‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 74 sur 142 · Partie centrale. — Pavillon sud. — Premier étage (en retour · texte numérisé non relu

Partie centrale. — Pavillon sud. — Premier étage (en retour

Théodore ROUSSEAU

PEINTRE. — PAYSAGISTE

Théodore Rousseau naquit à Paris le 15 juillet 181‘i.

Il apprit, presque sans maître, la peinture, et s’adonna exclusivement au paysage.

Malgré le succès, au Salon de 1834, de la Lisière d'un bois coupé, qui valut à son auteur une médaille de 3® classe, Rousseau, dont les œuvres offraient une sincérité que le public, habitué aux paysages mythologiques, ne savait pas encore apprécier, vit, pendant plusieurs années, refuser systématiquement ses tableaux par le jury de peinture.

Malgré ce parti pris, Rousseau, dont le caractère était énergique et fier, ne se découragea pas et continua à étudier la nature dans les environs de Paris, confiant dans l’œuvre qu’il avait entreprise.

« Il rendait ce qu’il voyait, dit Théophile Gautier, avec son attitude, son dessin, sa couleur, ses rapports de ton, naïvement, sincèrement, amoureusement, ne se doutant pas que c’était là une audace presque insensée et qu’il allait passer pour barbare, chimérique et fou.

« Il allait surprendre la nature en déshabillé, quand elle croit que personne ne la regarde; il l’épiait à sa sieste de midi et surtout au crépuscule, au moment où elle va s’endormir. Il ne la quittait même pas la nuit et la cherchait aux heures mystérieuses à travers la demi-transparence des ténèbres.

(( De ces études d’une conscience si scrupuleuse, d’une observation si profonde, il faisait des tableaux pleins de hardiesse, de fougue et d’originalité, ajoutant, comme tout grand artiste, son âme à la nature. »

Critiqué à outrance par les uns, exalté par les autres, Théodore Rousseau fut bientôt un des paysagistes les plus connus et il était déjà célèbre quand le jury lui ouvrit toutes grandes, en 1849, les portes du Salon.

Depuis cette époque jusqu’en 1867, ce grand peintre, qui devait être le chef de l’école réaliste dans le paysage, fit des envois à chaque Salon, et obtint successivement une médaille de H® classe et la croix de chevalier de la Légion d’honneur en 1855, en 1867 la rosette d’officier de cet ordre et la médaille d’honneur.

Théodore Rousseau passa les dernières années de sa vie à Barbison, à deux pas de la forêt de Fontainebleau qu’il chérissait, et dont il a, pour ainsi dire, écrit l’histoire avec son pinceau.

C’est là qu’il mourut le 22 décembre 1867, emporté par une paralysie du cerveau.

Plusieurs chefs-d’œuvre de ce remarquable artiste, dont on a pu dire qu’il fut le Delacroix du paysage, figurent au Louvre : le Vieux dormoir au Bas-Brëau, E(fet d'orage, le Marais dam les Lapides, la Sonie de forêt et une merveilleuse Étude de bouleau, etc.

En dehors de ceux dont il est parlé plus haut, on doit encore citer parmi les tableaux les plus estimés de ce maître : les Côtes de Granville (1833), la Fête de Barbison (1839), Après la pluie (1862), Groupe de chênes (1855), l'Allée des Châtaigniers, les Gorges d' Apremont, etc.

Théodore ROUSSEAU

PEINTRE. — PAYSAGISTE

STATUE DE M. A. GAUDEZ

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