‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 72 sur 142 · Partie centrale. — Pavillon sud. — Rez-de-chaussée · texte numérisé non relu

Partie centrale. — Pavillon sud. — Rez-de-chaussée

REGNAULT (Alexandre-Georges-Henki)

PEINTRE

Henri Régnault naquit à Paris le 30 octobre 18Zi3. Il était fils de Henri-Victor Régnault, le savant chimiste qui fut administrateur de la manufacture de Sèvres.

Il fit ses études au lycée Napoléon et obtint de nombreux succès dans ses classes et aux concours généraux. Il y manifesta, dès cette époque, une grande aptitude pour le dessin.

Au sortir du collège, il entra à l’École des beaux-arts où il eut pour maître Cabanel. Tout en suivant les cours de cette Ecole, Régnault étudiait avec ardeur et exécutait un grand nombre d’études peintes et de dessins d’après les tigres et les lions du Jardin des Plantes.

En 1866, il obtint le grand prix de Rome et partit en Italie. Il visita Florence, puis se rendit à Rome, d'où, quelques jours après son arrivée, il envoya à un de ses amis une lettre enthousiaste dans laquelle il exprime ainsi son admiration pour Michel-Ange :

« Pour moi, Michel-Ange est un dieu auquel on n’ose pas toucher; on craindrait qu’il n’en sortît du feu. Je suis broyé. Ce géant m’a laissé à moitié mort : c’e^t un coup de foudre que son plafond b »

Malgré son admiration pour le grand maître italien, Régnault ne se laissa pas aller à l’imiter. Pendant les deux années qu’il passa à Rome, le jeune peintre ex^^cuta de nombreuses études et composa son Automédon domptant les chevanx d'Achille^ qui parut à l’exposition de l’École des beaux-arts. Ce tableau fut le point de départ de sa réputation d’artiste que devait définitivement consacrer le Portrait toile remarquable qu’il avait exécutée pen-

dant un voyage en Espagne et qui valut au jeune maître une médaille au Salon de 1869. Ce tableau figure aujourd’hui au Louvre, dans la grande salle française. Apres un nouveau voyage en Espagne il exposa, en 1870, une Salomé qui obtint un succès éclatant. Henri Régnault s’apprêtait àvisiter l’Égypte lorsqu^, la guerre éclata en 1870.

Bien qu’exempt du service comme pensionnaire de Rome, il se fit incorporer dans un régiment de marche, elle 19 janvier il prit part au combat de Buzenval.

Le signal de la retraite venait d’être donné et les troupes se repliaient lentement, attristées de voir s’interrompre brusquement leurs courageux efforts; Régnault, voulant brûler ses dernières cartouches avant de quitter le champ de bataille, s’avança vers le mur du parc derrière lequel les ennemis, revenus de leur panique, avaient repris les positions qu’ils avaient abatidonuées au début de l’affaire. Un coup de feu, parti d’une meurtrière pratiquée dans ce mur, frappa Régnault mortellement, enlevant ainsi à l’art un grand peintre et à la France un de ses plus glorieux enfants.

Henri Régnault fut un coloriste original et vigoureux; les œuvres qu’il a produites, et parmi lesquelles on doit faire mention non seulementdu Général Prwi et de la Salomé cités plus haut, mais encore d’une série de toiles superbes, telles que Judith et Holopherne, le Bourreau de Tanger, etc., attestent ce que son génie de peintre pouvait encore produire.

A la suite d’une souscription ouverte en 1872, un monument à la mémoire de ce jeune maître, qui mourut en héros, a été élevé dans la cour du Mûrier, à l’École des beaux-arts.

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