinture, sur la demande de Vernet et malgré l’opposition de quelques membres.
Aux premières approches des orages révolutionnaires, Lebrun, dont tous les amis se trouvaient menacés, fut prise d’une sorte d’épouvante et émigra en 1789.
Elle se vit très recherchée par tous les souverains de l’Europe. Rayée, en 1801, de la liste des émigrés, elle rentra en France où elle reprit sa vie d’artiste.
Elle a peint quelques tableaux d’histoire et plus de six cents portraits, parmi lesquels on remarque le sien et celui de sa fille, placés dans la salle du pavillon Denon, au Louvre, qui possède cinq autres toiles remarquables de cette femme de talent.
Elle s’éteignit à l’âge de quatre-vingt-sept ans, le 30 mars 18â2.
Madame VIGÉE-LEBRUN
(Née Marie-Élisabeth VIGÉE) 1755-1842