‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 57 sur 142 · STATUE DE M. E.-F.-A. PEPIN · texte numérisé non relu

STATUE DE M. E.-F.-A. PEPIN

FAÇADE SUR LE Q ÜAI

Pavillon de droite. — Rez-de-chaussée (en retour)

Madame de STAËL

(Anne-Louise-Germaine, NECKER, baronne de STAEL-HOLSTEIN)

Anne-Louise-Germaine Necker, fille du ministre populaire, dont Tavènement aux finances fut comme Taurore de la Révolution française, naquit à Paris le 22 avril 1766. Elle donna, dès l’enfance, les marques d’un esprit supérieur. A quinze ans, elle commentait V Esprit des Lois.

En 1786, elle épousa le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède; ce mariage, où les convenances de la religion furent plus consultées que les sentiments, fut bientôt suivi d’une séparation.

M"*®de Staël débuta, comme écrivain, en 1788, par les Lettres sur le caractère et les écrits deJ.-J. Rousseau. Le succès de ces Lettres, qui répondaient au mouvement si sympathique du temps, fut universel. Vouée par caractère à la cause de la liberté, elle manifesta l’intérêt le plus vif au développement de la Révolution française. Toutefois, lors de l’arrestation de Louis XVI, à Varennes, de Staël, prise de compassion pour les fugitifs, rédigea un plan d’évasion pour le roi et le dauphin.

Quand elle apprit la mort de Louis XVI, elle publia un mémoire plein d’éloquence et de sensibilité en faveur de Marie-Antoinette.

Le zèle qu'elle mit également à dérober les émigrés à l’échafaud lui valut d’être dénoncée par Legendre, du haut de la tribune de la Convention, et d’être décrétée d’arrestation par le Directoire. Barras la préserva de ce danger. Après le 9 thermidor, elle publia ses Réflexions sur la paix, qu’elle dédia aux Français, et qui eurent un grand retentissement dans toute l’Europe. C’est vers cette époque que de Staël écrivit son livre de V Influence des Passio?is sur le bonhevr des individus et des nations et un autre ouvrage intitulé : de la Littérature dans ses rapports avec les institutions sociales.

Sous le Directoire, elle exerça, par son salon et par ses écrits, une grande influence ; pressentant les projets de Bonaparte, elle combattit la politique du 18 brumaire et dut s’éloigner de Paris. Elle se rendit en Suisse, à Coppet, où Necker s’était retiré en 1790, et y composa son roman, Delphine, qui la plaça au premier rang des écrivains de l’époque.

Les idées d’indépendance semées partout dans ce livre portaient ombrage au gouvernoment, et de Staël reçut l’ordre de ne pas rentrer en France. Dès ce moment, et pendant toute la durée du Consulat et de l’Empire, sa vie ne fut qu’une suite de persécutions et d’exils. Elle visita l’Italie et l’Allemagne, où elle ébaucha ses deux grands ouvrages, VAllewag^ie et Corirme, dont la publication eut plus tard du retentissement. On sait la colère que manifesta Napoléon lors de la publication de Corinne, dont il écrivit lui-même une virulente critique insérée, par son ordre, au Moniteur.

La mort de son père l’avait rappelée à Coppet. Elle y fut internée par ordre de l’empereur. Au printemps de 1812, elle parvint à s’évader et se réfugia successivement à Vienne, à Moscou, à Pétersbourg et enfin alla habiter Stockholm où elle commença à rédiger son journal, Dix ans d'exil, et où elle écrivit ses Réllexions sur le suicide.

La déchéance de Napoléon la ramena en France. Les Cent-Jours l’en éloignèrent de nouveau. Après Waterloo, l’illustre exilée, toujours assez Française pour préférer le « ruisseau de la rue du Bac » aux plus belles vallées du monde, revint à Paris, où elle succomba le ilx juillet 1817. Ses restes furent transportés à Coppet.

