DESSINATEUR ET GRAVEUR
Charles-Nicolas Cochin naquit à Paris le 22 février 1715. D’abord élève de son père, il signa déjà, à l’âge de treize ans, quelques œuvres au burin et, à quinze ans, sa première eau-forte.
Le genre du burin lui paraissant alors trop lent à exécuter au gré de son génie et de sa vivacité naturelle, il se livra presque entièrement à la gravure à l’eau-forte.
A vingt ans, il produisit, en ce genre, un chef-d’œuvre représentant les illuminations et le feu d^artijice des jardins de Meudonpour la fête du Dauphin, que sa pointe rendit à merveille.
Les dons particuliers que Cochin manifesta ainsi pour la représentation des fêtes et cérémonies officielles le firent nommer dessinateur et graveur des Menus-Plaisirs et du cabinet du roi, distinction qu’il justifia par une série de compositions remarquables, parmi lesquelles brillent les trois magnifiques pièces rappelant les fêtes données pour le premier mariage du grand Dauphin, dont les dessins sont au musée du Louvre.
Chargé, en 17/i9, d’une mission artistique en Italie, Cochin tira pour lui-même un grand profit de ce voyage.
De retour en France, après deux ans d’absence, l’Académie de peinture le reçut dans son sein.
La mort du peintre Coypel ayant laissé vacante la place de garde des dessins du cabinet du roi, Cochin lui succéda, et obtint un logement au Louvre.
Comblé des faveurs de la cour, Cochin n’employa son crédit que pour les progrès des arts, et pour rendre service aux artistes.
Ses confrères trouvèrent toujours en lui un ami prêt à les obliger.
L’œuvre de cet artiste se compose d’environ quinze cents pièces gravées par lui, ou d’après ses dessins.
On y remarque le fro7itispice de V Encyclopédie, les seize grandes batailles de la Chine, les seize ports de France, d’après Vernet, une multitude de charmantes vignettes pour les éditions de Boileau, de l’Arioste, du Tasse, etc., et une suite considérable de portraits de ses contemporains célèbres.
Cochin a aussi composé de bons écrits sur les arts, notamment une dissertatio7i sur l’effet de la lumière et des ombres et des observations sur les aiitiquités d’fJerculanum, encore recherchées à cause des jolis sujets qui s’y trouvent gravés.
Les dîners artistiques de Geoffrin, auxquels il était admis, lui fournissaient de fréquentes occasions de faire briller le talent avec lequel il parlait de la peinture et de la gravure.
Si son style n’est pas toujours élégant, il est toujours clair et précis; Cochin avait une facilité de composition étonnante; son génie était tellement fécond, que souvent ses confrères avaient recours à lui pour leurs compositions.
C’est lui, dit-on, qui a fourni à Pigalle le dessin du tombeau qu’il exécuta pour le maréchal de Saxe, et, à Coustou, le projet du tombeau du Dauphin.
Cochin est mort le 29 avril 1790, à l’âge de soixante-quinze ans.
COCHIN (Charles-Nicolas)
DESSIMATEÜR ET GRAVEUR
M. C/lliC/U!/lEI\.
STATUE DE M. Gustave DÉLOYE
FAÇADE SUR LA RUE LOBAU