ARCHÉOLOGUE — CRÉATEUR DU MUSÉE DES PETITS-AUGUSTIN S
STATUE DE M. Alfred LENOIR
FAÇADE SUR LE QUAI
Pavillon de droite. — Premier étage (en retour).
DELACROIX (Ferdinand-Vigtor-Eügène)
PEINTRE d’histoire
Eugène Delacroix naquit à Charenton-Saint-Maurice, près Paris, le 26 avril 1799. 11 était fils du conventionnel Charles Delacroix qui fut ministre des relations extérieures sous le Directoire, et préfet de Marseille sous l’Empire.
Dans son enfance, sa vie fut souvent mise en péril : le feu prit à son berceau et il en fut retiré couvert de brûlures dont il a toujours gardé les marques; il faillit mourir empoisonné par du vert-de-gris; deux fois il manqua de s’étrangler; un jour, enfin, il tomba dans le port de Marseille et ne dut la vie qu’au dévouement d’un matelot.
A la mort de son père, en 1805, il fut ramené à Paris par sa mère qui le fit entrer au lycée Louis-le-Grand. Un jour de sortie, étant allé visiter le musée Napoléon où venaient d’être rassemblés les trésors d’art enlevés à l’Italie et aux Pays-Bas, le jeune Delacroix fut émerveillé et la vue de ces chefs-d’œuvre décida, dit-on, de sa vocation. A dix-huit ans, il entra dans l’atelier de Pierre Guérin qui, le trouvant rebelle à l’enseignement académique, finit par ne plus s’occuper de lui : « Laissons-le peindre à sa fantaisie, disait-il à ses autres élèves, il vaut mieux qu’il fasse des croûtes que des dettes. »
Quand l’école de David fut attaquée, Delacroix se rangea du côté des novateurs et abandonna bientôt la tradition académique. Suivant un mouvement semblable à celui qui s’accomplissait dans la poésie, il produisit une foule d’œuvres fort admirées des uns, fort critiquées des autres, qui firent de lui le chef de l’école romantique dans la peinture et dont les mérites, universellement reconnus plus tard, lui valurent la croix de commandeur de la Légion d’honneur et lui ouvrirent les portes de l’Institut en 1857.
Ce grand peintre a beaucoup produit et nous ne pouvons citer que ses principaux chefs-d’œuvre : Scène de^ fnassacres de Scio, Dante et Virgile^ VE^iLrée des Croisés à Co7islantinople, Femmes d'Alger dans leurs appartements^ une Noce juive, la Barque de don Juan — ces six merveilleusestoiles figurent au musée du Louvre; — la Bataille de Taillebourg, au musée de Versailles; Marino Faliero, le Christ au Jardin des Oliviers, la Mort de Sardanapale, le Tasse da?is T Hospice des Fous, etc. Il a enfin décoré de remarquables compositions la Chambre des députés, le palais du Sénat, diverses églises et enfin le plafond de la galerie d’Apollon, au Louvre.
Delacroix est un peintre de génie dont l’originalité est puissante et le coloris vigoureux; ses compositions sont vibrantes et dans leur réalisme se mêle toujours une émouvante poésie. Le poète Théophile Gautier qui, lui aussi, fut un grand artiste, a tracé de lui un portrait plein de verve admirative et de vérité : « Delacroix, dit-il, n’est pas seulement un coloriste, il a le don si rare, en peinture, du mouvement : ses personnages remuent, gesticulent, courent, se précipitent; la toile semble les contenir avec peine : on dirait qu’ils vont s’échapper du cadre; ils ont sur leur contour comme un flamboiement perpétuel, comme un tremblement lumineux d’atmosphère. » Et il s’écrie en terminant : « Quel admirable metteur en scène de drames que Delacroix! quelle science des groupes! quelle agitation passionnée! quel effet saisissant et pittoresque! »
Delacroix était en pleine gloire et rêvait encore de nouveaux travaux quand la mort vint le frapper. 11 s’éteignit le 13 août 1863 et fut enterré au Père-Lachaise.
Un monument, œuvre remarquable du sculpteur Dalou, a été élevé à sa mémoire dans le Jardin du Luxembourg.
DELACROIX (Ferdinand-Vigtor-Eugène)
PEINTRE d’histoire
STATUE DE M. E.-C.-D. GüILBERT
FAÇADE SUR LE QUAI
Pavillon de droite. — Premier étage.
MUSSET (Louis-GharleS'Alfred de)