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HALÉVY (Jacques-Frangots-Fromental-Élie)
COMPOSITEUR DE MUSIQUE
François-Fromental Halévy est né à Paris le 27 mai 1799. Il appartenait à une famille Israélite dont le nom était Lévy.
Admis, à l’âge de dix ans, au Conservatoire de musique, où il reçut les leçons de Berton et de Cherubini, Halévy y remporta le premier prix de composition et partit pour Rome comme pensionnaire du gouvernement.
De retour à Paris en 1822, il aborda le théâtre avec une série d’opéras et d’opéras-comiques qui n’obtinrent que des demi-succès; mais, le 23 février 1835, l’apparition de la Juive à l’Académie nationale de musique éleva, d’un seul bond, Halévy aux côtés de Rossini et de Meyerbeer.
Ce chef-d’œuvre, accueilli avec enthousiasme, fut suivi de nombreux ouvrages lyriques remarquables : la Reine de Chypre (18Zil), Charles F/ (18/i3), la Magicienne (1858) à l’Opéra; VEclair (1835), les Mousquetaires de la reine (18ù6), le Val d'Andorre (18Zi8) à 1 Opéra-Comique; Jaguarita (1855) au Théâtre-Lyrique, etc.
On y trouve, tour à tour, le style le plus élevé, de puissants effets dramatiques, une mélodie gracieuse, une composition originale et une instrumentation riche et savante.
Halévy devint professeur au Conservatoire en 1827, membre de l’Académie des beaux-arts en 1836, et secrétaire perpétuel de cette Compagnie en 185Zi.ll a laissé quelques écrits, notamment ses Souvenirs et Portraits et ses Etudes sur tes beaux-arts qui lui ont acquis dans la littérature un nom justement honoré.
Sainte-Beuve a présenté ainsi les traits saillants de la vie artistique d’Halévy : « Une grande et belle victoire [la Juive), beaucoup de combats heureux, s’il en eut de contestés, nombre d’affaires distinguées semées d’actions et de parties brillantes : voilà pour la carrière. Placé aux confins de l’Ecole française, un des représentants de cette école, non plus chez elle et dans les douceurs du chezsoi, dans les grâces légères de l’insouciance et du loisir, mais en marche comme en voie de conquête, lorsque, chargée déjà de butin étranger, elle a un pied par delà le Rhin, il fait la chaîne d’Auber à Meyerbeer; d’un genre un peu mixte sans doute, mais non pas hybride; élevé, savant, harmonique, très soigneux de bien écrire, musicalement parlant, sachant plaire toutefois, ne négligeant pas la grâce, cherchant et trouvant agréablement ce qu’Auber trouve sans le chercher, main enclin surtout et habile à exprimer dramatiquement la tendresse et la passion. »
Halévy était un beau talent servi par un habile esprit. Sa conversation était semée de mots agréables.
Un jour, après une séance des cinq Académies où avaient été faites plusieurs lectures, le poète Lebrun, qui présidait et qui en avait ouvert la série par un excellent discours, félicita Halévy quand son tour fut venu.
« Quel joli morceau vous nous avez fait entendre! lui dit Lebrun.
— Oui, répliqua le spirituel compositeur, mais aussi quelle ouverture! »
Halévy est mort à Nice le 17 mars 1862.
Il était commandeur de la Légion d’honneur.
Son frère, Léon Halévy, fut un littérateur distingué, dont le fils, M. Ludovic Halévy, est le spirituel auteur dramatique aujourd’hui membre de l’Académie française.
HALÉ V Y (Jacques-François-Fromental-Élie)
COMPOSITEUR DE MUSIQUE