Partie centrale. — Pavillon sud. — Rez-de-chaussée
SCRIBE (Augustin-Eugène)
AUTEUR DRAMATIQUE
Eugène Scribe naquitàParis le 2Zi décembre 1791. Son père était marchand drapier, rue Saint-Denis, à l’enseigne du Chat Noir.
Après avoir fait de brillantes études au collège Sainte-Barbe et au lycée Napoléon, Eugène Scribe fut destiné par sa famille à la carrière du barreau; mais, devenu libre à dix-neuf ans par la mort de ses parents et jouissant de quelque aisance, il quitta le droit et se livra tout entier au théâtre.
Toutes les pièces qu’il donna de 1810 à 1815, la plupart sous l’anonyme, ne réussirent pas; mais, de 1816 à 1836, il fit représenter sur les scènes des Variétés, du Vaudeville et surtout du Gymnase, un nombre prodigieux de pièces qui furent presque autant de succès. Pendant cette période, il ne se passa pas de mois et, dans certaines saisons, de jours qui ne fussent signalés par quelques-unes de ces faciles et heureuses créations qui, applaudies à Paris, faisaient aussitôt le tour de l’Europe.
Parmi ces pièces, dont plusieurs furent écrites en collaboration, il faut spécialement citer : le Solliciteur, VOars et le Pacha, le Secrétaire et le Cuisinier, Une visite à Bedlam, Michel et Christine, le Mariage de raison, la Demoiselle à marier, V Héritière, la Quarantaine, etc. Abordant un genre plus élevé. Scribe donna au Théâtre- Français : Valérie, Bertrand et Raton, la Camaraderie, Une chaîne, le Verre d'eau, Adrienne Lecouvreur , Bataille de Dames, etc.
Il est enfin un genre, où, pendant près de quarante ans, le célèbre vaudevilliste n’eut pas de rival, c’est le libretto d’opéra. Il desservit toutes les scènes lyriques à la fois et eut sa part dans tous les grands succès mélodiques des Boïeldieu, des Auber, des Meyerbeer, des Halévy, des Verdi, etc.
L’Opéra lui doit: la Muette de Portici, le Philtre, le Comte Ory, Robert le Diable, la Juive, les Huguenots, le Prophète, l'Africaine, etc. Il donna à l’Opéra-Comique : la Dame Blanche, Fra Diavolo, le Domino noir, l' Ambassadrice, le Chalet, l'Étoile du Nord, etc.
Doué d’une imagination inépuisable, infatigable au travail. Scribe a produit plus de trois cent cinquante pièces dans lesquelles on remarque, sinon un style d’une pureté parfaite, du moins une remarquable entente de la scène, l’art de nouer une intrigue et le talent de captiver les spectateurs.
« La France, a dit M. Legouvé, compte certainement des génies, des gloires plus éclatantes; mais nulle part, pas plus en France qu’à l’étranger, pas plus autrefois qu’aujourd’hui, vous ne retrouverez l’équivalent de cette organisation phénoménale, de cette prodigieuse puissance dramatique qui s’appelait Eugène Scribe. »
Scribe s’est aussi essayé dans le roman, mais sans y trouver un succès égal à celui de ses productions dramatiques, qui lui valurent une grande popularité et une énorme fortune dont il était justement fier. Nommé membre de l’Académie et commandeur de la Légion d’honneur, il prit pour armoirie une plume avec cette devise : Inde fortuna et liber tas. Sur la porte du château qu’il acheta avec le produit de ses pièces de théâtre, il avait fait graver ce distique :
Le théâtre a payé cet asile champêtre.
Vous qui passez, merci ! je vous le dois peut-être.
La mort le surprit en pleine activité de travail le 20 février 1861.
SCRIBE (Augustin-Eugène)
AUTEUR DRAMATIQUE