‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 60 sur 142 · POÈTE LYRIQUE · texte numérisé non relu

POÈTE LYRIQUE

Alfred de Musset naquit à Paris le 11 novembre 1810. Il était fils de Musset-Pathay, chef de bureau au ministère de la guerre, auteur d’une histoire estimée de J.-J Rousseau, et frère de Paul de Musset, qui s’est également conquis un nom dans les lettres.

Après avoir fait de bonnes études au collège Henri IV, où il fut le condisciple et l’ami du duc d’Orléans, il hésita entre diverses carrières, puis fut entraîné par le mouvement littéraire de 1830.

Il se jeta dans la mêlée en publiant un volume de poésies intitulé Contes et d' Italie (1830), qui révéla aussitôt un poète;

ces récits légers, avec les hardiesses bizarres de la Ballade à la lune^ excitèrent de vives réclamations, mais acquirent à l’auteur une prompte popularité que justifiait un talent plein de franchise, de souplesse, d’élégance et de libre désinvolture.

Célèbre à vingt-trois ans, Alfred de Musset devint le secrétaire de George Sand,etfit, avec l’illustre romancière, un voyage en Italie. Les Lettres d'un voyageur de celle-ci et les Confessions d’un eiifant da siècle du poète laissent entrevoir l’influence de cette femme supérieure sur son esprit.

Alfred de Musset afficha une misanthropie sombre et un précoce dédain de la vie. On retrouve dans plusieurs de ses œuvres, notamment dans Rolla, l’expression de ce sentiment.

A partir de 1833, il composa de charmants proverbes, dont plusieurs ont été joués avec succès et dont les suivants: Un caprice, Une faut jurer de rien. Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée elle Chandelier sont restés au répertoire de la Comédie française.

Il donna en 1835 un Spectacle dans un fauteuil, nouveau recueil de vers qui reçut le meilleur accueil ; publia en 1836 les Confessions d'un enfant du siècle, onsYdigQ déjà cité plus haut, et qui paraît être sa propre histoire. Il publia enfin des Nouvelles et des Contes, et donna un nouveau recueil de poésies qui mit le sceau à sa réputation. L’Académie française l’admit dans son sein en 1852.

L’auteur de toutes ces gracieuses œuvres, privé par la révolution de 18/i8 de la place de bibliothécaire au ministère de l’intérieur, qu’il avait due à l’amitié du duc d’Orléans et que l’Empire lui rendit plus tard, sentait chaque jour sa misanthropie augmenter ; ardent au plaisir et incapable de maîtriser ses penchants, il abrégea sa vie et s’éteignit dans une vieillesse prématurée, à l’âge de quarante-sept ans, le 1"'' mai 1857.

Alfred de Musset s’est conquis une place parmi les grands poètes; il n’a point de rival dans l’élégie, et ses Nuits suffiraient pour lui assurer une renommée durable.

Sur sa tombe, élevée dans l’avenue principale du Père-La-Chaise, ses amis ont fait planter un saule et graver ces vers du poète, empruntés à l’une de ses élégies les plus tristes et les plus tendres :

Mes chers amis, quand je mourrai Plantez un saule au cimetière.

J’aime son feuillage éploré;

La pâleur m’en est douce et chère,

Et son ombre sera légère A la terre où je dormirai.

MUSSET (Loüis-Cha.rles-Alfred de)

POÈTE LÏRIQÜE

STATUE DE Al. J. -A. -Al. IDRAG

FAÇADE SUR LE QUAI

Pavillon de droite. — Premier étage.

FRÉRET (Nicolas)

Page 1