Madame de STAËL

(Anne-L 0 LISE -Germaine , NECKER, baronne de STAEL-HOLSTEIN)

STATUE DE M. Maurice FERRARY

FAÇADE SUR LE QUAI

Pavillon de droite. — Rez-de-chaussée.

Madame GEOFFRIN

(Née Marie-Thérèse Rodet)

Marie-Thérèse Rodet naquit à Paris le 2 juin 1699. Fille d’un valet de chambre de la Dauphine, elle suppléa par l’esprit, le bon sens et le goût à ce qui lui manquait d’instruction. A quinze ans, elle épousa M. Geoffrin, qui portait le titre de lieutenant-colonel de la milice bourgeoise de Paris, et y fut l’un des fondateurs de la Manufacture des glaces.

On a prétendu que c’était cet homme bon et simple qui, lisant toujours le même volume, s’en apercevait seulement de temps à autre. 11 mourut bientôt, laissant à sa femme une fortune qui n’était pas considérable, mais qu’elle augmenta beaucoup par son esprit d’ordre et d’économie, qu’elle appelait elle-même « une source d’indépendance et de libéralité ».

Elle fit dès lors de sa maison le rendez-vous des gens de lettres, des artistes et des grands seigneurs. Parmi ses habitués figuraient les encyclopédistes Diderot et d’Alembert, les littérateurs Marmontel et Thomas.

A l’imitation de M”'® de Tencin, qui, chaque année, par plaisanterie, faisait cadeau de deux aunes de velours à chacun de ses habitués, M“® Geofirin donnait une calotte d’étolfe à chacun de ses coRvives assidus. Mais elle était pour eux, surtout pour les encyclopédistes, d’une générosité à toute épreuve, donnant à plusieurs des pensions annuelles, offrant à d’autres des présents et des sommes considérables.

On lui a reproché d’apporter trop de despotisme dans la tenue de son salon et de gouverner ceux qu’elle recevait comme des protégés, de les gronder et de les régenter. Quand une conversation rie lui plaisait pas, elle y coupait court par ces mots : « Voilà qui est bien. » Elle causait elle-même avec une familiarité originale qui ne tombait pas dans le trivial. Elle écrivait de même, comme on en peut juger par ses lettres. Sa réputation devint européenne. D’illustres étrangers la fréquentèrent, et quand Stanislas Poniatowski, dont elle avait payé les dettes durant son séjour à Paris, devint roi de Pologne, il lui écrivit : « Maman, votre fils est roi. »

Pressée de se rendre à Varsovie, M‘"® Geoffrin entreprit ce grand voyage en 1766, à l’âge de soixante-huit ans. L’empereur d’Allemagne se porta à sa rencontre pour la voir; l’impératrice-reine l’invita à sa table à Vienne. Poniatowski, qui lui avait fait préparer une chambre exactement semblable à celle qu’elle avait à Paris, l’entoura de prévenances.

On cite de M“® Geoffrin une foule de maximes et de pensées heureuses et de nombreux actes de générosité accomplis avec une délicatesse admirable. Indulgente et généreuse^ elle avait pour devise :

« Donner et pardonner ».

Les derniers jours de M'"® Geoffrin furent attristés par des dissentiments domestiques. Sa fille, la marquise de La Ferté-Imbault, qui n’aimait pas les philosophes et qui reprochait à V Encyclopédie (l’avoir coûté plus de cent mille écus à sa mère, parvint à exclure ceux mêmes à qui M"^® Geoffrin était le plus attachée.

Frappée de paralysie, elle mourut en octobre 1777, n’ayant oublié aucun de ses amis dans son testament.

Madame GEOFFRIN

(Née Marie-Thérèse Rodet) 1699-1777

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STATUE DE M. Jules FRANCESCHI

FAÇADE SD R LE QDAI

Pavillon de droite. — Rez-de-chaussée.

L ENOIR (Marie-Alexandre)

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