Partie centrale. — Pavillon sud. — Second étage
LES STATüliS DE L’HOTEL DE VILLE
PICARD (Louis-Benoit)
AUTEUR COMIQUE
Louis-Benoît Picard est né à Paris le 29 juillet 1769. Fils d’un procureur au Parlement de Paris, il semblait destiné au barreau, mais doué d’un rare esprit d’observation et d’un véritable talent mimique, il se voua au théâtre.
A peine âgé de dix-huit ans. il débuta, comme acteur, sur la scène du petit théâtre Mareux, rue Saint-Antoine (1787).
En même temps qu’il s’essayait comme comédien, Picard abordait la littérature et écrivait ses premiers romans. Deux ans après il faisait représenter le Badinage dangereux, au théâtre de Monsieur.
C’était, si on l’en croit, sa douzième pièce composée; il en avait déjà eu onze refusées par différents directeurs de théâtre, et il s’offrait d’ordinaire, comme fiche de consolation, aux jeunes auteurs lorsqu’il fut directeur à son tour.
Malgré les succès qu’il remporta, comme auteur dramatique, sur plusieurs scènes parisiennes, avec le Masque, Encore des Mé~ nechmes, le Passé, le Prése^il et E Avenir, Picard n’en continua pas moins de suivre sa carrière comme acteur.
Il était entré à Feydeau peu après ses débuts au théâtre Mareux; il quitta cette scène et obtint un engagement au théâtre Louvois.
Ce ne fut qu’après le succès des Visilandines, opéra-comique en deux actes dont il avait écrit le livret, que Picard entra à la Comédie française où il tint, avec un grand succès, l’emploi des comiques et des valets (1792).
Aux titres d’auteur et d’acteur, Picard joignit, enfin, celui de directeur. Il administra d’abord le théâtre Louvois. Peu après il fut appelé à la direction de l’Opéra, qu’il quitta pour reprendre celle de rOdéon, auquel il donna une très grande vogue (8116-1821).
L’incendie de ce théâtre l’obligea de chercher, avec sa troupe, un refuge à la salle Favart. Ce fut alors qu’il fit la cession de son privilège et abdiqua, pourne plus les reprendre, les fonctions de directeur.
Dès 1807, Picard avait quitté la profession de comédien; il fut reçu, la même année, à l’Académie française.
11 composa plus de quatre-vingts pièces, comédies, vaudevilles, opéras-comiques qui n’ont pas toutes un mérite égal, mais dans lesquelles on trouve toujours, avec une gaieté franche et naturelle, une entente parfaite de la scène, un dialogue vif, animé et pétillant d’esprit.
Il excelle dans la comédie de mœurs, dans la peinture des ridicules bourgeois.
Parmi ses meilleures pièces, en dehors de celles déjà citées plus haut, on doit compter : le Collatéral, la Petite ville, les Capitulalions de conscience, les Ricochets, les Deux Philibert, etc.
Il a, en outre, écrit quelques romans qui n’ont en rien ajouté à sa réputation.
Picard mourut le 31 décembre 1828.
PICARD (Louis-Benoit)
AUTEUR COMIQUE
STATUE DEM. Félix MARTIN
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU