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PHILOLOGUE. — ORIENTALISTE

Eugène Burnouf est né à Paris le 12 août 1801. 11 était fils du philologue Jean-Louis Burnouf, à qui renseignement est redevable d’ouvrages élémentaires qui ont exercé une heureuse influence sur les progrès des études grecque et latine.

Eugène Burnouf, après avoir fait de brillantes études au lycée Louis-le-Grand, entra à l’École des chartes.

Puis il fit son droit, et fut reçu avocat en 182û.

A la même époque, Burnouf se livra à l’étude du sanscrit et attira l’atteniion du monde savant en publiant, en 1826, un Essai sur le pâli, langue sacrée de la presqu’île au delà du Gange.

Il devint bientôt l’un des fondateurs et le secrétaire de la Société asiatique de Paris, et professeur à l’École normale supérieure. Il succéda à l’orientaliste Chézy dans sa chaire au Collège de France, et remplaça, à l’Institut, le savant chronologiste Champollion le jeune, mort enlevé en 1832 par le choléra.

Burnouf enrichit le Journal asiatique et le Journal des Savaîits de recherches de la plus haute valeur ^ur la langue sanscrite; mais ce qui le plaça au premier rang fut sa restitution du Zend, langue sacrée de Zoruastre L

C’est à l’aide des manuscrits du Zend-Avesta, rapportés d’Asie en 1762 par Anquetil-Dupeyron, que ce philologue de génie entreprit de pénétrer l’intelligence de cet idiome qui n’était peut-être plus en usage au temps de Darius c’est à-dire depuis l’an A85 avant Jésus- Christ.

Le Z end- Av es ta esi le recueil des livres sacrés des Perses, Parsis ou Guèbres. Les ouvrages qui composaient ce recueil étaient consacrés principalement à l’exposition du Magisme et aux prescriptions du culte.

Ils traitaient en outre, de l’astronomie et de la médecine, des animaux qu’il est permis de manger, des fêtes et cérémonies, de l’homme, de l’emploi des richesses, des moyens de combattre l’tsprit malin et d’opérer des prodiges et des phénomènes, etc.

Burnouf publia, en 1830, deux de ces livres^ le Vendidad-Sadé, l’un texte zend avec traduction, et le Yaçna ou livre des prières en zend, avec un commentaire où le vrai sens des prières est expliqué.

Cet orientaliste érudit a fait aussi d’innombrables travaux sur le Bouddhisme (religion indienne) ; l’Introduction à VHistoire du Bouddhisme est l'un des plus beaux monuments de la science philologique, composé à l’aide d’un grand nombre de légendes sacrées, compulsées et confrontées par ce savant, avec les traductions de quatre ou cinq autres langues.

Burnouf, épuisé par le travail, était presque mourant lorsque, le 13 mai 1852, l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dont il faisait partie depuis vingt ans, l’élut son secrétaire perpétuel, pour rendre hommage à son dévouement à la science.

Il ne put en remplir les fonctions et mourut quinze jours après, le 28 mai 1852.

1. Philosophe perse qui fonda ou réforma la religion des Mages.

BURNOUF (Eugène)

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