‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 71 sur 142 · VOYAGEUR. — NATURALISTE · texte numérisé non relu

VOYAGEUR. — NATURALISTE

Victor Jacquemont est né à Paris le 6 août 1801. Lorsqu’il eut achevé ses études, son père, membre du Tribunat (Assemblée législative créée en France par la Constitution de l’an VlIIb aurait voulu qu’il embrassât la carrière de la médecine, mais le jeune homme se sentait attiré plus spécialement vers les sciences naturelles.

Jacquemont suivit le cours de chimie de Thénard.

Un accident, survenu au laboratoire, compromit sa santé et le força de vivre quelque temps à la campagne.

Le général La Fayette, ami de sa famille, le fit venir à son château de La Grange, et c’est là que Jacquemont composâtes premiers éléments de son herbier qu’il augmenta par des excursions dans les montagnes de l’Auvergne, puis en Suisse et dans les Cévennes.

Il parcourut ensuite l’Amérique du Nord, et il était à ^Saint- Domingue, s’extasiant sur les beautés de la nature intertropicale, lorsque son frère obtint pour lui, du Muséum d’histoire naturelle, une mission scientifique dans l’Inde.

Jacquemont accourut en France à cette nouvelle pour y prendre des instructions et faire les préparatifs de son voyage.

Comme surcroît de précautions, il se rendit à Londres auprès des directeurs de la Compagnie des Indes, auxquels il fit part du but de sa mission.

Nommé membre de la Société asiatique anglaise et muni de nombreuses lettres de recommandation dont il usa utilement dans son voyage, il passa la Manche, fit ses adieux à sa famille et s’embarqua à Brest le 26 août 1828.

Jacquemont parcourut l’Himalaya, le Thibet, pénétra jusqu’à Lahore, où il fut accueilli par le roi ; visita la province de Cachemire et le Pendjab ou pays des Sept-Rivières.

En herborisant dans les marécages empestés de l’île de Salsette, il fut atteint d’une maladie mortelle.

Jacquemont se réfugia à Delhi et de là à Bombay, où il succomba, le 7 décembre 1832, à l’affection du foie qu’il avait contractée sous ce climat meurtrier.

Malgré sa mort prématurée, Jacquemont a laissé deux ouvrages qui suffisent à illustrer sa mémoire : le Journal co?nplet de son voyage^ avec descriptioyis zoologiques et botaniques^ imprimé par Firmin-Didot, et sa Correspondance, éditée par sa famille.

Les précieuses collections que Jacquemont avait formées dans ses voyages sont déposées, en grande partie, au Muséum du Jardin des Plantes.

Quelques-unes, qui ont rapport aux plantes et aux industries textiles, se trouvent aux Arts-et-Métiers.

JACQUEMONT (Victor)

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