‹ Les statues de l'Hotel de villeChapitre 8 sur 142 · AVOCAT. — JURISCONSULTE · texte numérisé non relu

AVOCAT. — JURISCONSULTE

Alexandre-Auguste Ledru naquit à Paris le 2 février 1807. Il était fils du médecin Jacques-Philippe Ledru, membre de l’Académie de médecine et petit-fils du physicien Nicolas-Philippe Ledru, si connu comme prestidigitateur sous le nom de Cornus et qui fut professeur de physique des enfants de France sous Louis XV.

Lejeune Ledru, après avoir fait de bonnes études de droit, fut reçu, avec distinction, licencié et docteur en 1828. Inscrit au barreau de Paris en 1830, il ajouta à son nom celui de Rollin, nom de sa bisaïeule maternelle, pour se distinguer, au Palais, d’un confrère homonyme.

Ledru-Rollin commença à se mettre en évidence après l’insurrection de juin 1832 en rédigeant une consultation contre l’état de siège, publia, en 183/i, un Mémoire sur les événements de la rue Transnonain et se fit le défenseur de la plupart des accusés pour délits de presse, crimes ou délits politiques.

Avocat à la Cour de cassation de 1838 à 18A6, il fut, depuis 18A1, député du Mans et devint bientôt l’orateur de l’extrême gauche. En 1838, il acheta la charge de Dalloz, le savant jurisconsulte, à la Cour de cassation.

Pendant les sept dernières années de la monarchie, Ledru-Rollin ne laissa passer aucune occasion de combattre et de poursuivre, au nom de son parti, un système politique condamné déjà à cette époque par toutes les fractions du libéralisme. Les principaux sujets sur lesquels s’est exercé le talent de parole de Ledru-Rollin sont les divers budgets de 18A2 à 18Zi7, les traitements infligés aux prisonniers du Mont-Saint-Michel, les lois régissant les chemins de fer et les fortifications de Paris, la discussion sur l’abolition de l’esclavage, les restrictions du droit électoral, les questions de politique générale, enfin les questions sociales dans lesquelles il se fit le défenseur des classes ouvrières. Abandonné dans la Chambre par les différentes fractions de l’opposition, peu soutenu par la presse qui refusait de s’associer à ses manifestations en faveur des classes laborieuses, il fonda le journal la Ré for?7ie qui professait des opinions socialistes, et prépara l’avènement du suffrage universel.

En dehors de la Chambre et de son journal, Ledru-Rollin prit part à toutes les manifestations de l’opinion publique. En février 18Z|8, il fut membre du gouvernement provisoire, avec le portefeuille de l’intérieur, et se signala alors par des tendances franchement démocratiques, consignées dans des circulaires restées fameuses. Il fut élu membre de la Commission exécutive et devint, dans l’Assemblée, chef de la Montagne.

Sous la Législative, il fit la plus vive opposition à la politique du président Louis-Napoléon, dont il demanda la mise en accusation au sujet de l’expédition de Rome, provoqua l’insurrection du 13 juin 18Z|9, faillit être pris par la troupe au Conservatoire des arts et métiers, s’enfuit en Angleterre, et fut condamné par contumace, à la déportation, parla IJaute-Cour. Il rentra en France à la suite de l’amnistie de 1869 et fut élu député par trois départements en 1871.

Ce démocrate sincère et intègre, qui restera une des grandes figures politiques de la période parlementaire et de la révolution de Février, est mort à Fontenay-aux-Roses, le 31 décembre I87A.

Un monument lui a été élevé au Père-Lachaise. Sa statue, enfin, a été érigée au moyen d’une souscription publique, en 1885, sur la place de la mairie du XP arrondissement.

LEDRU-ROLLIN (Alexandre-Auguste, Ledru, dit)

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