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Partie centrale. — Pavillon sud. — Second étage

DECAMPS (Alexandre-Gabriel)

PEINTRE

Alexandre-Gabriel Decamps, ainsi qu’il le dit lui-même dans la spirituelle autobiographie qu’il a donnée de lui, naquit « le troisième iour du troisième mois de la troisième année de ce siècle » (3 mars 1803).

Il passa les premières années de sa jeunesse dans un bourg de Picardie, et quand, de retour à Paris, il fut mis en pension et « livré à l’inexorable latin », les bois et les herbages de Picardie se présentèrent à sa mémoire avec un charme tel que parfois « les larmes lui en venaient aux yeux ».

Peu à peu le goût du « barbouillage » s’empara de lui et ne le quitta plus depuis.

Après avoir fait ses premières études, dans l’art qu’il devait illustrer, chez un peintre père d’un de ses camarades de pension, il entra dans l’atelier d’Abel de Pujol et se distingua de bonne heure par l’originalité de ses productions.

Dès l’âge de dix-neuf ans, Decamps trouvait à vendre avantageusement ses premiers essais dans la peinture, et exécutait des dessins lithographiques pour diverses publications.

En 1828, il lit en Orient un voyage, traduit plus tard en charmants tableaux.

On cite, entre autres : Souvenir de la Turquie d’Asie^, Café turc, Grand bazar turc, Halle de cavaliers arabes, le Tigre et l’Éléphant, la Sortie de TÉcole turque, le Boucher turc, les Anes d'Orient, une Rue du Caire, et enfin la Ronde du Cadji-bey de Smyrne qui obtint un éclatant succès au Salon de 1831.

Comme sujets européens, il a donné le Singe peintre (ou Intérieur d'atelier-), les Singes experts, une Halle d'animaux savants, l'Hôpital de galeux,^ compositions originales où une pointe de raillerie ajoute à l’attrait d’une observation naïve; la Chasse au marais, les Chasseurs au miroir, la Cour de ferme, le Retour du berger, le Chenil, les Joueurs de boules, et les Chevaux de halage, seul tableau du maître figurant au Louvre.

Dans le genre historique, on a de lui : Moïse sauvé des eaux, la Pêche miraculeuse, Joseph vendu par ses frères, Rebecca à la fontaine, et surtout la Défaite des Cimbres, qui sont encore des inspirations de l’Orient.

Enfin, Decamps excella dans l’aquarelle et même dans la caricature, où il se fit une place à côté de Grandville et de Charlet.

On a également de lui de nombreux dessins, entre autres neuf compositions représentant la Vie deSamson, et des illustrations spirituelles des fables de La Fontaine.

Nommé chevalier de la Légion d’honneur le 27 juin 1839, Decamps fut promu au grade d’officier le 2 mai 1851.

Les compositions de ce maître se distinguent par l’énergie du coloris, les heureux effets de lumière et l’expression juste des personnages, « hommes ou anvmaux » qu’elles représentent.

Vers 1855, Decamps s’était fixé à Fontainebleau; c’est là qu’il trouva la mort le 22 août 1860, en suivant une chasse impériale.

Le cheval qu’il montait, s’étant emporté, se lança dans un sentier couvert; une grosse branche horizontale atteignit violemment le cavalier à l’estomac et le renversa.

Trois heures après, l’illustre artiste expirait au milieu d’atroces souffrances.

DEGAMPS (Alexandre-Gabriel)

PEINTRE

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